Cap vers le sud : le Conference Board du Canada annonce une nouvelle ère d’échanges commerciaux entre le Canada et les États-Unis

Cap vers le sud : le Conference Board du Canada annonce une nouvelle ère d’échanges commerciaux entre le Canada et les États-Unis

Souhaitons la bienvenue à une nouvelle ère de commerce mondial. Pendant que le supercycle des produits de base bat de l’aile et que le huard tombe en chute libre, l’économie des États-Unis – de loin notre plus grand partenaire commercial – reprend enfin du poil de la bête. Résultat : les entreprises canadiennes veulent savoir comment profiter des nouvelles occasions d’affaires qui les attendent de l’autre côté de la frontière.

Selon Jacqueline Palladini, économiste en chef du Conference Board du Canada, profiter de ces occasions dépend de trois choses : la capacité concurrentielle actuelle d’une entreprise sur le marché américain, la force de la demande pour ses produits et sa capacité à satisfaire cette demande.

D’après Mme Palladini, cinq secteurs canadiens remplissent ces trois critères et sont très bien placés pour profiter de tels débouchés. Il s’agit des services de transport, de divers services commerciaux (p. ex. commerce de gros, administration), de l’informatique et des services d’information, des services financiers et d’assurance, et de la fabrication de produits alimentaires.

Côté capacité, la situation est moins favorable pour d’autres secteurs, tous de l’industrie de fabrication : produits en bois, produits pharmaceutiques, aéronautique, pièces automobiles, divers produits de transport et habillement. Pour accroître leur production et prendre de l’expansion, les entreprises de ces secteurs ont besoin de plus de gens, d’espace et de machines.

« Ces six secteurs sont déjà concurrentiels, dit Mme Palladini. Certaines sociétés augmentent leurs exportations vers les États-Unis depuis quelques années et tournent à plein régime. Pour garder la cadence, elles devront investir davantage. Or, au cours des quinze dernières années, certaines d’entre elles ont vu partir des travailleurs ou ont dû faire des mises à pied et auront peut-être de la difficulté à attirer de nouveaux employés. »

Une autre difficulté : déterminer le niveau d’endettement acceptable. Pour ce faire, Mme Palladini est d’avis qu’elles devront faire des choix qui leur permettront d’en obtenir plus pour leur argent.

« Elles doivent investir de façon très stratégique et se demander de quel type de machine, de technologie et d’employé elles ont besoin. »

Pour certaines d’entre elles, il sera préférable d’envoyer de nouvelles recrues tâter le terrain et créer des liens, à l’étranger. Pour les fabricants de pièces automobiles, par contre, il vaudra mieux y ouvrir une nouvelle usine à proximité d’un fabricant d’automobiles, histoire de profiter des débouchés qu’offre la chaîne d’approvisionnement.

De façon générale, l’acquisition de nouveaux clients présente plus de risques que le renforcement de liens avec la clientèle existante. « Différentes solutions sont possibles; tout dépend de l’appétence pour le risque de l’entreprise », explique Mme Palladini.

Elle rajoute que la baisse des prix n’est pas toujours réaliste en raison du coût plus élevé de la main-d’œuvre canadienne et rappelle que, de toute façon, la valeur de notre dollar a déjà l’effet d’une certaine baisse de prix aux yeux des acheteurs américains. Elle suggère plutôt aux entreprises de mettre l’accent sur la valeur ajoutée pour accroître leur part de marché.

Par exemple, le secteur de recherche – développement canadien a créé un panneau en contre-plaqué plus solide et plus résistant au feu. Une bonne affaire, puisque les produits en bois connaissent une reprise sur le marché de l’habitation américain. Quant à notre secteur de pièces automobiles, il développe des composantes plus légères qui permettent une plus grande efficacité énergétique.

Bref, pour assurer sa capacité concurrentielle, mieux vaut se concentrer sur l’ajout de valeur (créer un produit novateur ou combler un manque sur le marché) que sur la réduction des prix.

Selon Exportation et développement Canada (EDC), les entreprises canadiennes, dont la valeur des exportations a connu une baisse de 1 % en 2015, peuvent s’attendre, cette année, à une hausse de 7 % qui sera principalement attribuable aux échanges commerciaux avec les États-Unis.

« En ce moment, les États-Unis doivent composer avec des contraintes de capacité très serrées, et le Canada ne s’en plaint pas : chez nos voisins du Sud, la faiblesse du huard confère tout un avantage à beaucoup de nos entreprises », explique Peter Hall, vice-président et économiste en chef d’EDC.

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