Un fabricant d’autobus écologiques prépare ses ventes aux États-Unis

Un fabricant d’autobus écologiques prépare ses ventes aux États-Unis

Phillip Oldridge et Fraser Atkinson avaient passé deux ans à plusieurs projets de véhicules électriques quand ils ont compris que, pour s’imposer sur les marchés, ils devaient se concentrer sur un seul produit révolutionnaire.

« Nous avons convenu que ce devait être un produit non seulement concurrentiel, mais qui bouleverserait l’industrie », explique Atkinson.

La solution : un autobus ultra performant 100 % électrique.

Le duo gère aujourd’hui son entreprise de Vancouver, GreenPower Motor Company. Le constructeur, dont le principal intérêt est de concevoir des véhicules 100 % électriques et de les vendre à des sociétés de transport en commun et de navettes, à des écoles et universités, ainsi qu’à l’État, accumule les contrats partout en Amérique du Nord.

Son produit phare est l’autobus électrique EV350, véhicule de 12 mètres de long à plancher bas qui combine un châssis léger avec une batterie à la fine pointe et les plus récents systèmes de propulsion électrique et de gestion de la batterie.

Le bus, lancé en 2014, intègre des composants d’importants fournisseurs tels Siemens, qui fabrique les deux moteurs d’entraînement; Knorr, qui fournit les freins; ZF pour les essieux et Parker qui conçoit le tableau de bord et les systèmes de commande. Atkinson, président de GreenPower, indique que la plateforme de l’entreprise, orientée vers les équipementiers, lui permet de répondre aux besoins des différents intervenants tout en fournissant des pièces standard, qui assurent un entretien facile et accessible.

À l’automne 2015, l’entreprise a annoncé la conclusion d’une série d’accords avec différentes sociétés de transport comme EV Power Corp., active au Nevada, en Arizona et au Colorado, ainsi qu’avec l’entreprise californienne de transport scolaire Adomani inc. et le transporteur AMC Transportation Services, établi en Floride.

GreenPower a aussi signé une lettre d’intention de céder par bail un bus électrique à étage EVC550 à la Greater Victoria Harbour Authority et à CVS Cruise Victoria ltée, avec option d’achat après trois ans. Le projet pilote permettra aux clients d’évaluer la faisabilité d’une flotte exclusivement composée d’autobus électriques pour l’industrie du tourisme de croisière à Victoria.

Dave Hammond, analyste à Optima Capital Partners, a récemment décrit GreenPower, maintenant inscrite à la Bourse de croissance TSX, comme une « occasion d’investissement attrayante ».

« Bien entendu, il est très tôt pour se prononcer, mais le grand potentiel de marché et les progrès récents, laissant présager d’importantes ventes imminentes, éveillent notre intérêt », écrit M. Hammond dans un avis du 4 novembre traitant de la cadence rapide des annonces de GreenPower. « L’entreprise semble avoir le vent dans les voiles, et nous croyons que ce n’est que le début de ce qui l’attend dans les trois à cinq prochaines années ou plus. »

L’analyste souligne aussi l’évolution du marché des autobus 100 % électriques qu’on peut brancher, « si bien que ces derniers sont sur le point de remplacer efficacement les autobus conventionnels ». Le marché des autobus urbains et scolaires en Amérique du Nord est tout aussi prometteur, ajoute-t-il, indiquant qu’il y a environ 70 000 autobus urbains aux États‑Unis et plus de 15 000 au Canada, et que chacun d’eux a un cycle de vie d’environ 10 ou 12 ans.

Atkinson explique que la demande accrue de véhicules propres et la baisse importante du coût des batteries causent un essor dans le secteur. Par exemple, le coût d’une batterie de bus électrique revient aujourd’hui à 700 $ du kilowattheure (kWh), comparativement à 2 500 $ il y a à peine cinq ans.

Les systèmes de batterie et la capacité de ces dernières ont aussi été améliorés, « ce qui fait des autobus de GreenPower un choix viable pour remplacer les véhicules traditionnels au diésel, affirme M. Atkinson.

« Nous sommes passés d’un produit qui, honnêtement, n’avait pas beaucoup d’attrait sur le plan économique et qui ne vous aurait pas amené bien loin, à un véhicule qui, en plus d’être concurrentiel, vous fera économiser », assure-t-il.

GreenPower affirme que ses autobus, qui se détaillent à environ 1,05 million de dollars américains l’unité (pour le modèle à étage), permettront aux entreprises d’économiser près de 50 000 dollars annuellement en carburant par rapport à un bus diésel, sans compter les économies sur l’entretien. Selon une étude de cas réalisée par l’un des transporteurs urbains de l’État de Washington, la rentabilisation s’étendrait sur cinq ou six ans comparativement à l’achat d’un autobus diésel.

La stratégie de l’entreprise pour les prochaines étapes est de tirer parti de ses accords actuels et de cibler des marchés dans l’Est de l’Amérique du Nord, particulièrement aux États-Unis.

« Bien que nous soyons assez connus sur la côte Ouest, il reste des zones du pays qui n’ont pas encore entendu parler des produits de GreenPower », conclut-il.

Questions et réponses avec Fraser Atkinson, président de GreenPower Motor Company

Quelle a été votre première vente à l’exportation?

En octobre 2015, EV Power nous a acheté des autobus électriques à étage EVC550. La société est aussi devenue représentante autorisée de nos divers modèles de bus dans certains États des États-Unis. Plus tard le même mois, nous avons annoncé la vente de deux de nos modèles d’autobus scolaires à Adomani, qui nous a remis une lettre d’intention pour l’achat de 20 véhicules de plus d’ici le troisième trimestre de 2016.

Comment cette première possibilité d’exportation s’est-elle présentée? 

Nous travaillons avec les gens d’EV Power depuis 2014. Ça a été un long cycle de vente. Ils ont mené une vérification diligente approfondie de l’entreprise et de l’équipe de gestion. Ils ont aussi pu essayer le modèle 2014 de notre autobus de 12 mètres.

Que connaissez-vous aujourd’hui de l’exportation que vous auriez aimé savoir à vos débuts?

Je n’ai pas encore la réponse à cette question! Les marchés sont si vastes, je sais que nous allons sans doute investir des efforts dans des secteurs où les résultats se feront attendre. Mais je ne sauterais cette étape pour rien au monde. Je crois sincèrement que nous sommes au bon endroit au bon moment.

Comment le commerce a-t-il évolué depuis que vous vous êtes lancés en affaires?

Ça a beaucoup changé! Il y a quelques années, personne ne croyait en un autobus 100 % électrique parce que le prix était beaucoup trop élevé par rapport au rendement. Mais, dans la dernière année, ça a changé. De grands bouleversements modifient la perception de la tarification et de l’économie sur notre marché. Même si le prix du pétrole, à son plus bas, ne nous permet plus de faire les mêmes économies que quand il coûtait 100 $ le baril.

Quelle est la chose la plus importante que doivent savoir les nouvelles PME au sujet du commerce d’exportation? 

C’est une question de relations. Nous croyons que les partenariats que nous avons su établir jusqu’ici joueront un grand rôle dans notre succès futur.

Catégories Ecotechnologies

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