L’industrie automobile canadienne : une tradition d’exportation

L’industrie automobile canadienne : une tradition d’exportation

Avec des exportations totalisant 400 milliards de dollars, le Canada est le 11e pays exportateur en importance. 

En ce 150e anniversaire du Canada, retraçons l’évolution d’un de ses atouts les plus importants : l’industrie automobile. Marquée par l’industrialisation, les conflits internationaux et les accords politiques, la riche histoire de notre industrie automobile reflète la créativité, l’ingéniosité et la résilience des Canadiens. Aujourd’hui, ce secteur compte pour 16,5 % de nos exportations.

Les débuts

Walter Redpath, fondateur de la Redpath Motor Vehicle Company, quitte la ferme familiale à la fin des années 1800. C’est à lui qu’on attribue l’invention de la première voiture canadienne, la Redpath Messenger, en 1903.

Propulsée par un moteur à un cylindre et une boîte à deux vitesses, pouvant atteindre 16 km/h, c’est la toute première voiture dotée d’un volant inclinable. Elle se vend 650 $.

Au Canada, la production de véhicules en série débute en 1904, à Walkerville, en Ontario (près de Windsor); le bras canadien de Ford y fabrique le Modèle C, la première automobile construite au pays.

Construisant deux voitures à la fois, l’usine produit 117 véhicules la première année; sa première expédition destinée à l’exportation prendra la route de Calcutta, en Inde.

Les voitures canadiennes, dignes de la famille royale

En 1907, un fabricant de calèches – la McLaughlin Carriage Company, fondée en 1869 au nord-est d’Oshawa, en Ontario – conclut une alliance avec Buick et crée ses propres voitures à partir des pièces et des moteurs de celle-ci. En 1914, elle avait produit près de 1 100 voitures. L’entreprise, aujourd’hui General Motors Canada, donne officiellement le nom McLaughlin-Buick à son modèle canadien en 1923.

En 1936, le prince de Galles achète une McLaughlin-Buick, et deux McLaughlin-Buick Phaetons sont construites pour la visite royale de 1939 (l’une d’elles transportera d’ailleurs le prince Charles et la princesse Diana lors de leur visite en 1986).

Exportées partout au Commonwealth, ces voitures seront produites à l’usine General Motors d’Oshawa jusqu’en 1942.

Ralentissement de l’industrie

Alimentée par la demande de la Première Guerre mondiale, l’industrie automobile canadienne est la deuxième en importance au monde à la fin des années 1920. Mais durant la grande dépression, les exportations chutent de 102 000 véhicules en 1929 à 13 000 en 1932. La plupart des constructeurs indépendants canadiens disparaissent, et Ford, General Motors et Chrysler dominent le marché.

Après la Seconde Guerre mondiale et une participation à l’effort de guerre, l’industrie canadienne se recentre et reprend du poil de la bête grâce à la forte demande des consommateurs, à la croissance démographique et à l’exode vers les banlieues.

À la fin des années 1960, le secteur, qui ne jouit plus de la préférence impériale, ne parvient plus à soutenir la demande nationale et stagne tandis que son inefficacité entraîne un important déficit commercial avec les États-Unis.

Signature d’un accord

Aussi connu sous le nom de Pacte de l’automobile, l’Accord canado-américain sur les produits de l’industrie automobile élimine les droits sur les automobiles, camions, autocars, pneus et pièces entre le Canada et les États-Unis, ce qui s’avère très profitable pour les trois Grands du secteur. En échange, ces derniers acceptent de ne pas laisser la production canadienne descendre sous le niveau de 1964 et de veiller à ce que le ratio de production-ventes corresponde à celui des États-Unis.

L’Accord est des plus avantageux pour les constructeurs automobiles du pays : auparavant, seulement 7,6 % des véhicules produits au Canada étaient exportés aux États-Unis, mais en 1968, ce chiffre grimpe à 60 %, et la production de pièces et de voitures supplante rapidement les pâtes et papiers comme secteur central du pays.

Éventuellement remplacé par l’Accord de libre-échange nord-américain (ALENA), le Pacte de l’automobile est résilié en 2001, car jugé contraire aux règles internationales par l’Organisation mondiale du commerce.

Quand le prix de l’essence bondit, les voitures rapetissent

En 1973, dans le cadre d’une stratégie politique, l’Organisation des pays arabes exportateurs de pétrole (OPAEP) décrète un embargo sur le pétrole contre les États-Unis, les Pays-Bas, le Japon et le Canada.

Le prix du pétrole quadruple, et la crise touche tout l’Occident, minant gravement nos exportations malgré les grandes réserves pétrolières de l’Alberta.

Tandis que les constructeurs nationaux peinent à atteindre leurs cibles au fil des différentes crises du pétrole, l’industrie japonaise s’implante en Amérique du Nord. En 1965, les entreprises nippones comme Toyota et Isuzu ne représentent que 0,3 % du marché canadien; toutefois, leurs petits modèles moins voraces gagnent en popularité, et ce chiffre grimpe à 8,5 % en 1975, puis à 16,4 % en 1985.

En juin 1986, Honda ouvre une usine à la fine pointe de la technologie à Alliston, en Ontario, et devient la première entreprise japonaise à construire des véhicules destinés à l’exportation au Canada. En 2010, Honda est le quatrième constructeur automobile en importance au pays.

Resserrement du crédit

Pendant les années 1990, le marché relativement solide des États-Unis contribue à faire croître la production au Canada. Celle-ci passe de 1,8 million de véhicules en 1990 à 3,1 millions en 1999, le plus haut sommet jamais atteint. La tendance à la baisse des années 2000 aboutit en 2008 : le ralentissement économique mondial est très difficile pour le secteur automobile, forçant la restructuration de GM et de Chrysler, qui se placent sous la protection de la loi sur les faillites. La production dégringole à 1,5 million d’unités en 2009.

Tout ce qui descend finit par remonter

Depuis la fin de la récession, la demande est en hausse, et la part de production canadienne en Amérique du Nord continue d’augmenter. Le Canada est actuellement le quatrième pays exportateur et le neuvième producteur d’automobiles au monde, avec 2,1 millions de voitures construites chaque année.

Le commerce avec les États-Unis est de loin le moteur le plus puissant du secteur automobile. Exportation et développement Canada a préparé une série d’infographies sur l’évolution de la relation de longue date entre les deux pays, en cette ère de chaîne d’approvisionnement mondiale intégrée.

Composée principalement d’usines de montage d’entreprises étrangères, l’industrie automobile est vitale pour l’économie canadienne et soutient 550 000 emplois partout au pays.

Catégories Exportation

Comments are closed.

Affichages connexes