Country Chic Paint redonne des couleurs à l’exportation

Country Chic Paint redonne des couleurs à l’exportation

À première vue, le lien entre photographie de mariages et peinture est ténu… et pourtant, Jan et Rosanne Korteland en ont fait la recette toute canadienne de leur succès.

En 2009, un an après avoir émigré des Pays-Bas, le couple se lance en photographie de mariage, et commence rapidement à fabriquer ses propres cadres. D’autres photographes se mettent alors à commander leurs œuvres en bois patiné. Le germe d’un projet d’affaires est semé.

En 2012, l’usinage des cadres débute, et sous peu, les gens demandent de la peinture pour la finition. Nos jeunes entrepreneurs voient là un filon inexploité, et une nouvelle voie où engager leur affaire. L’année suivante, ils collaborent avec le fabricant de peinture canadien Cloverdale Paint afin de produire de la peinture à meubles pour bricoleurs. Lancée en janvier 2014, la gamme Country Chic Paint (CCP) génère un million de dollars dès sa première année.

Les produits CCP – peintures, cires, pinceaux – sont vendus par plus de 200 détaillants canadiens et américains.

« Notre voisin est l’un des plus grands marchés du monde : nous voulions en profiter », explique Rosanne.

Leur marketing en ligne attirant les détaillants, les Korteland commencent à expédier un peu de leur marchandise aux magasins.

« Avoir une bonne relation avec sa société d’expédition, c’est crucial », affirme Rosanne, qui s’occupe des ventes et du marketing, tandis que Jan se concentre sur les aspects stratégiques et logistiques. « UPS nous a fourni des tas de conseils, comme sur la façon de regrouper les envois. »

Cette relation avec UPS amène d’ailleurs le service de messagerie à poser la candidature de CCP aux prix d’excellence en exportation de la Colombie-Britannique. L’entreprise se verra couronnée lauréate dans la catégorie des produits de consommation en 2015.

Le volume d’envoi et le nombre de détaillants enflant aux États-Unis, le couple perfectionne sa chaîne d’approvisionnement en s’adjoignant Smart Warehousing. Cette entreprise de l’Indiana, qui possède 12 centres de distribution au pays, reçoit les palettes de marchandise de CCP. Cette dernière relaie les commandes à Smart Warehousing, qui monte les paquets et les expédie aux détaillants. Enfin, CCP surveille son inventaire au moyen du système infonuagique de l’entreprise de manutention.

Grâce à ces améliorations logistiques, les magasins reçoivent leurs commandes plus rapidement que si elles partaient du Canada.

« Nos détaillants sont petits, et leur inventaire est modeste, confie Rosanne. S’ils épuisent leur stock, ils veulent le produit livré aussitôt que possible. »

En bon commerçant en ligne, CCP a découvert Smart Warehousing sur le Web.

De plus, le succès de l’entreprise réside en partie dans l’omniprésence des médias sociaux, canal marketing relativement abordable. La chance lui a souri dès ses premiers pas : un blogueur et bricoleur américain [thevintagefarmhouse] a utilisé un des produits de CCP pour un projet, et en fait la recommandation enthousiaste à ses 400 000 abonnés.

« Soudainement, le téléphone ne dérougissait plus – ce billet nous a permis de partir en grande, se souvient Rosanne. Nous avons donc continué de collaborer avec les blogueurs, en leur fournissant de la peinture pour des essais et concours. »

Elle ajoute qu’étant donné que son chiffre d’affaires provient en majeure partie d’Internet, CCP s’applique surtout à créer du contenu intéressant pour les médias sociaux, publiant des guides vidéo sur sa chaîne YouTube et alimentant ses pages Facebook et Instagram.

« C’est bon pour nous de publiciser ainsi notre marque, et comme YouTube appartient à Google, elle ressort plus dans les résultats de recherche », révèle Rosanne, qui suit de près les données analytiques.

Dans ses gazouillis fréquents sur son fil Twitter, @CountryChicP, ainsi que ses bulletins courriel, l’entreprise prodigue des conseils bricolage et avise les clients de ses nouveaux produits et promotions.

« Énormément de gens passent énormément de temps sur les réseaux sociaux. Peu importe où ils sont, le fait que nous soyons basés à Duncan ne change en rien leur accès à nos produits. »

Le couple originaire de Papendrecht, une petite ville de l’ouest des Pays-Bas, vit maintenant avec ses trois enfants à Duncan, village de 5 000 âmes sur l’île de Vancouver. L’entreprise est gérée virtuellement, et compte des détaillants un peu partout sur le territoire continental du Canada et des États-Unis.

En 2015, CCP a paru à l’une des émissions de téléréalité les plus suivies du pays, Dragons’ Den, à la chaîne CBC. Rosanne raconte que pour s’y préparer, elle et Jan ont passé leur affaire au peigne fin.

Cinq questions pour Rosanne Korteland

1) Quelle a été votre première vente à l’exportation?

C’était une petite commande au détail que nous avons expédiée aux États-Unis quelques jours après le lancement de Country Chic Paint. Notre première commande de gros est arrivée des mois plus tard, d’un magasin au Wisconsin – qui, depuis ce jour, fait partie de notre réseau de détaillants.

 

2) Comment cette première possibilité d’exportation s’est-elle présentée?

Ces clients, comme la majorité de notre clientèle (surtout à nos débuts), nous ont trouvés par l’entremise des médias sociaux.

 

3) Que connaissez-vous aujourd’hui de l’exportation que vous auriez aimé savoir à vos débuts?

Tout le potentiel de notre centre de distribution aux États-Unis, et à quel point il rend tout plus aisé, rapide et rentable. Au départ, chaque colis partait de la Colombie-Britannique. L’avoir su plus tôt nous aurait été bénéfique, mais bon, il faut un volume de commandes assuré avant de faire le grand saut.

 

4) Comment le commerce a-t-il évolué depuis que vous vous êtes lancé en affaires?

Le taux de change a beaucoup changé. D’un côté, nous subissons des coûts en dollars américains, mais de l’autre, la faiblesse du huard stimule nos ventes au sud de la frontière.

 

5) Quelle est la chose la plus importante que doivent savoir les nouvelles PME au sujet du commerce d’exportation?

Les nouvelles entreprises doivent s’ouvrir aux débouchés. Les États-Unis sont un immense marché, relativement proche et d’un abord facile pour nous Canadiens. Pourquoi se confiner à nos frontières quand nous avons un voisin d’une telle envergure? Assurez-vous simplement que les documents de vos envois sont en règle, et de bien vous acquitter des droits de courtage. Rien de tel que des frais imprévus pour rebuter un client, et vous ne voulez pas ça.

Catégories Services

Comments are closed.

Affichages connexes