Commerce et exportation : que nous réserve 2017?

Commerce et exportation : que nous réserve 2017?

Presque personne ne s’ennuiera de 2016. Voyons donc ce que nous réserve la nouvelle année d’après les experts du commerce et de l’exportation.

L’espoir en période de désespoir

Peter Hall, économiste en chef d’Exportation et développement Canada, croit que 2017 apportera un vent d’espoir.

« La possibilité de voir une accélération de la croissance existe », soutient-il avant d’ajouter que les données fondamentales sont solides en Europe occidentale et aux États-Unis. L’avenir du commerce depuis le Brexit et la victoire de M. Trump est incertain, mais la vigueur des données fondamentales augure habituellement bien pour le Canada.

En ce qui concerne l’ALENA et le Brexit, M. Hall prévoit l’adoption de politiques en 2017.

« Pour l’instant, je doute que quiconque puisse en dire plus sur ces politiques. Nous nageons en pleine zone grise et avons peu d’indices sur ce que réserve 2017. Le Royaume-Uni compte invoquer l’article 50 (la clause du Traité de Lisbonne qui concerne le retrait de l’Union européenne), mais on se demande si ce sera même possible sans le plein consentement du Parlement. De plus, comme les élections aux États-Unis ont créé un énorme écart entre la réalité et la rhétorique, il est difficile de savoir à quoi s’attendre. »

L’incertitude géopolitique

Selon M. Hall, au bout du compte, l’année à venir dissipera le climat d’incertitude.

« Certains marchés, comme l’Iran, l’Argentine et Cuba, font preuve d’ouverture, et on pourrait croire à une réconciliation entre nos voisins du sud et les Russes. L’année 2017 serait donc synonyme de changements géopolitiques. »

L’avenir de l’ALENA

D’après Hendrik Brakel, directeur principal, Politiques économiques, financières et fiscales de la Chambre de commerce du Canada, le principal enjeu des investisseurs en 2017 sera de décider s’il faut injecter des fonds au Canada en dépit de l’avenir incertain de l’ALENA.

« Dire que tout ira bien ne suffit pas; il faut expliquer pourquoi, avance M. Brakel. M. Trump était clair : il veut renégocier l’ALENA. Parfois, en affaires, la patience est d’or. »

Un autre fait saillant de 2017? La force du billet vert.

« L’économie américaine a le vent dans les voiles, rappelle M. Brakel. Le taux de chômage est tombé à 4,6 %, et la croissance du PIB au troisième trimestre s’élève à 3,2 %. De plus, le président élu prévoit un investissement d’un billion de dollars dans l’infrastructure et une réduction du taux d’imposition des sociétés et des particuliers pour le revenu marginal le plus élevé. L’économie est en pleine surchauffe, et les mesures de relance fusent de toute part. »

Enfin, M. Brakel prédit qu’en 2017, nous serons témoins de la montée du secteur canadien des services déjà solide, qui se concentre à Montréal, à Toronto et à Vancouver.

« Pour le dernier rapport sur la politique monétaire de la Banque du Canada, j’ai écrit un article très intéressant sur le fait que la croissance phénoménale actuelle concerne presque uniquement le secteur des services. Plus précisément, les services financiers, l’ingénierie, les services de membres de profession libérale, l’agriculture et les services de la technologie de l’information. De ces cinq, quatre se rattachent au secteur des services, responsable de 70 % du PIB – chiffre encore à la hausse. Voilà à quoi ressemble l’avenir. »

Quant à Jan De Silva, présidente et chef de la direction de la Chambre de commerce de Toronto, elle croit que 2017 sera l’année de l’AECG.

« Mon rêve : lire en grand titre Le Canada joue un rôle de premier rang dans la conclusion d’accords commerciaux en collaborant avec l’Union européenne. C’est plausible, mais comment en faire une réalité? Qui plus est, les possibilités qui s’offrent à nous sont multiples. »

Au deuxième plan, en 2017? L’ALENA 2.0, selon Mme De Silva.

« Notre pays a la chance de régler avec les États-Unis les éléments problématiques du dossier des cloisons sèches et du bois d’œuvre. Ensuite, je l’espère, les villes coopéreront pour mettre les choses au clair. J’imagine bien le Canada jouer le rôle du voisin aimable. Notre premier ministre est bien placé pour organiser tout ça. »

Enfin, le Brexit restera d’actualité.

« En raison du Brexit, je pense que Londres sera plus tentée que jamais de se tourner vers le Canada. D’après le consul général du Royaume-Uni, le pays aura plus envie de travailler avec nous vu la multiplication du nombre d’accords commerciaux et la facilité d’accès aux marchés que nous offrons. Si le Brexit n’avait pas eu lieu, je doute que la volonté de faire affaire avec nous ait été si forte. »

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