Photo offerte par Jealous Fruit

La cerise sur le gâteau…

Un fruiticulteur de la vallée de l’Okanagan profite de son avantage saisonnier pour satisfaire l’envie mondiale de cerises.

Pour des millions de gens dans le monde, la vie sans cerises est un pépin… même s’il s’agit d’un noyau!

Des fruiticulteurs de la Colombie-Britannique comme David Geen, président de Jealous Fruit, premier producteur indépendant de cerises au Canada, se donnent la mission de rassasier tous les amateurs de cerises de la planète.

L’attrait des cerises douces vient en partie de ce qu’elles n’existent qu’en saison, environ huit petites semaines par an.

En 2009, M. Geen et sa femme Laura ont rebaptisé l’entreprise familiale de quatrième génération Jealous Fruits, pour jouer sur cette exclusivité. Situés dans le nord de la vallée fertile de l’Okanagan, en Colombie-Britannique, ils peuvent prolonger la récolte jusqu’à la mi-septembre grâce à des variétés de cerises mûrissant plus tard, ce qui leur donne un avantage certain sur leurs concurrents en Californie et dans l’État de Washington, où la haute saison des cerises se termine généralement fin-août.

L’avantage saisonnier s’avère un atout commercial sur des marchés étrangers comme la Chine, où la saison ne dure que de mai à juin, ce qui laisse 1,4 milliard de consommateurs sur leur faim!

L’amour du fruit

« Les Chinois sont prêts à payer plus pour ce précieux produit saisonnier », explique M. Geen, dont un des représentants travaille à plein temps en Chine. « La cerise est un produit de luxe pour eux, qu’ils adorent parce qu’ils associent sa couleur rouge à la santé, au bonheur et à la chance. »

Jusqu’à récemment, cependant, le lucratif marché chinois était fermé aux producteurs de cerises canadiens comme M. Geen, en raison de barrières réglementaires concernant l’innocuité des aliments et le contrôle des infestations. Les efforts des gouvernements fédéral et britanno-colombien, ainsi que de l’Agence canadienne d’inspection des aliments pour conclure un accord avec la Chine ont été fructueux, car les exportateurs auront plein accès à ce marché à partir de juin 2015.

« La quête du Graal dans notre industrie est de récolter les cerises d’août à septembre et de les expédier par bateau en octobre vers les marchés émergents comme la Chine, dit M. Geen. Les États-Unis et la Chine sont des marchés faciles pour nous, nous n’y avons pratiquement aucune concurrence. »

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C’est en 1992 que Jealous Fruits a commencé à exporter, d’abord vers des marchés traditionnels comme les États-Unis, le Royaume-Uni et le reste de l’Europe, mais la compagnie s’est peu à peu tournée vers d’autres pays comme le Vietnam, Taïwan, la Thaïlande, Singapour et la Malaisie. Il y a un an, elle a lancé un produit congelé vendu au détail, disponible toute l’année chez Costco et dans les épiceries de la chaîne Thrifty Foods en Colombie-Britannique, et elle envisage de le distribuer en Amérique du Nord.

Afin d’assouvir l’appétit de la planète pour les cerises, M. Geen veut faire passer sa production actuelle de 2 000 tonnes, à 5 000 au cours des cinq prochaines années. La compagnie achète et loue de nouvelles terres, et fait des essais en plantant de nouvelles variétés qui mûrissent plus tard, et en créant des plantations à une altitude plus élevée pour allonger encore plus sa saison. Pour 2015-2016, elle aura plus de 500 acres de production, et elle plantera 70 acres supplémentaires au printemps prochain.

« Nos nouvelles plantations ne font que répondre à la demande, insiste M. Geen. C’est quand même un grand problème… Nous voulons toujours qu’il nous manque une caisse plutôt que d’en avoir une de trop. »

La production de cerises pose cependant des défis singuliers. Le fruit, très périssable, ne dure que de 21 à 25 jours et il peut être endommagé par la pluie, par les gelées ou par des expéditions et des manutentions inappropriées. D’où des cours qui peuvent être volatils.

« C’est une entreprise périlleuse. Les cours peuvent chuter et vous pouvez passer rapidement d’un fruit qui vaut de l’or à un fruit à jeter à la poubelle s’il perd de sa qualité », note M. Geen qui réduit ses risques en protégeant sa précieuse cargaison grâce aux solutions d’assurance crédit d’Exportation et développement Canada (EDC).

« Lorsque vous avez une petite compagnie et que vous voulez vous attaquer à un nouveau marché, il y a un facteur inhérent d’insécurité. L’assurance crédit d’EDC est un bon coup de boutoir, surtout lorsqu’il s’agit de pénétrer un nouveau marché et de traiter avec un nouveau client. »

« C’est l’histoire du succès d’une compagnie canadienne qui prend des risques sur un marché émergent, tout en contribuant en même temps à créer des occasions pour tous les producteurs de cerises canadiens », remarque Jonathan Bourgeois, souscripteur à EDC, qui gère le compte de Jealous Fruits depuis les cinq dernières années.

« Je pense que l’industrie toute entière est en expansion et l’optimisme règne, convient M. Geen. Je suis maintenant assez bien établi, mais il y a beaucoup de nouveaux venus qui auront l’occasion de prospérer. Et c’est là où EDC peut vraiment nous aider à briller. »

Catégories Agroalimentaire, Agroalimentaire et foresterie

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