L’entreprise montréalaise Imaflex met au point une technologie révolutionnaire pour stimuler l’agriculture mondiale

L’entreprise montréalaise Imaflex met au point une technologie révolutionnaire pour stimuler l’agriculture mondiale

Pour Joe Abbandonato, président et chef de la direction d’Imaflex, l’objectif est simple : conquérir le monde.

C’est là le projet audacieux de Joe (comme il aime être appelé), qu’il annonce sans flafla, comme s’il était sûr qu’il allait se réaliser. Rassurez-vous, Joe n’est pas un mégalomane aux visées diaboliques, mais plutôt un homme très charmant, bon rieur, affichant la confiance d’un président d’expérience.

En affaires depuis l’âge de 27 ans, Joe et deux associés ont fondé Imaflex en 1993. En janvier 1994, l’entreprise réalise ses premières ventes de pellicules de polyéthylène (plastique). Durant ses dix premières années d’existence, l’entreprise montréalaise s’est concentrée sur le matériel d’emballage, comme les sacs ou les sachets, destiné à des imprimeurs.

En 2004, l’équipe de recherche-développement de l’entreprise invente une pellicule de plastique métallisée pour le marché agricole. En gros, immédiatement après avoir pulvérisé le sol de produits chimiques pour le nettoyer avant d’y planter quelque chose, les producteurs de fruits et de légumes y étendent la pellicule au moyen d’un tracteur muni d’un pulvérisateur à l’avant et d’une épandeuse de plastique à l’arrière. Cette technique permet de désinfecter le sol et de limiter l’évaporation et, par le fait même, la consommation d’eau et de produits chimiques, car la pellicule limite l’évaporation. De même, grâce à ses propriétés réfléchissantes, la pellicule accélère la croissance des plantes tout en repoussant les insectes.

Le produit a attiré l’attention de Bayer, le géant allemand de la recherche, à qui l’on doit notamment des produits comme l’aspirine et Alka-Seltzer. Bayer a alors demandé à Imaflex de l’aider à concevoir une pellicule plastique que l’on pourrait enduire de produits chimiques, les mêmes que pulvérisent les producteurs. L’idée : éliminer l’étape de la pulvérisation, une pratique nuisible à l’environnement et source de gaspillage.

« En collaboration avec Bayer, nous avons créé un système basé sur un procédé appelé la co-extrusion. C’est assez technique; retenons seulement que l’entreprise pense obtenir les mêmes résultats qu’avec la pellicule multicouche », souligne Joe.

Offerte par Imaflex

Offerte par Imaflex

« Cela nous a pris quelques années avant d’y arriver. Ensuite, nous avons présenté notre nouvelle technologie à Bayer, qui a accepté de partager les brevets à parts égales avec nous », explique Joe.

Pour libérer les produits chimiques, le catalyseur, c’est l’eau. Quand la vapeur monte et atteint la pellicule, les produits pénètrent dans le sol.

Après quelques années d’essais en vue d’obtenir l’homologation de l’EPA et de passer à la mise en marché, Imaflex apprend que Bayer veut laisser aller sa part du brevet. L’entreprise montréalaise la rachète donc en 2014, avec les droits et actifs connexes.

Voilà le premier pas de Joe vers la conquête du monde.

Nous voici donc devant Imaflex, une entreprise de 200 employés – 3 à ses débuts –, détenant les brevets sur des technologies qui pourraient révolutionner un secteur évalué à 9 milliards de dollars. Et sans concurrence sérieuse.

« Je suis convaincu que nous allons gagner la plus grande part du marché – qui représente les 3,2 milliards de livres de pellicule de polyéthylène utilisées dans le monde –, et ce, pour deux raisons : tout d’abord, nous estimons qu’un producteur qui utilise notre pellicule épargnera entre 200 et 800 dollars l’acre, selon le type de culture. C’est considérable, surtout pour les grandes exploitations », explique Joe. Deuxièmement, notre produit est extrêmement écologique : il empêche la dispersion et l’évaporation de produits chimiques dangereux qui peuvent s’accumuler au fil des ans et atteindre la nappe phréatique. Enfin, après utilisation, la pellicule peut être facilement récupérée et recyclée. »

Exportation et développement Canada (EDC) a appuyé la croissance d’Imaflex; d’abord en assurant ses comptes clients, puis en lui accordant un prêt de 3 millions de dollars en 2014. Cet argent a principalement servi à compenser l’investissement de l’entreprise pour la mise en marché de ses pellicules agricoles de pointe.

« Imaflex est une entreprise au potentiel incroyable, avec un mandat d’exportation clair, et qui s’est taillé une réputation enviable grâce à la recherche et au développement », affirme Frank Trentadue, directeur de compte d’Imaflex. « Nous la soutenons financièrement pour l’aider à atteindre de nouveaux sommets, ou comme le dit Joe, à “conquérir le monde”. Ses produits sont uniques, et soyez assurés que Joe est du genre à saisir les occasions d’exportation qui se présenteront immanquablement sur les marchés étrangers. C’est vraiment un bel exemple de l’ingéniosité canadienne s’illustrant sur la scène internationale. »

Catégories Agroalimentaire

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