« Le prix des produits canadiens est généralement plus élevé en raison de leur qualité supérieure » : le parcours d’exportation de Riz Global Foods raconté par Syed Ali

« Le prix des produits canadiens est généralement plus élevé en raison de leur qualité supérieure » : le parcours d’exportation de Riz Global Foods raconté par Syed Ali

Selon une étude du Conference Board du Canada, les PME de nouveaux immigrants sont plus enclines à exporter, et elles comptent parmi les plus florissantes. Voici une série qui en dresse le portrait.

Riz Global Foods, entreprise exportatrice canadienne établie à Markham, en Ontario, se spécialise dans la distribution de viande halale de qualité supérieure. Syed Ali en est le président.

Découvrez son parcours d’exportation réussi.

M. Ali a répondu à quelques questions sur son expérience d’exportation en tant qu’immigrant au Canada.

Où êtes-vous né?

Je suis né à Hyderabad, en Inde.

Quand et pourquoi êtes-vous venu au Canada?

Je suis venu en 2004 avec mon épouse, qui est canadienne. Nous nous sommes installés à Toronto. Nous nous sommes établis à Dubaï peu après, mais avons dû rentrer au pays en 2007, car notre famille s’était agrandie et nous devions respecter les restrictions accompagnant le statut de résident permanent. Je travaillais à Dubaï depuis 1996 dans l’univers du marketing, de la vente et de la chaîne d’approvisionnement.

Quand je me suis établi au Canada pour de bon, je me suis lancé dans l’exportation de produits alimentaires. Je connaissais les marchés moyen-orientaux, où règnent les produits halals. J’ai commencé par les graines et les légumineuses, pour ensuite me tourner vers le bœuf.

Aviez-vous des hésitations particulières à l’idée de devenir entrepreneur au Canada?

Bien sûr. Il s’agissait d’un nouvel endroit, dont je ne connaissais pas les lois et exigences. Je croyais toutefois en mes capacités de faire ce que je connaissais le mieux : exporter. Même si j’ai dû procéder par essais et erreurs, j’ai compris comment fonctionnait le système après quelques commandes.

Avez-vous utilisé des ressources ou du soutien pour faire croître votre entreprise?

Le Service des délégués commerciaux du Canada m’a été très utile. Grâce à lui, j’ai rencontré des clients importants et eu accès à des listes d’importateurs. L’équipe offre un excellent soutien aux nouvelles entreprises qui se lancent sur les marchés émergents.

Quels services vous ont été les plus utiles?

L’aspect le plus important pour la survie de l’entreprise a été le financement. C’est grâce à EDC que nous avons pu en obtenir.

Comment décririez-vous votre parcours d’exportateur?

Quand j’habitais à Dubaï, l’offre de produits alimentaires canadiens était plutôt limitée. C’est pour ça que je me suis lancé. Le monde était alors en récession, mais comme je savais que les gens auraient toujours besoin de manger, l’idée me semblait bonne.

Par ailleurs, nous doublons notre volume d’exportations chaque année, ajoutant de nouveaux produits prisés au Moyen-Orient. Toutefois, le prix des produits canadiens est généralement plus élevé en raison de leur qualité supérieure, ce qui peut parfois nuire à l’accès à de nouveaux marchés.

Je négocie actuellement avec quelques fabricants de condiments, d’épices et de sauces qui accompagnent le bœuf et le poulet que nous exportons. Nous nous intéressons également aux produits biologiques, comme le bœuf, la dinde et les œufs. Nous cherchons toujours à étendre nos activités et à diversifier notre portefeuille, tout en restant fidèles à nos principaux produits d’exportation, les aliments halals.

Quelle est la plus grande différence entre faire des affaires au Canada et à l’étranger? Comment vous y êtes-vous adapté?

C’est difficile à dire, car les exportations comptent pour 99 % de notre chiffre d’affaires. Nous vendons du bœuf à quelques grilladeries au Canada. Nous focaliserons bientôt nos efforts sur la distribution au pays.

Selon la presse, les entreprises appartenant à des immigrants tendent davantage à tisser ou à renforcer leurs liens d’affaires ailleurs qu’aux États-Unis. Est-ce que cette idée se confirme par votre vécu?

Les entreprises canadiennes exportent principalement – près de 80 % du volume d’exportations – vers les États-Unis, car il faut consacrer beaucoup d’efforts et d’argent pour percer ailleurs à l’étranger. On doit composer avec la distance, mais également connaître les différentes cultures. De plus, il faut se rendre sur place pour vendre les produits. Beaucoup de fabricants canadiens n’ont pas les ressources nécessaires. Donc, quand une entreprise comme la nôtre offre de distribuer leurs produits, ils sautent sur l’occasion. Nous achetons leurs biens et assumons tout le risque à l’exportation.

De quoi êtes-vous le plus fier dans votre parcours professionnel?

Nous sommes l’un des plus grands exportateurs de bœuf canadien en Arabie saoudite.

Quel conseil donneriez-vous aux Néo-Canadiens qui veulent se lancer en affaires ou étendre leurs activités?

Il faut beaucoup de volonté. J’ai vendu ma maison; c’était un risque énorme. Vous devez lutter contre l’échec, dont personne n’est à l’abri, en n’abandonnant jamais et en prenant des mesures pour en atténuer le risque. Il faut au moins trois ans pour qu’une entreprise soit bien établie. La clé, c’est de persévérer.

Quelle est la chose la plus importante que doivent savoir les PME au sujet du commerce d’exportation?

Il faut connaître la culture du marché visé, et trouver et bien utiliser les ressources gouvernementales. Les PME devraient toujours essayer de trouver un produit ou un service spécialisé pour le marché d’exportation en question.

Catégories Agroalimentaire

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