Offerte par Wooky Entertainment Inc.

L’entreprise montréalaise Wooky Entertainment à l’assaut du marché international

Qui n’a pas passé ses journées d’enfant à s’évader dans l’imaginaire autour d’un coffre à jouets? Mais les enfants ont le cœur volage; un jour ou l’autre, ils se lassent de leurs joujoux et supplient leurs parents d’en acheter de nouveaux.

Dans le monde des affaires, ce genre de caprice se traduit par une forte demande; or, quoi qu’on dise, les jouets ne sont pas fabriqués par des lutins au Pôle Nord. La production de jouets, c’est une industrie, et une industrie très compétitive. Kevin Richer, président de l’entreprise montréalaise Wooky Entertainment inc. en sait quelque chose : c’est son monde depuis sa naissance, ou presque.

En effet, il n’est âgé que de quelques jours lorsque sa mère l’emmène dans un magasin de jouets : c’est là qu’elle travaille, dans l’entreprise familiale à Montréal, où il passera une bonne partie des 25 années suivantes à absorber tout ce qu’il y a à savoir sur ce commerce.

« J’ai grandi au milieu des jouets; je les connais sous toutes leurs coutures, raconte M. Richer. Mais du point de vue des affaires, la principale chose que j’ai apprise, c’est que le marché canadien ne génère pas les recettes nécessaires pour investir dans des produits qui peuvent rivaliser avec les Hasbro et les Mattel de ce monde. J’ai compris que si je voulais démarrer une entreprise ici et réussir, je devais exporter. »

Wooky voit le jour

En 2007, M. Richer quitte l’entreprise familiale, un distributeur de jouets local, pour se lancer en affaires, le regard tourné vers le reste du monde.

C’est ainsi que Wooky est née. Le nom, précise M. Richer, n’a rien à voir avec le colosse velu de la saga Star Wars. C’est plutôt le fruit d’une étude de marché démontrant qu’une bonne raison sociale doit être courte, facile à retenir, et contenir une lettre double (comme les deux « p » dans « Apple »). M. Richer voulait également un nom qui ne signifie rien, afin de pouvoir l’utiliser tel quel dans n’importe quelle langue.

Son modèle d’affaires : investir beaucoup en R-D pour créer une propriété intellectuelle de qualité, fabriquer ses produits en Chine, puis faire appel à des distributeurs internationaux.

Cette décision s’avère tout de suite un choix gagnant : rapidement, Wooky acquiert la réputation d’un fabricant de jouets originaux et populaires. En seulement deux ans, ses produits se taillent une place sur les tablettes des magasins Toys“R”Us aux États-Unis.

En 2011, la jeune entreprise souscrit auprès d’Exportation et développement Canada (EDC) une assurance comptes clients afin de se protéger des effets potentiellement dévastateurs du non-respect de ses contrats par ses acheteurs à l’étranger – en grande partie des distributeurs indépendants. À l’époque, Wooky fait appel à ce produit d’EDC pour se prémunir contre le non-paiement de ses commandes, ce qui peut causer de sérieux ennuis pour toute jeune entreprise.

La réussite, un obstacle à la croissance?

Mais la demande ne cesse de croître, et finalement, les polices couvrant certains grands distributeurs atteignent leur limite maximale, ce qui freine les ventes. Conseillée par EDC, l’entreprise décide que la meilleure voie de croissance consiste à acheter des distributeurs et de vendre directement aux clients tels que Toys“R”Us et Walmart.

Ce faisant, l’entreprise a pu partager son risque parmi plusieurs acheteurs, ce qui lui a permis d’accroître sa couverture.

« Wooky était victime de son succès », explique Cathy Beauvais, directrice de comptes de l’entreprise à EDC. « Elle avait tout : des produits innovants, une demande internationale, des infrastructures pour y répondre; le seul hic, c’était l’assurance crédit, qui est un de nos champs d’expertise. C’est donc avec plaisir que nous avons aidé l’entreprise à trouver une solution. »

Forte de son nouveau modèle d’affaires, Wooky poursuit sur sa lancée. Elle a récemment conclu un partenariat d’octroi de licence avec Walt Disney (qui, drôle de coïncidence, détient les droits de la marque Star Wars) et ouvert son premier magasin – et loin d’être le dernier, à en croire M. Richer – à Boston. Toys“R”Us a reconnu Wooky comme son fournisseur de l’année (2014).

Wooky a étendu ses gammes de produits pour pouvoir suivre les tendances. Aujourd’hui, elle mise beaucoup sur Style Me Up, ligne d’accessoires de la mode et de cosmétiques pour filles pré-adolescentes. De cette gamme de produits, une marque, Charmazing, a fort bien réussi et s’est classée au rang des 15 meilleurs jouets Toys“R”Us pour Noël 2014.

« Nous sommes passés d’un profit inexistant la première année à un chiffre d’affaires de 30 M$ en 2014 : il va sans dire que les sept dernières années ont été une folle épopée pour nous, souligne M. Richer. À voir tout ce qui se passe en ce moment, je prédis que nous atteindrons le seuil des 100 M$ d’ici cinq ans. Selon moi, notre succès découle de nos produits, oui, mais aussi de notre ouverture depuis nos tous débuts à faire affaire à l’étranger. C’est tout un monde qui s’ouvre à nous : il suffit d’oser. »

Catégories Fabrication

Comments are closed.

Affichages connexes