Pour la vancouvéroise Hapifoods Group, c’est en choisissant le bon moment qu’on propulse les ventes et l’exportation

Pour la vancouvéroise Hapifoods Group, c’est en choisissant le bon moment qu’on propulse les ventes et l’exportation

En mélangeant une poignée d’ingrédients végétaliens et sans gluten pour faire des céréales qui ne déclencheraient pas les allergies de son mari Brian, Corin Mullins n’avait aucune idée que sa recette deviendrait la base d’un petit-déjeuner convoité par des millions de consommateurs du monde entier.

Aujourd’hui, les époux formant l’équipe de HapiFoods Group inc. – les créateurs des marques de céréales Holy Crap et Skinny B – livrent leurs produits de leur petit village près de Sechelt, en Colombie-Britannique (à environ deux heures de Vancouver) à des magasins et à des résidences partout au Canada et aux États-Unis, et même aussi loin qu’en Chine et en Afrique.

L’entreprise a démarré par la vente de 10 sacs de céréales dans un marché fermier local en mai 2009, puis elle a suscité l’intérêt d’acheteurs étrangers à son stand du marché de Granville Island, à Vancouver, lors des Jeux olympiques d’hiver de 2010.

« Il fallait être là au bon moment », soutient Brian Mullins, qui souligne que l’entreprise a commencé à vendre à Granville Island quelques mois à peine avant les Jeux.

Les commandes internationales en ligne ont commencé à s’accumuler, mais c’est seulement quand le couple est passé à l’émission de téléréalité Dragons’ Den à CBC en novembre 2010 que les ventes ont grimpé en flèche. Ils ont dû abandonner le marché fermier pour se concentrer sur la croissance exponentielle des commandes en ligne. La décision de l’astronaute Chris Hadfield d’emporter leurs céréales lors de sa mission de cinq mois dans l’espace en 2012 a aussi donné un bon coup de pouce à la marque.

Les revenus de l’entreprise sont tenus secrets en raison de la concurrence, mais environ 12 % des produits sont maintenant vendus à l’étranger, et ce pourcentage augmente chaque année.

Selon M. Mullins, leur réussite relève notamment du désir des consommateurs de manger plus sainement.

« Les gens veulent de bons aliments, biologiques et canadiens », précise-t-il.

Les céréales HapiFoods contiennent du chanvre d’agriculteurs albertains et saskatchewanais, du sarrasin et des canneberges du Québec, des raisins secs de la Californie et du chia cultivé dans des pays d’Amérique latine, comme le Mexique ou le Nicaragua.

Les ingrédients sont expédiés à leurs installations de production à Sechelt, où ils sont nettoyés de nouveau, mélangés et emballés à l’aide d’équipement spécialisé. Chaque sac est ensuite complété à la main avec d’autres ingrédients comme des graines et des fruits entiers, avant d’être scellé et envoyé dans un entrepôt canadien ou américain.

Pour les commandes des États-Unis, le produit est expédié à un entrepôt à Blaine, dans l’État de Washington, près de la frontière avec la Colombie-Britannique, à environ 50 kilomètres au sud de Vancouver.

HapiFoods vend une bonne part de ses produits en ligne sur son site Web et sur Amazon, géant du commerce électronique. Mais, par souci d’efficacité, toutes les ventes en ligne relèveront bientôt d’Amazon. HapiFoods conservera son numéro sans frais, pour les clients préférant commander en ligne.

Selon Corin Mullins, passer par Amazon leur fait gagner temps et argent, car c’est un guichet unique.

« Amazon a des volumes énormes », ajoute-t-elle. Cependant, prévient-elle, le processus ne se limite pas à signer quelques formulaires et à expédier le produit.

« Il faut des infrastructures – et Amazon a des règles très sévères en matière de qualité et de processus, précise-t-elle. Il faut bien faire son travail sous peine d’amendes. »

HapiFoods expédie aussi, depuis longtemps, certains produits directement à quelques magasins américains d’aliments santé.

Bien que la majorité des ventes se fassent au pays, les exportations devraient propulser la croissance des prochaines années.

« Exporter ou mourir », dit Brian Mullins avec esprit. « C’est la seule façon pour une société canadienne de grandir. »

Le couple prévoit établir des partenariats dans des pays comme la Chine et le Japon, où ils peuvent superviser l’achat d’ingrédients et préserver la qualité de la marque. Les accords commerciaux du Canada, comme le Partenariat transpacifique de 12 pays, leur apporteront bien des débouchés internationaux.

« Les répercussions sont incroyables pour nous », s’exclame Brian Mullins.

Les Mullins planifient également de s’allier à des partenaires locaux à l’étranger pour assurer une place à Holy Crap et à Skinny B sur la table des consommateurs étrangers.

Cinq questions pour Brian et Corin Mullins, les fondateurs de Hapifoods

1) Quelle a été votre première vente à l’exportation?

C’était à des consommateurs aux États-Unis et dans quelques autres pays, par Internet, en 2010.

 

2) Comment cette première possibilité d’exportation s’est-elle présentée? 

Nous avons fait déguster nos produits au marché de Granville Island, à Vancouver, pendant les Jeux olympiques de 2010. Les clients en achetaient un sac ou deux, mais voulaient aussi en recevoir davantage chez eux, ce qui a vraiment fait éclore nos ventes à l’étranger.

 

3) Que connaissez-vous aujourd’hui de l’exportation que vous auriez aimé savoir à vos débuts?

Les tarifs douaniers varient beaucoup d’un pays à l’autre. Ils sont par exemple beaucoup plus chers en Angleterre qu’en Norvège. Les exportateurs doivent en tenir compte.

 

4) Comment le commerce a-t-il évolué depuis que vous vous êtes lancés en affaires?

Le cours des produits de base est très variable. Il faut essayer d’acheter au meilleur prix, sans jamais sacrifier pour autant la qualité. Toute la réussite de notre entreprise repose sur l’achat d’articles de qualité à bon prix. Si les ingrédients ne sont pas assez bons, nous perdrons nos clients.

 

5) Quelle est la chose la plus importante que doivent savoir les nouvelles PME au sujet du commerce d’exportation?

Il faut penser au marché mondial. Le produit est-il exportable et adapté à d’autres cultures? Il faut le savoir avant de vendre à l’étranger.

Catégories Exportation

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