Des entreprises canadiennes combattent les changements climatiques en exportant

Des entreprises canadiennes combattent les changements climatiques en exportant

Sous l’effet de l’Accord de Paris sur les changements climatiques, bon nombre d’entreprises canadiennes sont en passe de tirer parti de la demande de solutions énergétiques propres.

Selon le Rapport sur l’industrie canadienne des technologies propres 2015 d’Analytica Advisors, le Canada compte plus de 800 entreprises de technologies avancées, actives dans le secteur de l’énergie propre, qui exploitent le vent ou le soleil, traitent l’eau ou encore proposent des solutions pour économiser de l’énergie ou réduire les émissions.

De ces entreprises, plus des deux tiers (68 %) exportent et font maintenant profiter les marchés du monde de leurs innovations.

Lynn Côté

Lynn Côté, conseillère sectorielle, Infrastructure et Services financiers d’EDC

« Nous avons de la chance au Canada, car beaucoup d’entreprises offrent des solutions remarquables », indique Lynn Côté, conseillère sectorielle, Infrastructure et Services financiers d’EDC.

« En plus, un nombre croissant d’entre elles sont à un tournant : elles amorcent le stade de commercialisation et commencent à voir une augmentation de leurs ventes », ajoute-t-elle. « Il s’agit d’un moment très excitant. »

Étonnamment, les investisseurs canadiens ne semblent pas pressés d’investir dans les technologies propres d’ici, si on compare avec d’autres pays, ajoute-t-elle.

C’est Technologies du développement durable du Canada, organisme fédéral fournissant du financement de démarrage à des entrepreneurs innovateurs en énergie propre, qui a accordé la majeure partie du soutien, accompagné EDC.

« En raison des services qu’elle offre et de ses réseaux au Canada et ailleurs, EDC est extrêmement bien placée pour vraiment aider les PME à percer, croître et réussir », enchaîne Mme Côté.

Elle mentionne quelques exemples dans les secteurs de l’exploitation minière et du pétrole et du gaz naturel, où les entreprises mettent au point des technologies pour réduire la quantité d’énergie utilisée par leur industrie ou traiter et recycler l’eau.

Les effets positifs ne sont pas qu’environnementaux : en économisant, les sociétés d’exploitation de ressources sont en mesure de maintenir des emplois, continue-t-elle.

« On parle d’un moteur économique pour le Canada, pas d’une vaine tentative de rectitude, mais il faut quand même avouer que ces efforts sont valorisants », dit-elle.

L’industrie des technologies propres emploie aujourd’hui environ 50 000 Canadiens selon le rapport d’Analytica Advisors, soit plus que les secteurs forestier et aéronautique. Si elle garde son taux de croissance actuel de 8 %, ce nombre aura doublé en 2022, montre le rapport.

Le taux de croissance de l’emploi dans le secteur canadien de l’énergie propre devance aussi celui de tous les autres secteurs au pays, selon le rapport Suivre la révolution de l’énergie – Canada 2015 d’Énergie propre Canada.

On apprend aussi dans ce rapport que le Canada est maintenant sixième au monde pour l’investissement dans de nouveaux projets nationaux de production d’énergie propre, notamment dans le secteur de l’électricité où ces investissements frôlaient les 10,7 milliards de dollars en 2014, la meilleure année jamais enregistrée, avec une augmentation de 88 % par rapport à 2013.

Le secteur s’active également depuis l’élection d’un nouveau gouvernement au Canada, qui a promis d’accorder un degré élevé de priorité à l’environnement.

Les efforts continus de la Colombie-Britannique ainsi que de nouvelles politiques climatiques provinciales, notamment en Ontario et plus récemment en Alberta, mettent aussi en évidence les perspectives commerciales dans l’industrie des technologies propres.

« L’avenir du secteur entier a été bouleversé presque du jour au lendemain », explique Nancy Wright, chef des opérations de la série de conférences de GLOBE, organisme de Vancouver œuvrant dans le commerce durable, dont les événements biennaux axés sur le « commerce de l’environnement » ont acquis, depuis 25 ans, une réputation mondiale.

« L’optimisme se renouvelle sans cesse à ces conférences », ajoute-t-elle.

Selon elle, les paliers gouvernementaux et le secteur privé, y compris des entreprises offrant des services financiers et des fonds de pension, intensifieront leur investissement dans l’industrie.

« Je pense qu’on commencera à voir des fonds débloqués grâce à l’investissement de nouveaux capitaux », continue Mme Wright.

Mme Côté, quant à elle, croit que le Canada connaît une période historique dans sa lutte contre les effets néfastes des changements climatiques.

« Le gouvernement actuel est prêt à l’action, et il est soutenu par des organismes qui comprennent l’objectif », conclut-elle. « C’est maintenant qu’il faut agir. »

Catégories Ecotechnologies

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