Cyclone Manufacturing : des pièces d’aéronef qui font le tour du monde

Cyclone Manufacturing : des pièces d’aéronef qui font le tour du monde

Série sur les secteurs : Aéronautique

Comme on dit : « Il a tellement aimé qu’il a acheté la compagnie. » Quand il était machiniste sur matériel à CNC (commande numérique par ordinateur) pour Cyclone Manufacturing, Andrew Sochaj étudiait aussi l’entreprise sous toutes ses coutures, persuadé qu’il l’achèterait un jour. Et c’est ce qu’il a fait.

Fondée par Ted Kosioreken en 1964, Cyclone s’est lancée dans la fabrication de pièces d’aéronef – maintenant sa principale activité – dans ses cinq premières années d’existence. Un partenaire de Détroit et elle sont les premiers à avoir fabriqué des fraises à plaquettes amovibles, aujourd’hui largement répandues dans l’industrie. Dans les années 1980, Cyclone a marqué le début d’une nouvelle ère en achetant une première machine-outil commandée par ordinateur. Puis, en 1990, M. Sochaj a acheté l’entreprise.

Aujourd’hui, Cyclone fait affaire avec tous les grands constructeurs : Bombardier, Boeing, Airbus, Lockheed Martin et Embraer.

À ses débuts, Cyclone n’avait qu’une petite usine de 2 200 mètres carrés à Mississauga comptant 40 employés; elle compte maintenant 575 employés et quatre usines, à Mississauga et à Milton, qui couvrent 25 000 mètres carrés.

« Nous sommes un fournisseur direct de Bombardier », dit Buz Forbes, contrôleur. « Quant à Boeing et Airbus, nous faisons plutôt affaire avec des équipementiers. Nos autres principaux clients sont Lockheed Martin et Embraer, et des équipementiers, comme Triumph et Spirit aux États-Unis, FACC en Autriche, GE Aviation au Royaume-Uni et AIDC à Taïwan. La plupart de nos clients sont des sociétés d’État ou des entreprises cotées en Bourse.

La clientèle de l’entreprise a considérablement évolué ces derniers temps. « Il y a quelques années, plus de 50 % de notre chiffre d’affaires était attribuable à Bombardier, mais cette proportion a chuté à 20 % environ, dit M. Forbes. Ce changement important s’explique en grande partie par la réalisation de plateformes et de projets avec de nouveaux clients ou des clients existants, comme Spirit, GE Aviation, FACC et AIDC. Nous exportons beaucoup, entre autres en Chine.

Experte de l’intégration verticale, Cyclone a regroupé toutes ses opérations sous un même toit; ses clients évitent ainsi des transports inutiles, et économisent temps et argent. Ses installations de traitement de finition sont conçues pour différentes opérations essentielles, comme le traitement thermique, les essais non destructifs de pièces d’aluminium, et l’application de pellicules chimiques ou de couches de conversion, d’apprêts et de couches de finition.

Des fabricants ontariens de premier et deuxième niveaux, tels Nocanco, Centra et Koss Aerospace, utilisent les usines de Cyclone au lieu d’envoyer les pièces aux États-Unis ou en Europe, réduisant ainsi considérablement leurs délais et leurs coûts de production.

Au fil du temps, Cyclone s’est périodiquement tournée vers Exportation et développement Canada (EDC) pour du financement, notamment des assurances comptes clients et des garanties d’exportations. Elle a récemment obtenu un cautionnement pour la construction de sa première usine en sol étranger à Kraśnik, en Pologne, où l’aéronautique est un secteur important et où le coût de la main-d’œuvre est des plus concurrentiels – une décision motivée par la demande croissante dans le domaine du traitement et des machines-outils en Europe.

« Les coûts du bâtiment et de l’infrastructure sont extrêmement élevés pour une nouvelle usine, indique M. Forbes, et une banque qui ne nous connaît pas ne serait pas disposée à les financer. EDC est alors entrée en scène et nous a fourni une garantie. »

Il précise que grâce à cette garantie, la banque a même revu son taux d’intérêt à la baisse.

« Tout le monde y gagne », conclut-il.

Cinq questions pour Buz Forbes, contrôleur à Cyclone Manufacturing

1. Quelle a été votre première vente à l’exportation?

C’était en 1994, une vente à la filiale de Bombardier Aéronautique à Belfast, Short Brothers PLC.

 

2. Comment cette première possibilité d’exportation s’est-elle présentée?

L’usine d’assemblage a été relocalisée à Belfast, et Cyclone a été recommandée par un fournisseur.

 

3. Que connaissez-vous aujourd’hui de l’exportation que vous auriez aimé savoir à vos débuts?

Si j’avais su que les cours des dollars canadien et américain s’éloigneraient autant, je me serais beaucoup mieux protégé.

 

4. Comment le commerce a-t-il évolué depuis que vous vous êtes lancés en affaires?

Les dix dernières années ont été incroyables dans le commerce international. Grâce à des progrès dans les domaines des transports, de la technologie et des relations géopolitiques – et j’en passe –, les entreprises peuvent maintenant atteindre leur plein potentiel d’une manière qui n’aurait pas été possible avant.

La nouvelle stratégie des entreprises internationales consiste à établir leur siège social dans un pays et leurs usines dans un autre, et à commercialiser leurs produits un peu partout sur la planète. Elles profitent ainsi pleinement des avantages de chaque pays pour augmenter leur productivité, leur efficacité et leur rentabilité.

 

5. Quelle est la chose la plus importante que doivent savoir les nouvelles PME au sujet du commerce d’exportation?

Les investissements en capital pour l’aéronautique sont colossaux et il s’écoule beaucoup de temps avant de pouvoir commercialiser un produit. Il faut obtenir de nombreuses certifications et approbations. C’est le plus grand défi.

Catégories Fabrication

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