La nécessité du cumul croisé dans les accords commerciaux

La nécessité du cumul croisé dans les accords commerciaux

Le premier ministre Justin Trudeau et le président mexicain Enrique Peña Nieto devraient profiter du sommet des « trois amigos », qui se tiendra à Ottawa en juin, pour exhorter leur homologue américain, Barack Obama, à inclure des dispositions sur le cumul croisé dans l’accord commercial que négocient actuellement les États-Unis et l’Europe.

Ce sont les propos qu’a tenus Eric Miller, vice-président des politiques, de la cybersécurité et de l’Amérique du Nord au Conseil canadien des affaires, lors de l’événement A New North American Future (« Un nouvel avenir pour l’Amérique du Nord ») tenu le 24 mars par le Hill Times et commandité par Exportation et développement Canada (EDC).

« Le Canada a conclu l’Accord économique et commercial global (AECG), ce qui est très positif, les États-Unis négocient le Partenariat transatlantique de commerce et d’investissement (TTIP), et le Mexique a un accord avec l’Europe depuis 2001, a dit M. Miller. Mais en Amérique du Nord, il manque de liens entre les accords. »

Autrement dit, les Européens ont accès aux ressources de toute la région intégrée, mais les Nord-Américains, en vertu des accords en vigueur avec l’Europe, ne peuvent pas exploiter ce qui vient de tout le continent pour le moment, a-t-il expliqué.

« Je pense que l’AECG apportera des avantages considérables, mais il pourrait avoir encore plus de poids s’il rejoignait les autres accords », estime M. Miller.

Matthew Wilson, vice-président aux politiques nationales de Manufacturiers et Exportateurs du Canada et lui aussi panéliste, était du même avis.

« Le cumul croisé est primordial à cause du marché intégré de l’Amérique du Nord, a-t-il dit. Nous ne construisons rien par nous-mêmes. Plus nous pouvons profiter du cumul croisé, mieux ce sera. »

Il a souligné que le Canada, les États-Unis et le Mexique avaient tous négocié chacun de leur côté un accord de libre-échange avec la Corée du Sud.

« Ces accords ont été négociés indépendamment. Il aurait pu y avoir un accord commun sur l’automobile, et des accords individuels pour le reste. »

Il a ajouté que l’Amérique du Nord ne profitera guère du Partenariat transpacifique (PTP) envisagé par le gouvernement libéral si elle n’agit pas comme un seul bloc commercial.

M. Miller a profité de l’occasion pour parler du PTP en disant que les principaux partenaires commerciaux du Canada en faisaient partie. « Si nous devons retirer une seule chose de l’histoire mondiale, c’est qu’il vaut mieux avoir sa place sur les routes commerciales. »

Mairead Lavery, première vice-présidente, Développement des affaires à EDC, a parlé des occasions d’affaires pour les Canadiens en Amérique du Nord.

« La bonne nouvelle est que si la croissance [des États-Unis] peut s’enraciner et se maintenir, il y aura une demande à laquelle le Canada et le Mexique pourront répondre. Les États-Unis sont toujours le principal moteur de croissance au monde », a-t-elle précisé.

Elle souligne que, bien que nous lisions souvent sur l’effondrement de l’économie canadienne et des conséquences de la chute du cours des produits de base, janvier a été encourageant : les exportations ont augmenté d’un pour cent. Ce chiffre peut sembler négligeable, mais une croissance a été observée dans sept des douze catégories d’exportation au Canada.

« Ce n’est pas une donnée récurrente », dit-elle en ajoutant que seulement 100 000 entreprises canadiennes se tournent vers l’exportation, alors qu’EDC estime qu’elles pourraient être 560 000 à le faire. « Cette demande commence à atteindre les fabricants. L’Amérique du Nord présente des débouchés incroyables. »

Catégories Exportation

Comments are closed.

Affichages connexes