Malgré des vents contraires, l’entreprise britanno-colombienne Endurance Wind Power voit ses exportations augmenter

Malgré des vents contraires, l’entreprise britanno-colombienne Endurance Wind Power voit ses exportations augmenter

La demande croissante d’énergie propre a créé un marché mondial pour Endurance Wind Power, fabricant de la Colombie-Britannique spécialisé dans la vente de petites éoliennes aux agriculteurs et aux propriétaires fonciers ruraux du monde entier – de Martha’s Vineyard, aux États-Unis, jusqu’aux Midlands, au Royaume-Uni.

Contrairement aux grands parcs éoliens industriels qui exploitent des dizaines d’éoliennes hautes comme des gratte-ciel, Endurance n’installe qu’une ou deux petites éoliennes à la fois. Celles-ci permettent aux agriculteurs, aux fermes laitières, aux exploitations et aux industries légères de réduire leurs dépenses en électricité et de générer des revenus supplémentaires.

« Les possibilités sont énormes », affirme Brad Bardua, chef de la direction de l’entreprise depuis 2014. « Le mouvement social continu vers une économie à faible intensité de carbone favorise la croissance. »

L’ensemble du marché des petites éoliennes s’accélère grâce au soutien gouvernemental et à la demande mondiale croissante d’une production décentralisée. Selon la société-conseil Navigant Research, les revenus mondiaux du secteur – c’est-à-dire ceux qui proviennent d’éoliennes allant jusqu’à 500 kilowatts – devraient plus que doubler d’ici sept ans pour atteindre 2,4 milliards de dollars américains.

Endurance a vu le jour en 2007 grâce à six professionnels, dont deux ingénieurs ayant conçu une très petite éolienne de 5 kilowatts. Peu après, l’équipe a commencé à vendre aux États-Unis.

L’entreprise d’énergie propre compte aujourd’hui 130 employés mondialement. Une usine de 40 000 pieds carrés à Surrey, en Colombie-Britannique, fabrique les éoliennes de 50 kilowatts de série E et une usine des Midlands de l’Ouest, au Royaume-Uni, fabrique celles de 225 kilowatts de série X. Endurance possède également une équipe d’ingénieurs au Danemark, une installation d’essai au Utah et de petits bureaux de vente en Nouvelle-Écosse et en Italie.

À ce jour, l’entreprise a installé plus de 1 000 éoliennes – presque toutes hors du Canada.

Les exportations ont bondi en 2010, lorsque le Royaume-Uni a lancé un programme de tarifs de rachat garantis pour l’énergie renouvelable. Les exploitations rurales pouvaient dès lors produire de l’électricité destinée au réseau de distribution et la vendre à des prix bonifiés.

« C’est là que l’entreprise a décollé, explique M. Bardua. Nous avons commencé à vendre des éoliennes de 50 kilowatts sur le marché britannique, principalement aux agriculteurs cherchant à profiter des revenus de production d’électricité verte. »

S’étant rapidement établie comme premier fournisseur d’éoliennes de moins de 100 kilowatts, Endurance détient aujourd’hui 75 % des parts de marché britanniques dans ce créneau.

De très petite entreprise en démarrage, elle est devenue une société dont le chiffre d’affaires totalisait 65 millions de dollars en 2012, souligne M. Bardua. Le Royaume-Uni a représenté 85 % de ses ventes annuelles durant les cinq dernières années.

Mais comment un petit fabricant canadien a-t-il réussi à dominer le marché britannique?

« Nous avions l’avantage du pionnier, affirme M. Bardua. Les fabricants de petites éoliennes étaient alors rares, puisque les fabricants d’immenses éoliennes de plusieurs mégawatts – comme Siemens, Vestas et General Electric – s’intéressaient peu à ce secteur. »

« Nous sommes arrivés en force sur le marché britannique et avons tissé le réseau qu’il nous fallait pour réussir », dit-il.

Cependant, de récents changements politiques ont chamboulé le principal marché étranger d’Endurance, la forçant à revoir sa stratégie. En effet, le nouveau gouvernement conservateur du Royaume-Uni élu en 2015 a rapidement sabré le programme de tarifs de rachat garantis.

Selon M. Bardua, « le changement fut majeur et inattendu ».

Par conséquent, il estime que d’ici 2017, le Royaume-Uni ne représentera que 15 à 20 % de son chiffre d’affaires.

« Nous essayons de remplacer un marché qu’on nous a ôté sans grand préavis », ajoute-t-il.

Endurance tâche donc de s’implanter dans des régions où les ressources éoliennes sont nombreuses, les coûts énergétiques sont élevés, et les mécanismes de soutien gouvernementaux, comme les lois et les mesures incitatives sur l’énergie renouvelable, sont bien présents.

« Nous étudions actuellement l’Allemagne, la Belgique et la Pologne », précise M. Bardua. Bien que les ventes aux États-Unis aient récemment diminué, ce marché présente aussi un beau potentiel.

Pour soutenir sa croissance, Endurance conçoit de nouveaux modèles adaptés à diverses conditions éoliennes et environnementales. Par exemple, plus les pales sont longues, plus elles génèrent d’électricité et réduisent les coûts de production.

Au fil de son développement, l’entreprise a exploité différents mécanismes de soutien gouvernementaux, comme les crédits d’impôt canadiens pour la recherche scientifique et le développement expérimental ainsi que les programmes de garanties d’exportations et de prêts directs d’Exportation et développement Canada (EDC).

« Notre partenariat avec EDC est très important pour nous, surtout maintenant que nous perçons de nouveaux marchés », souligne M. Bardua.

L’entreprise poursuivra son expansion, le mouvement international pour l’énergie renouvelable s’étant accéléré depuis la conférence de Paris sur le climat en 2015.

« L’avenir nous réserve des défis, conclut M. Bardua. Notre entreprise devra s’adapter, mais je suis convaincu qu’elle a ce qu’il faut pour les relever. »

Cinq questions pour Brad Bardua, chef de la direction d’Endurance Wind Power

Quelle a été votre première vente à l’exportation?

Ce fut en fait notre première vente tout court : une éolienne de 5 kilowatts de série S vendue à Martha’s Vineyard, au Massachusetts.

 

Comment cette première possibilité d’exportation s’est-elle présentée?

L’acheteur, qui collabore toujours avec nous, connaissait déjà nos concepteurs de produits pour leur avoir acheté des éoliennes. Il s’est donc procuré notre première éolienne de série S, puis a commencé à la vendre ailleurs sur l’île. Nous avons ensuite rencontré un revendeur d’équipement agricole John Deer dont le réseau nous a fourni un nouveau canal de vente.

 

Que connaissez-vous aujourd’hui de l’exportation que vous auriez aimé savoir à vos débuts?

J’aurais aimé connaître tous les mécanismes de soutien offerts par les différents ministères – comme les délégués commerciaux –, et les programmes d’EDC, qui nous auraient bien servi.

 

Comment le commerce a-t-il évolué depuis que vous vous êtes lancé en affaires?

Le grand changement, c’est le mouvement social en faveur d’une économie à faible intensité de carbone et son influence sur le potentiel de l’industrie.

 

Quelle est la chose la plus importante que doivent savoir les nouvelles PME au sujet du commerce d’exportation?

Faites vos recherches avant de vous lancer sur un nouveau marché. Ne vous contentez pas d’étudier les ventes : examinez tout, du régime réglementaire à l’environnement politique, en passant par les lois du travail et les risques en matière d’emploi. Il s’agit d’une décision importante; un manque de préparation peut entraîner des conséquences inattendues.

Catégories Ecotechnologies

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