« Quand il est question d’environnement, nous sommes tous Chinois », ou comment l’éco-industrie canadienne peut aider la Chine à résoudre le casse-tête de la pollution

« Quand il est question d’environnement, nous sommes tous Chinois », ou comment l’éco-industrie canadienne peut aider la Chine à résoudre le casse-tête de la pollution

L’industrialisation rapide de la Chine, profitable à l’économie nationale et mondiale, a engendré un problème de taille : la pollution.

Une récente étude du groupe de recherche indépendant Berkeley Earth révèle qu’environ 38 % de la population chinoise respire de l’air « malsain » selon les normes nord-américaines.

Les autorités chinoises sont conscientes du problème. D’après un rapport publié en 2015 par le Bureau national de la statistique en Chine, la qualité de l’air de 90 % des 161 villes étudiées ne répond pas aux normes officielles.

La Chine investit massivement pour réduire ses émissions de carbone, d’autant plus que la population urbaine, qui consomme jusqu’à 4 fois plus d’énergie et 2,5 fois plus d’eau par habitant que la population rurale, devrait augmenter de 300 millions d’ici 2030.

D’ici 2030, le pays entend réduire ses émissions de gaz à effet de serre par unité de produit intérieur brut de 60 à 65 % par rapport à 2005, selon un plan présenté récemment à l’Organisation des Nations Unies.

La Chine n’amorce pas seule son virage vers une économie verte à faibles émissions de carbone. L’industrie mondiale des technologies propres (éco-industrie) s’allie à des entreprises et à des institutions chinoises pour investir dans la conception et la commercialisation de solutions qui aideront la Chine, et à terme d’autres pays, à atteindre ses cibles.

« Quand il est question d’environnement, nous sommes tous Chinois », soutient Nicholas Parker, associé directeur et fondateur de Global Acceleration Partners (GAP), société torontoise aidant les entreprises spécialisées dans les technologies propres et le développement durable à percer sur les marchés émergents.

« L’évolution de la situation en Chine dictera l’avenir du monde », a-t-il ajouté lors de la séance Accelerating China’s Green Transformation: Catalyzing Business, Partnership & Investment Opportunities de GLOBE 2016.

GAP et le Shanghai Advanced Research Institute de la Chinese Academy of Sciences ont récemment formé la « toute première plate-forme transfrontalière de commercialisation de solutions au problème du CO2 » pour trouver et commercialiser des technologies qui permettront d’utiliser le carbone à bon escient, notamment comme matière première.

« La technologie canadienne ne s’exporte pas si facilement en Chine. Il faut instaurer des liens de collaboration […], et ce, à l’échelle mondiale », a expliqué Sun Yuhan, professeur et vice-président de l’Institut, à l’auditoire de GLOBE 2016.

Le Canada et la Chine ont signé récemment une déclaration commune sur la coopération dans le domaine des technologies propres pour relever les défis économiques et sociaux liés à l’accès aux solutions dans ce domaine.

« C’est un pas vers une coopération encore plus étroite », précise M. Parker.

Wang Yining, vice-président et secrétaire général de l’Association of Machinery Industry for Environmental Protection, estime que le secteur des écotechnologies deviendra sûrement un « pilier industriel » de la Chine.

Il souligne que la Chine prévoit investir 6,3 billions de dollars américains (41 billions de yuans) pour réduire ses émissions.

Les débouchés abondent pour les éco-entreprises canadiennes, mais pour les saisir elles doivent entrer sur le marché émergent de manière stratégique et calculée, confie Ken Su, associé du China Business Network auprès de la firme d’experts-conseils PwC. Il en va de même pour les entreprises en quête d’investisseurs en Chine.

« Il est recommandé de pouvoir compter sur des investisseurs chinois, mais il faut d’abord bâtir les bonnes relations », a-t-il déclaré lors de la table ronde de la Chine de GLOBE 2016.

M. Su, qui est récemment revenu à Vancouver après avoir longtemps travaillé en Chine, estime que les investisseurs chinois ont beaucoup changé au fil des années. Les importantes sociétés d’État côtoient maintenant un nombre croissant de petites entreprises publiques et privées, autant d’acteurs d’une économie de plus en plus libérale.

« Chacun a son propre tempérament et son propre style », ajoute-t-il.

M. Parker conseille aux éco-entreprises canadiennes qui envisagent d’exporter vers la Chine de viser d’abord un seul des marchés du pays et de cultiver des relations avec les parties intéressées, notamment le gouvernement et les investisseurs.

« Rendez-vous souvent sur le marché et montrez votre engagement, recommande-t-il. Les Chinois sauront que vos projets sont réels et sérieux. La mission commerciale n’est que le début de votre démarche. Il faut aller plus loin, et tisser de solides liens de coopération. »

Catégories Asie-Pacifique

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