Innover mène l’entreprise montréalaise Ovivo à l’avant-garde des exportations mondiales de solutions de traitement de l’eau

Innover mène l’entreprise montréalaise Ovivo à l’avant-garde des exportations mondiales de solutions de traitement de l’eau

C’est le décompte des 10 meilleures histoires d’ExportWise en 2016. Cette histoire, publiée le 1 novembre, a mérité la place numéro 4 sur notre liste.

L’eau.

Notre ressource la plus précieuse et la plus limitée.

Recouvrant 71 % de la surface de la Terre, elle est essentielle à toute forme de vie.

On en trouve 96 % dans les mers et les océans, 1,7 % sous le sol, 1,7 % dans les glaciers et les calottes glaciaires de l’Antarctique et du Groenland, et un faible pourcentage dans de grandes étendues d’eau et dans l’air sous forme de vapeur ou de nuages.

De tout ce volume, on trouve seulement 2,5 % d’eau douce, surtout emprisonnée dans la glace ou en dessous du sol.

Moins de 0,3 % de l’eau douce coule dans nos lacs et nos rivières.

Vu ses répercussions sociétales, la crise de l’eau constitue le plus grand risque mondial.

L’eau, unificatrice

Chaque micropuce dans nos téléphones cellulaires, tablettes et ordinateurs demande environ 30 litres d’eau. La taille des puces d’aujourd’hui est si microscopique que de minuscules contaminants dans l’eau servant à leur production pourraient détruire leurs circuits.

Les entreprises de technologie investissent beaucoup en innovation pour purifier l’eau au maximum et réduire leur consommation. L’entreprise montréalaise Ovivo est à l’avant-garde dans les secteurs industriel et municipal.

H2Ovivo

Présente dans 15 pays et 5 continents, Ovivo a une renommée et une influence mondiales en gestion des eaux. « Notre expertise repose sur notre intégration de systèmes et de produits exclusifs », soutient Pierre-Marc Sarrazin, vice-président, Finances et trésorerie. « Nous sous-traitons la fabrication à plusieurs fournisseurs afin d’optimiser la qualité des matériaux. Nous estimons tirer un avantage concurrentiel de cette flexibilité, qui nous permet de miser sur notre savoir-faire et nos technologies à valeur ajoutée. »

Comme plus de 95 % de ses ventes viennent d’ailleurs qu’au Canada, exporter est vital pour Ovivo. « Nous vivons de cette envergure mondiale et nous l’utilisons pour nous distinguer de la plupart de nos concurrents », ajoute M. Sarrazin.

Initialement appelée le Groupe Laperrière & Verreault (GL&V) au milieu des années 1970, Ovivo se spécialisait dans les pâtes et papiers. Plus tard, l’entreprise a diversifié ses activités et est devenue un leader mondial des technologies de séparation des liquides-solides appliquées aux pâtes et papiers, au traitement des minerais et au traitement des eaux. Voyant l’immense potentiel de croissance de ce dernier secteur, elle a acquis stratégiquement des sociétés aux États‑Unis et en Europe pendant les années 2000, puis a vendu sa division des mines en 2007 et celle des pâtes et papiers en 2014, devenant alors Ovivo.

Trois principaux champs d’activité

Bien que le secteur de l’eau soit vaste et tentaculaire, Ovivo se concentre sur trois grands sous-secteurs :

1. Traitement des eaux municipales : L’urbanisation, l’intensification de la réglementation et le vieillissement rapide des infrastructures exercent une pression sur la plupart des grandes villes et sur des dizaines de milliers d’installations de traitement nord-américaines. Ovivo est bien établie sur le marché. Fortement représentée aux États-Unis où la récupération des ressources devient prioritaire, elle a élaboré le projet de grand bioréacteur à membrane de la ville de Canton, en Ohio, qui possède le plus grand bioréacteur du genre au pays.

L’innovation est la clé du succès d’Ovivo dans ce secteur, comme le démontre son accord de licence avec Paques B.V. pour sa technologie ANAMMOX visant le marché nord-américain des municipalités. Essentiellement, cette technologie retire l’ammoniac des eaux usées, réduisant considérablement les exigences d’énergie pour l’aération et éliminant entièrement les besoins de carbone organique supplémentaire. Elle réduit donc notablement les coûts d’exploitation des installations.

2. Microélectronique : Comme la plupart des entreprises, les centres de données et les installations de fabrication de semiconducteurs utilisent de l’eau à des fins générales (plomberie, production, refroidissement, etc.). Cependant, elles consomment surtout de l’eau ultra-pure pour produire des micropuces.

Les puces et leurs voies d’accès sont construites par couches et, entre chaque étape de fabrication, doivent être débarrassées de tout solvant ou débris. Les voies d’accès des micropuces modernes sont maintenant si fines qu’il faut un microscope électronique pour les voir : sur un semiconducteur, la moindre particule est une montagne.

« Nos systèmes produisent l’eau la plus pure du secteur, ajoute M. Sarrazin, comme en témoigne notre présence à titre d’unique entreprise de traitement des eaux au sein du prestigieux Facilities 450mm Consortium, partenariat sans précédent servant à orienter les efforts mondiaux de conception et de construction d’installations de fabrication de la nouvelle génération de puces d’ordinateur de 450 mm. »

3. Énergie : La production d’énergie nécessite d’énormes volumes d’eau : refroidir les condenseurs, alimenter les chaudières, retirer les polluants – les besoins sont substantiels. Ovivo est la seule entreprise du secteur à combiner les technologies de l’eau pure et de l’eau de refroidissement; elle peut ainsi offrir des solutions complètes et rentables, incluant un service de pièces et de soutien.

La gestion des eaux et la production, le traitement et l’utilisation de l’eau sont inexorablement liés à la production de produits pétrochimiques et d’hydrocarbures. Ovivo utilise un éventail de technologies pour concevoir et appliquer des solutions novatrices et relever les défis du traitement des eaux et des eaux usées des deux secteurs, ce qui comprend des solutions primaires, secondaires et tertiaires pour les installations infracôtières ou extracôtières, fixes ou flottantes.

Approche du cycle de vie complet

Ovivo repose sur un modèle opérationnel solide : elle peut aider ses clients à tous les stades du cycle de vie. Non seulement elle propose de nouveaux équipements pour toutes les étapes d’un projet, de la conception jusqu’à la mise en service, mais l’entreprise boucle aussi la boucle en assurant un service de pièces et de soutien sur toute la durée de vie de l’équipement.

« Il y a quatre ans, nous avons choisi de miser précisément sur le marché secondaire dans tous nos champs d’activité, révèle M. Sarrazin. Les résultats sont très impressionnants, car nous tirons parti de nos relations avec les clients, de nos marques bien établies et de notre grande présence dans le monde. »

De nouveaux propriétaires, une nouvelle priorité

En septembre 2016, Ovivo a été achetée par un consortium germano-canadien : SKion Water International GmbH (SKion) et la Caisse de dépôt et placement du Québec (la Caisse). Détenant 70 % des parts, SKion sera l’actionnaire majoritaire, tandis que la Caisse fait passer sa participation de 18,7 % à 30 %. SKion appartient à l’entrepreneuse allemande Susanne Klatten, également actionnaire majoritaire de BMW.

« Nous devons suivre les cycles du secteur de l’eau et investir dans des projets de croissance à long terme pour mieux nous positionner comme société fermée dont les propriétaires font des investissements réfléchis et prévoyants. C’est ce que nous apportent SKion et la Caisse. »

Catégories Exportation

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