Caris – Elle taillé une place parmi les géants mondiaux

Caris – Elle taillé une place parmi les géants mondiaux

Il y a 35 ans, un Néo-Brunswickois développait un logiciel unique, aujourd’hui reconnu mondialement comme un incontournable pour la navigation hauturière, la gestion des actifs, l’extraction de l’énergie et le positionnement de câbles nécessaires au fonctionnement d’Internet. Voici l’histoire d’une petite entreprise devenue grande.

Salem Masry, Ph.D. lui-même n’imaginait sans doute pas l’influence du système de cartographie numérique Ping-to-Chart auquel il rêvait lorsqu’il était professeur à l’Université du Nouveau-Brunswick (UNB).

Bien sûr, il connaissait l’importance des logiciels numériques dans l’élaboration de cartes du fond océanique efficaces et bien gérées. C’est précisément pourquoi, en 1979, il s’est retiré avec deux étudiants de cycle supérieur de l’UNB pour commercialiser son produit sous le nom de CARIS.

La petite entreprise lancée par trois personnes compte aujourd’hui 170 employés et possède des bureaux à Fredericton, aux Pays‑Bas, aux États-Unis et en Australie. Quelque 2 000 clients dans 90 pays ont acheté sa suite logicielle. Le plus important : l’Amirauté britannique, où 200 personnes s’emploient à cartographier les fonds océaniques à l’aide de CARIS – on parle de 5 000 cartes!

Concrètement, le produit transforme les échos d’un sonar (les pings) en un modèle du lit de l’océan, dont les données servent ensuite à la création de cartes.

Selon les lois internationales, tout navire d’une certaine grosseur doit avoir à son bord des cartes marines. Andy Hoggarth, directeur des ventes et du marketing de CARIS, estime que 90 % des cartes dans les passerelles de navires ont été générées par CARIS.

Alors comment la firme s’est-elle taillé une place parmi les géants mondiaux?

Au début, M. Masry s’est associé au Service hydrographique du Canada, relevant du ministère des Pêches et des Océans. Ensemble, ils ont peaufiné le système jusqu’à ce qu’il devienne ce générateur de cartes marines efficace et unique.

C’est à ce moment que le bouche à oreille a commencé à faire son œuvre. Le succès du système CARIS en eaux canadiennes a attiré l’attention des Pays-Bas. Au terme d’échanges entre les gouvernements canadien et néerlandais, CARIS a été sélectionnée pour produire les cartes des Pays-Bas, ce qui a entraîné la création du premier bureau hors de Fredericton.

M. Hoggarth mentionne d’autres industries, outre la marine et la navigation commerciale, qui dépendent de la cartographie nautique. Les entreprises pétrolières, par exemple, doivent décider où installer leurs oléoducs ou repérer les gisements de pétrole. Même chose pour celles qui cherchent les endroits sécuritaires où déposer leurs câbles.

« Les sociétés pétrolières doivent cartographier les fonds marins pour situer un gisement ou savoir où faire passer leurs pipelines, précise-t-il. Par ailleurs, il faut sonder les chenaux pour positionner au fond des océans les câbles de fibres optiques qui nous fournissent Internet. Un conduit installé au mauvais endroit est plus exposé aux dommages et risque de se briser, d’être sectionné ou même d’être remonté par des pêcheurs. »

« À vrai dire, c’est toute l’économie maritime que nous soutenons. Les secteurs des pêches, de l’énergie, de l’environnement, et même la science. Selon moi, les océans n’ont jamais suscité autant d’intérêt. »

Le directeur ajoute fièrement que CARIS n’a jamais eu besoin d’investissements externes durant sa croissance. « Nous nous sommes développés sans aucune aide extérieure. Pas de fusion ni d’acquisition, dit-il. L’entreprise a crû lentement mais sûrement en réinvestissant le produit des ventes de logiciels. »

Si vous lui demandez comment CARIS a pu maintenir son expansion et trouver de nouveaux clients, M. Hoggarth insistera sur l’importance du bouche à oreille, qui atteste de la qualité d’un produit.

D’ailleurs, CARIS n’a pas eu de Service de marketing pendant au moins 15 ans. Aujourd’hui, la firme possède une petite équipe qui parcourt le monde pour rencontrer des clients potentiels, en participant à des salons commerciaux, à des missions et à des conférences. La publicité dans les revues spécialisées – surtout numériques – et les médias sociaux gagne aussi en importance. De plus, des rencontres individuelles avec des clients potentiels et une communication régulière avec les clients actuels assurent que la suite logicielle de CARIS reste à jour.

M. Hoggarth donne aussi des conférences pour faire profiter d’autres entreprises canadiennes de son expérience auprès de CARIS

Devant les auditoires canadiens, il affirme que CARIS est le genre d’entreprise dont le pays a besoin : « Nous occupions un créneau hautement technologique, et nous n’avons pas eu à solliciter le gouvernement. Je veux que des histoires comme celle-là inspirent d’autres jeunes entreprises. »

En mission du Canada dans un des 90 pays où CARIS est active, il formule plutôt des recommandations.

« J’ai une très bonne relation au Brésil à qui j’ai présenté une vingtaine d’entreprises canadiennes, qui sont devenues ses clients », enchaîne-t-il.

En concevant sa suite logicielle, M. Masry était loin de se douter de l’influence qu’elle aurait et du rôle que lui-même jouerait auprès d’autres entreprises canadiennes essayant de s’implanter à l’étranger.

Catégories Technologies et télécommunications

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