Nourrir le monde : la croissance démographique mondiale crée d’énormes débouchés à l’exportation pour le Canada

Nourrir le monde : la croissance démographique mondiale crée d’énormes débouchés à l’exportation pour le Canada

Le secteur canadien de l’agriculture et de l’agroalimentaire est une chaîne d’approvisionnement complexe et intégrée formée de fournisseurs d’intrants et de services, de producteurs primaires, de transformateurs d’aliments et de boissons, de détaillants et de grossistes d’aliments, et de fournisseurs de services alimentaires.

Dans ce secteur aux multiples composantes, il y a une constante : le changement.

« Le secteur évolue sans cesse », explique Sonia Vieira, conseillère sectorielle, Agriculture à EDC. « Les préférences des consommateurs sont en train de transformer l’industrie agroalimentaire. »

Ces consommateurs sont mieux informés et se préoccupent davantage de leur santé; ils s’intéressent à la façon dont leurs aliments sont produits et portent de plus en plus attention aux ingrédients finaux qui se retrouvent dans les produits. À cela s’ajoutent des préoccupations éthiques et environnementales grandissantes; les producteurs et fabricants d’aliments doivent donc redoubler d’efforts pour répondre aux nouvelles exigences des consommateurs.

« Cela change vraiment les règles du jeu », ajoute Mme Vieira.

L’agroalimentaire, de la ferme à la table, est une industrie diversifiée qui comprend l’agriculture primaire, les fabricants d’équipements, les produits de base et les fabricants d’aliments transformés.

La transformation d’aliments et de boissons est le principal segment de la fabrication au pays; elle compte pour 16 % du secteur et pour environ 17 % des emplois.

Malgré sa petite population, le Canada est un acteur de taille sur le marché agroalimentaire mondial. Plus de la moitié des exportations canadiennes sont destinées aux marchés américains.

« Les États-Unis sont notre plus gros partenaire commercial, mais le Canada exporte ses produits agricoles et agroalimentaires dans le monde entier », dit Mme Vieira.

Elle ajoute que, le secteur étant composé à 95 % de PME, c’est pour elles tout naturel de se tourner vers les États-Unis comme premier marché d’exportation une fois bien établies au Canada.

La vague de changement qui déferle sur le secteur ouvrira de nouveaux débouchés pour les entreprises canadiennes. La population mondiale devrait atteindre les 9 milliards d’ici 2050, ce qui nécessitera une augmentation de la production d’aliments de 70 %.

« La croissance démographique vient surtout des marchés émergents, particulièrement de la Chine et de l’Inde », dit Mme Vieira.

Les PME qui souhaitent percer un de ces lucratifs marchés doivent bien faire leurs recherches, notamment en parlant à d’autres entreprises qui y font déjà des affaires.

L’Inde, dont la population de 1,2 milliard devrait atteindre 1,4 milliard d’ici 2025, se concentre actuellement sur l’éducation, ce qui fera augmenter les revenus, le nombre d’emplois et le nombre de foyers où les deux parents travaillent.

« La demande de divers produits, tels les aliments prêts-à-servir, atteindra un niveau semblable à celui qu’on observe en Amérique du Nord », disait Earl Geddes, président de Progression Consulting et ancien chef de la direction de l’Institut international du Canada pour le grain, à Exportateurs avertis en décembre 2015. « Sa capacité de production alimentaire est énorme, mais 25 % des denrées produites sont perdues en raison de leur mauvais entreposage, des intempéries et des rongeurs. Cette situation compromet la capacité du pays à assumer la hausse marquée de la consommation qui se dessine à l’horizon. Il y aura donc probablement une forte demande de solutions d’entreposage et de manutention. »

Les débouchés sont certes très attrayants, mais il faut tout de même faire un contrôle préalable et éviter de se précipiter, selon Nathan Nelson, représentant en chef d’EDC en Inde.

Dans « Les cinq premiers appels : Inde » d’Exportateurs avertis, M. Nelson explique : « Les Indiens, qui savent que leur marché affiche une forte croissance, recherchent des partenariats durables. Ils peuvent vous offrir un contrat dès votre arrivée et ensuite vous faire patienter des mois pour voir si vous êtes un partenaire sérieux. »

M. Nelson signale aussi qu’aller en Inde représente un investissement de taille.

« Il faut y passer un certain temps et revenir plusieurs fois. Cela entraîne des dépenses considérables, surtout pour une PME. »

Il ajoute que le guide téléchargeable Faire affaire en Inde d’EDC est une ressource très utile.

Pour les entreprises souhaitant se lancer dans l’exportation de produits agroalimentaires, la Chine n’est probablement pas le meilleur choix, car elle requiert beaucoup de temps et d’argent. Cependant, lorsqu’on gère bien les risques, il peut être très profitable de s’aventurer sur ce gigantesque marché.

Il faut notamment « dénicher les bons partenaires qui vous aideront à naviguer dans la complexité de la bureaucratie chinoise ainsi qu’à éviter la fraude et la corruption; bref, des spécialistes qui sauront vous épauler au moment d’établir la structure juridique de votre entreprise », explique Denis L’Heureux, représentant en chef d’EDC en Chine, dans « Les cinq premiers appels : Chine » d’Exportateurs avertis, qui offre des conseils de cinq experts du commerce établis en Chine. « Vous avez également besoin d’un représentant sur le terrain, quelqu’un en qui vous avez pleinement confiance. Choisissez idéalement une personne qui est assez élevée dans la hiérarchie de l’entreprise et qui pourrait s’établir au pays quelques années. »

Les accords de libre-échange du Canada

Les accords de libre-échange (ALE) du Canada aident aussi à pénétrer de nouveaux marchés. Trois accords importants entreront bientôt en vigueur : l’Accord économique et commercial global, le Partenariat transpacifique et l’Accord de libre-échange Canada-Corée.

« Les ALE amèneront de nombreux débouchés aux entreprises agroalimentaires canadiennes », affirme Mme Vieira.

L’adoption d’ALE, qui vise à faciliter le commerce entre nations, change bien des choses pour les entreprises canadiennes.

« Dans de nombreux cas, les ALE peuvent s’avérer une aide précieuse pour les exportateurs et les investisseurs canadiens, mais ce n’est pas parce que le Canada et un autre pays ont signé un ALE que le marché va nécessairement répondre aux besoins de votre compagnie et viser ses forces », expliquent Dominique Bergevin, souscriptrice principale à EDC, et Mélanie Carter, directrice de comptes, Petites entreprises à EDC, dans un billet de blogue d’Exportateurs avertis publié le 17 février 2015. 

« Les ALE ne s’appliquent pas tous aux mêmes domaines. Certains éliminent simplement les droits de douane entre les pays partenaires, tandis que d’autres touchent des domaines comme la protection de la propriété intellectuelle. Mais, compte tenu de ce qui a été négocié et de la manière dont l’accord concerné s’applique à votre secteur, un ALE peut vous aider à faire des affaires plus facilement et à moindre coût dans le ou les pays partenaire(s). »

Pour savoir comment tirer profit d’un ALE, les entreprises peuvent commencer par consulter les nombreuses ressources du Service des délégués commerciaux du Canada (SDC), qui fournit aux entreprises des services d’information sur le terrain et des conseils pratiques sur les marchés étrangers pour les aider à prendre des décisions plus éclairées, rapides et économiques et atteindre leurs objectifs à l’étranger.

La technologie vient elle aussi changer la donne, notamment en Chine, dont la classe moyenne en pleine croissance se tourne vers le commerce électronique pour acheter ses aliments.

Selon une étude publiée par PayPal et Ipsos, 81 % des consommateurs chinois ont magasiné en ligne en 2015 et 35 % y ont acheté des produits d’un autre pays, contre seulement 26 % en 2014.

« De plus en plus de Chinois font leur épicerie exclusivement en ligne, explique Mme Vieira. Voilà une occasion pour les entreprises canadiennes de se développer en Chine. »

La nourriture s’exporte sous toutes sortes de formes : on trouve même de l’air respirable en bouteille. Vitality Air, une entreprise de l’Alberta, tire profit des graves problèmes de smog et de pollution de nombreuses grandes villes chinoises et vend de l’air frais des Rocheuses par eBay et Alibaba.

Vitality Air a d’abord envoyé 500 bouteilles en Chine en décembre 2015, puis en a envoyé d’autres en janvier, pour un total de 5 000.

Le premier ministre Justin Trudeau a parlé des formidables débouchés qu’offre le marché chinois du commerce électronique pour les PME exportatrices du Canada au Forum économique mondial de Davos, en Suisse, tenu en janvier.

« Alibaba a 440 millions d’abonnés en Chine qui veulent acheter des biens sur le marché mondial », a-t-il dit lors d’une conférence de presse réunissant des journalistes canadiens. « Et l’idée de mettre en relation des PME canadiennes et les 300 millions de personnes de la classe moyenne chinoise qui veulent des produits canadiens est très emballante. »

Le grand nombre de débouchés à l’exportation pour les entreprises canadiennes est en partie attribuable à la réputation du pays.

« Le plus gros atout des entreprises canadiennes sur le marché mondial, c’est la marque du Canada, ajoute Mme Vieira. Les entreprises d’ici ont la réputation d’offrir des aliments salubres et de grande qualité. »

Et la demande constante d’aliments de meilleure qualité a engendré un nouveau critère : la confiance.

Selon Mme Vieira, la confiance n’est pas seulement importante pour le consommateur; c’est aussi un avantage concurrentiel pour le Canada.

« C’est notre principal argument de vente, dit-elle. Les gens font confiance au Canada parce que nous avons des normes élevées. »

Promouvoir le Canada sur la scène mondiale en 2016

Le SDC offre une liste d’événements commerciaux à l’étranger pouvant intéresser les entreprises agroalimentaires. Cette année, il prévoit aider les entreprises à en savoir plus sur les débouchés à Singapour, à Cuba, en Corée, en Mongolie, en Allemagne, en France et aux États-Unis.

Visitez notre site web agroalimentaire.

Les entreprises ne doivent toutefois pas se reposer sur les lauriers du Canada; elles doivent absolument innover et se distinguer.

« En innovant continuellement, les entreprises agroalimentaires du Canada peuvent profiter des occasions de création de valeur et des débouchés, au pays comme à l’étranger, explique Mme Vieira. Pour rester dans la course, elles doivent s’adapter aux préférences des consommateurs et aux tendances afin de se démarquer. »

Et c’est exactement ce qu’elles font. Selon la Vue d’ensemble du système agricole et agroalimentaire canadien 2015, les entreprises innovent en créant des méthodes de fabrication et des produits nouveaux et améliorés.

POS Bioscience, de Saskatoon, prouve que l’innovation du secteur agroalimentaire canadien peut changer les choses ailleurs dans le monde.

Chef de file mondial de la création de produits à valeur ajoutée à partir de matériaux biologiques, POS fournit des services spécialisés de recherche et développement, de traitement personnalisé et d’analyse à des clients dans plus de 50 pays. En collaboration avec le gouvernement fédéral, POS a participé au développement d’une huile de colza qui a transformé l’économie de l’Ouest canadien ainsi que la vie des agriculteurs et des communautés agricoles du monde entier.

Il peut sembler ardu, surtout pour une PME, de déterminer où se positionner sur la scène internationale dans ce système complexe, mais il s’agit de commencer par bien s’informer. C’est là qu’EDC peut aider, selon Mme Vieira.

« Les entreprises canadiennes peuvent bénéficier de nombreux services qui les aideront à percer le marché international, dit-elle. Par exemple, en plus d’offrir du financement et des assurances aux exportateurs, nous offrons aussi de l’expertise commerciale, un service de mise en relation sur le marché mondial et des renseignements sur les marchés; des outils précieux pour réussir à l’étranger. »

Cette aide peut avantager les entreprises canadiennes dans l’économie mondiale concurrentielle, mais au bout du compte, ce sont elles qui doivent saisir les occasions. Dans l’agroalimentaire, cela commence par la capacité de se démarquer et de prendre des risques.

« L’exportation comporte ses risques et ses défis, mais permet d’améliorer la capacité concurrentielle, la rentabilité et la pérennité d’une entreprise », ajoute-t-elle.

« Mon conseil pour réussir à long terme? Adopter une vision mondiale et exporter, en utilisant les ressources disponibles pour vous lancer. »

L’agroalimentaire au Canada : Irriguer l’économie

  • En 2013, le secteur agroalimentaire canadien a généré 106,9 G$, soit 6,7 % du PIB, et a fourni un emploi sur huit au pays, c’est-à-dire à plus de 2,2 millions de personnes.
  • Le Canada se classait cinquième parmi les plus grands exportateurs de produits agricoles et agroalimentaires en 2013, derrière l’Union européenne, les États-Unis, le Brésil et la Chine.
  • Les ventes à l’exportation ont augmenté de 5,5 % en 2013, atteignant 46 G$; le pays a maintenu sa part de 3,5 % de la valeur totale des exportations agricoles et agroalimentaires mondiales.
  • Les États-Unis demeurent le marché principal des exportations agricoles et agroalimentaires canadiennes, ayant reçu 50,8 % de toutes les exportations canadiennes en 2013. La Chine comptait pour 11,2 % des exportations du secteur, tandis que le Japon, l’Union européenne et le Mexique représentaient ensemble 17 %.
  • Les exportations vers les États-Unis ont augmenté de 10,8 % en 2013, atteignant 23,4 G$, tandis que celles vers les autres marchés ont augmenté de 6 %, atteignant 22,7 G$.

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