5 premiers appels : Colombie

La croissance économique et les politiques sociales avant-gardistes de la dernière décennie ont propulsé la Colombie au-devant de la scène du commerce mondial, avec des partenaires commerciaux de premier rang, dont les États-Unis, l’Allemagne, la Chine et le Canada. Pour les entreprises d’ici, la Colombie est un territoire à explorer.

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La Colombie est le pays où il est le plus facile de faire des affaires dans la région de l’Amérique latine et les Antilles, selon le Groupe de la Banque mondiale.

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Un manque d’infrastructures chiffré à 100 milliards de dollars signifie qu’il y a des débouchés pour les entreprises canadiennes.

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La Colombie importe 936 millions de dollars de marchandises chaque année du Canada.

Voici cinq experts qui vous aideront à partir du bon pied!

Occasions d’affaires
Gustavo Galvis
Gustavo Galvis
Représentant en chef, Région des Andes et Amérique centrale
ggalvis@edc.ca
011‑571‑657‑9907

« Actuellement, la Colombie est favorable aux investissements et à l’approvisionnement dans des domaines qui correspondent parfaitement au savoir-faire canadien, particulièrement dans l’aménagement des infrastructures et le secteur du pétrole et du gaz naturel. »

Quels secteurs présentent les débouchés les plus importants pour les entreprises canadiennes?

La Colombie s’emploie à ouvrir son secteur du pétrole et du gaz naturel. Le gouvernement a également lancé l’un des programmes d’infrastructure les La Colombie travaille très activement à ouvrir son secteur du pétrole et du gaz naturel. Le gouvernement a d’ailleurs lancé l’un des programmes d’infrastructure les plus ambitieux de la région pour combler les besoins du pays, qui se chiffrerait à environ 100 milliards de dollars. Un grand nombre de ces projets constitueront des partenariats public-privé, un secteur où le Canada est un leader mondial. La Colombie est aussi le siège de quelques-unes des plus grosses « multilatinas », des multinationales très présentes en Amérique latine dans les secteurs de l’électricité, de l’eau et des énergies renouvelables. En raison des violences politiques passées, de vastes étendues ont été laissées en jachère pendant de nombreuses années. Nous prévoyons donc de grands débouchés en agriculture, autant pour les investisseurs que pour les fournisseurs de matériel.

Quels obstacles les entreprises canadiennes rencontrent-elles en Colombie?

Il est relativement facile d’entrer sur ce marché. Sinon, il y a les défis communs à tous les exportateurs, qui doivent apprendre comment faire affaire dans un autre contexte culturel, où la langue est différente, comment penser mondialement et agir localement, ou encore comment concurrencer les entreprises locales ou les acteurs étrangers bien présents sur le marché. Il est tout aussi important d’avoir des attentes réalistes et d’être prêt à investir le temps et les ressources nécessaires pour créer des débouchés.

Le Canada est-il bien présent dans ce pays?

Les entreprises canadiennes sont très présentes en Colombie. Le Canada est le plus grand investisseur du secteur du pétrole et du gaz naturel, et il est très actif dans d’autres secteurs comme l’énergie, les services financiers et le génie. D’ailleurs, le Canada a été le premier pays de l’OCDE à conclure un accord de libre-échange avec la Colombie, donc nous avons été les premiers à la soutenir officiellement quand elle est entrée en force sur le marché mondial.

Contexte commercial
Brenda Wills
Brenda Wills
Déléguée commerciale principale, Colombie
bogotatd@international.gc.ca
011‑571‑657‑9800

« Il y a de nombreux débouchés ici, y compris pour les PME. Comme il faut investir beaucoup de temps, d’argent et d’énergie pour percer et développer le marché, les PME doivent s’assurer d’en avoir les moyens. »

Comment décririez-vous le contexte commercial pour les entreprises étrangères en Colombie?

La Colombie accueille les sociétés et les investissements de l’étranger. Cela dit, les entreprises doivent adopter une approche à long terme. Établir des relations revêt une importance capitale et prend du temps. Les entreprises doivent avoir du personnel qui maîtrise l’espagnol et être prêtes à investir dans des voyages en Colombie pour poursuivre leurs efforts pour atteindre leurs objectifs commerciaux en personne, surtout lorsqu’elles percent le marché. En général, les Colombiens préfèrent faire affaire avec des entreprises étrangères qui ont des représentants locaux, alors les entreprises devraient envisager ce modèle d’affaires si elles veulent conserver et accroître leur clientèle ou leur présence dans le pays. Il peut être ardu de naviguer dans le cadre juridique et réglementaire pour les grands projets d’investissement; les entreprises doivent alors chercher à bien connaître les processus et les politiques afin de repérer et d’atténuer les risques connexes.

Quelles sont les pratiques exemplaires pour trouver le bon partenaire?

Le Service des délégués commerciaux est une excellente ressource qui fournit des renseignements et des conseils sur le marché et les personnes-ressources locales. Pour choisir un partenaire qui convient, les entreprises doivent avoir une idée précise de leurs objectifs sur le marché ainsi que du savoir-faire et de l’expérience qu’elles recherchent. Il faut être prudent et veiller à conclure un accord officiel qui définit clairement les rôles, les responsabilités et les attentes des deux parties, en y intégrant certaines autres conditions, comme une clause d’exclusivité. Dans certains cas, le recours à un distributeur ou à un agent sera la voie à suivre; dans d’autres, la meilleure option sera un partenariat sous forme de coentreprise. Il est souvent judicieux de choisir des partenaires qui ont déjà travaillé avec des sociétés étrangères.

Comment peut-on remédier à ces problèmes?

L’essentiel, c’est de soumettre le projet et le secteur à des contrôles préalables détaillés. Veillez à comprendre les avantages et les inconvénients d’un débouché, surtout en matière de réglementation. Soyez au fait des outils créés par le gouvernement pour soutenir le monde des affaires colombien, notamment ceux de l’accord de libre-échange et les dispositions du plan de développement national pour certains secteurs.

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Alessia Abello
Alessia Abello
Avocate et associée, Posse Herrera Ruiz
alessia.abello@phrlegal.com
011‑571‑325‑7242

« Veillez à comprendre les avantages et les inconvénients d’un débouché, surtout en matière de réglementation. »

À quels éléments juridiques et réglementaires les entreprises canadiennes doivent-elles être attentives?

De nos jours, il y a de grandes entreprises canadiennes dans les secteurs du pétrole et du gaz naturel, de l’exploitation minière et d’autres ressources naturelles. Pour ces secteurs, les entraves locales sont l’incertitude quant à certaines procédures juridiques, surtout en ce qui a trait aux permis liés aux volets environnemental et communautaire, les délais d’obtention d’autorisations légales et l’environnement politique de certaines régions, où il est difficile de maintenir un dialogue fluide avec les collectivités.

Y a-t-il des enjeux majeurs dans d’autres secteurs?

Dans les autres secteurs, les obstacles sont notamment l’incertitude quant aux normes et procédures juridiques et judiciaires, par exemple les changements fiscaux, les exigences de licences environnementales et communautaires, et les occasions de financement de projets.

Comment peut-on remédier à ces problèmes?

L’essentiel, c’est de soumettre le projet et le secteur à des contrôles préalables détaillés. Veillez à comprendre les avantages et les inconvénients d’un débouché, surtout en matière de réglementation. Soyez au fait des outils créés par le gouvernement pour soutenir le monde des affaires colombien, notamment ceux de l’accord de libre-échange et les dispositions du plan de développement national pour certains secteurs.

Zones franches
Olga Fernández de Soto
Olga Fernández de Soto
Directrice générale, Chambre de commerce Canada-Colombie
ofernandezdesoto@cccc.com.co
011‑571‑636‑7260

« [Les zones franches] sont des endroits où de nouvelles entreprises peuvent recevoir certains privilèges fiscaux et douaniers. Si vous êtes dans une zone franche, vous êtes exempté de payer certains impôts. »

Que sont les zones franches permanentes et comment fonctionnent-elles en Colombie?

Ce sont des endroits où de nouvelles entreprises peuvent recevoir certains privilèges fiscaux et douaniers. Si vous êtes dans une zone franche, vous êtes exempté de payer certains impôts. Les entreprises qui exportent des biens du Canada à la Colombie pourraient en profiter. Les zones, environ une centaine en tout, ont été fixées par le gouvernement et sont aux quatre coins du pays.

Quels en sont les avantages?

Comme exportateur, vous pouvez entreposer vos produits dans une zone franche et ne payer que l’impôt sur les produits que vous introduisez sur le marché. Vous pouvez ainsi répartir votre charge fiscale dans l’année. On y trouve de grands entrepôts à louer à bon prix. De plus, il n’y a pas de TVA sur les matières premières dans ces zones, ce qui réduit le coût du produit final. En outre, le coût du transport est plus abordable à l’intérieur des zones que par les canaux extérieurs.

Comment les entreprises canadiennes peuvent-elles utiliser ces avantages?

Nous pouvons les orienter sur la façon de mettre à profit ces zones franches, pour qu’elles puissent exporter leurs produits à un coût inférieur. Conseil important : lorsque vous exportez, vous devez préciser d’avance dans quelle zone franche vous travaillerez. Comme il y a beaucoup d’options, nous vous suggérons de nous appeler pour que nous puissions vous aider.

Anti-corruption
Ingrid Kuan Marquez
associée principale, Contrôle préalable, TRACE International
info@TRACEinternational.org
410‑990‑0076

« Les entreprises canadiennes devraient mettre en place des politiques anticorruption et des programmes de conformité rigoureux, et vérifier soigneusement les antécédents de leurs partenaires ou intermédiaires potentiels pour éviter de faire affaire par mégarde avec des organisations terroristes. »

Comment décririez-vous le risque de corruption dans votre région?

La Colombie occupe le 58e rang parmi les 199 pays du classement TRACE de 2016, qui mesure le risque de corruption en affaires, et qui donne au pays une cote globale de 51, indiquant un risque modéré.

En Colombie, la corruption prend deux grandes formes : la corruption publique et la corruption par les groupes d’insurgés comme les Forces armées révolutionnaires de Colombie (FARC). La corruption publique comprend généralement les dons faits aux partis politiques dans le but d’obtenir un avantage.

Comment ces risques touchent-ils les entreprises canadiennes?

Les entreprises qui font directement affaire avec le gouvernement sont plus vulnérables à la corruption. La Colombie prévoit investir 100 milliards de dollars américains dans l’infrastructure de 2014 à 2022, et 1,5 milliard de dollars américains dans la défense et la sécurité de 2015 à 2018. Les contrats d’envergure potentiellement liés à ces initiatives créent un contexte propice au truquage d’appels d’offres et à l’octroi de pots-de-vin. D’ailleurs, selon un sondage de la Banque mondiale mené auprès de gestionnaires et de propriétaires d’entreprises en Colombie, environ 43 % des répondants disent que les entreprises doivent offrir un cadeau pour obtenir un contrat du gouvernement.

Un sondage mené en 2015 par l’Université Externado et Transparencia por Colombia révèle que 91 % des entreprises privées considèrent la corruption comme une pratique courante, et que les entreprises payent en moyenne 17,3 % de la valeur totale d’un contrat pour s’assurer de le remporter. Selon le sondage de la Banque mondiale, 53 % des répondants voient la corruption comme un obstacle majeur à leurs activités.

Comment les sociétés canadiennes peuvent-elles se protéger de ces formes de corruption?

Les entreprises canadiennes devraient mettre en place des politiques anticorruption et des programmes de conformité rigoureux, et vérifier soigneusement les antécédents de leurs partenaires ou intermédiaires potentiels pour éviter de faire affaire par mégarde avec des organisations terroristes. De plus, elles devraient mettre en place des lignes directrices sur les contributions aux partis politiques.

Les entreprises gagnent à collaborer avec des entreprises agréées par TRACE, qui se sont soumises à un processus de contrôle préalable rigoureux et dont le personnel a suivi une formation anticorruption.

Les sociétés peuvent consulter TRACEpublic, le premier registre mondial qui permet aux entreprises de transmettre et de trouver gratuitement de l’information sur la propriété véritable. La base de données facilite les efforts des entreprises soucieuses d’adopter des pratiques commerciales éthiques.

Elles peuvent aussi s’adresser au Service des délégués commerciaux du Canada en Colombie, qui offre de l’aide aux entreprises canadiennes exerçant des activités dans le pays.