L’Asie du Sud-Est : une terre riche en possibilités pour les exportateurs canadiens

L’Asie du Sud-Est : une terre riche en possibilités pour les exportateurs canadiens

L’Asie du Sud-Est regorge de possibilités pour les exportateurs canadiens, affirme Klaus Houben, représentant en chef pour l’Asie du Sud-Est à Exportation et développement Canada (EDC).

Pour EDC, les marchés prioritaires de la région sont surtout Singapour, la Malaisie, l’Indonésie, les Philippines, la Thaïlande et le Vietnam, mais la région dans son ensemble présente de nombreux débouchés pour les entreprises canadiennes, particulièrement celles évoluant dans le secteur de l’infrastructure.

EDC a désigné l’Asie du Sud-Est comme région stratégique prioritaire, puisque la croissance économique et le développement là-bas devraient excéder la moyenne mondiale dans les années à venir.

Où sont les débouchés?

« Le besoin en infrastructures est constant sur tous ces marchés », indique M. Houben, précisant que ce secteur devrait atteindre une valeur de 1,5 billion de dollars annuellement.

Les besoins sont également grands dans le secteur de l’énergie, qui englobe les centrales au gaz tout comme les énergies renouvelables; EDC s’est toutefois dissociée du charbon, malgré une utilisation encore proéminente de cette ressource, vu les répercussions sur l’environnement. Ces pays ont cependant souvent d’importantes réserves, souligne M. Houben.

Selon lui, les énergies renouvelables sont malgré tout une avenue prospère, particulièrement du côté des réseaux électriques et des compteurs intelligents; Singapour veut devenir une ville intelligente, ce qui peut amener des débouchés pour les Canadiens là aussi.

Les autres marchés (Vietnam, Malaisie, Thaïlande, Indonésie, Philippines) ont aussi d’autres besoins de base, notamment en matière d’infrastructures et de technologies de l’information et des communications (TIC).

« L’Europe veut du 5G, mais eux veulent du 4G pour la téléphonie mobile, explique M. Houben. Il leur faut donc les TIC et l’infrastructure connexe. »

Même si c’est l’énergie qui domine les besoins en infrastructures dans ces autres marchés, il y a aussi d’autres secteurs, selon lui.

« Les transports nécessitent une infrastructure de base, explique-t-il. Nous voyons beaucoup de routes se construire, et des chemins de fer, des ponts et des aéroports s’agrandir ou se bâtir. »

Aligner besoins et domaines d’excellence du Canada

Ces projets nécessitent des services d’ingénierie, un domaine où les entreprises canadiennes excellent. Les Philippines songent aussi à se doter d’installations de GNL.

Ces pays ont aussi des ressources naturelles; certains ont d’ailleurs des projets d’exploitation minière, précise M. Houben – un autre domaine d’excellence canadienne. EDC vient justement d’être sollicitée pour étudier un projet de fonderie de cuivre en Indonésie.

« Certaines entreprises canadiennes participent déjà à ces projets », souligne-t-il.

Surmonter les défis

M. Houben précise qu’il s’agit d’un marché légèrement complexe, vu la question des droits de la personne et de la corruption. Les exportateurs canadiens doivent donc être l’affût des risques et les atténuer. Certains conglomérats sont des sociétés d’État, mais « même là, il peut y avoir des problèmes de RSE; ça s’améliore, mais tout n’est pas réglé », explique-t-il.

Singapour, véritable carrefour régional

Sur le plan des débouchés, c’est Singapour qui ressort du lot selon M. Houben, en tant que carrefour financier et logistique de la région – un pays généralement beaucoup plus développé que les autres de la région, ajoute-t-il.

Singapour veut participer à l’ambitieuse initiative chinoise One Belt, One Road, souvent appelée la route maritime de la soie du XXIe siècle, un projet prévoyant six couloirs, dont un allant du sud de la Chine à Singapour et un autre, de la côte chinoise à la Méditerranée en passant par Singapour.

Ainsi, Singapour veut devenir le carrefour de l’Asie du Sud-Est, un titre qu’on lui attribue souvent déjà. Elle est d’ailleurs en train de renforcer ses capacités portuaires et aéroportuaires pour asseoir sa position.

Singapour fait aussi tout en son pouvoir pour ne plus dépendre de la Malaisie, sa principale source d’eau potable, d’ici 2060, et agrandit donc rapidement ses usines de dessalement. Les débouchés sont intéressants de ce côté, indique M. Houben.

« Nous avons récemment mené une mission ciblant le secteur de l’eau à Singapour et en Indonésie, précise-t-il. Les entreprises participantes travaillaient en gestion de l’eau potable, et des eaux usées. »

Singapour compte aussi un secteur pétrolier et gazier actif.

« Ce n’est peut-être pas une grande priorité pour le moment vu les prix, mais les possibilités sont là », affirme-t-il.

Enfin, le secteur financier singapourien offre également des débouchés, particulièrement pour les Canadiens souhaitant collaborer avec le solide secteur bancaire du pays.

Avis d’un ancien diplomate

Lorsqu’on lui demande son avis sur les débouchés en Asie du Sud-Est, Omar Allam, chef de la direction et fondateur de l’Allam Advisory Group, affirme qu’il y a de multiples possibilités d’affaires en aéronautique, en défense et en sécurité, et ce, sur plusieurs marchés.

« Il y a aussi le transport, ce qui recoupe l’infrastructure et la logistique », précise-t-il, ajoutant que l’agriculture, la technologie de la santé et l’infrastructure offrent aussi des débouchés.

« La liste des pays est longue, mais en la ventilant par secteur, on constate que les débouchés sont là et que ces pays veulent faire appel à des fournisseurs étrangers pour ces secteurs, et le Canada est un partenaire intéressant, indique-t-il. Concernant la défense et la sécurité, certains pays cherchent des solutions de surveillance maritime pour pouvoir patrouiller, protéger leur zone économique et participer à des opérations de recherche et de sauvetage. »

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