InteraXon, ou quand le plus gros libraire du Canada devient votre premier acheteur pour la vente au détail

InteraXon, ou quand le plus gros libraire du Canada devient votre premier acheteur pour la vente au détail

InteraXon veut aider les gens à pénétrer au plus profond de leur esprit pour ainsi bonifier leur qualité de vie. Cette entreprise technologique, qui a vu le jour il y a sept ans et a lancé son premier produit commercial en 2014, a su trouver un premier client prometteur : Chapters Indigo.

Difficile de s’imaginer Chapters comme distributeur de Muse, un serre-tête qui analyse les ondes cérébrales afin de déterminer si la méditation est optimale. Or, lorsque Heather Reisman, chef de la direction de Chapters, a eu connaissance de cette technologie, elle n’a pas hésité à la mettre en vente dans la section technologique de dix de ses magasins et à investir dans InteraXon.

Aujourd’hui, ce serre-tête est aussi offert par Best Buy et les géants américains de la vente au détail Gaiam et Amazon.

Muse combine l’électroencéphalogramme (EEG) et l’analyse cérébrale pour offrir une expérience simple et intuitive.

« Nous avons pris une technologie de laboratoire pour la mettre à la portée des consommateurs », explique Derek Luke, chef de la direction d’InteraXon. « L’EEG a des usages multiples comme le diagnostic des traumatismes crâniens et le traitement du TDAH. En fonction des résultats de nos études sur la segmentation du marché, nous avons axé notre produit précisément sur la méditation. »

Aujourd’hui pratiquée un peu partout en Amérique du Nord, la méditation sert aussi à des fins cliniques, et Muse a été utilisé par des établissements comme la clinique Mayo, l’université Harvard, le MIT et le Spaulding Rehabilitation Hospital. Plus d’un millier d’études ont démontré les effets bénéfiques de la méditation : réduction du stress et de l’anxiété, plus grande conscience de soi et meilleure capacité d’introspection, amélioration du sommeil et de la santé physique, etc.

Pour InteraXon, le produit ne vise pas à remplacer la méditation traditionnelle, mais à la rendre plus accessible.

« Le produit se vend bien, en magasin et en ligne, note M. Luke. De plus en plus, les psychologues et les psychiatres l’intègrent à leurs programmes. »

L’entreprise a aussi vendu son produit à des équipes des ligues majeures, mais n’est pas autorisée à en divulguer les noms.

Et l’avenir? InteraXon a conclu avec une multinationale une entente concernant un appareil qui pourra déterminer si, lors d’une activité requérant de la vigilance, comme la conduite, l’utilisateur est concentré.

« Cette multinationale ne s’intéresse pas à la méditation; elle veut plutôt utiliser notre technologie pour analyser les conducteurs, les opérateurs de machinerie industrielle et les pilotes », explique M. Luke.

Depuis le début, l’exportation est inscrite dans l’ADN de cette entreprise torontoise d’une cinquantaine d’employés.

« Nous avons toujours visé à ce qu’InteraXon devienne une entreprise de plusieurs milliards de dollars, affirme M. Luke. Une telle croissance ne peut se faire qu’à l’échelle mondiale. C’est clair depuis le début. »

Plus de 70 % des produits Muse sont exportés, principalement aux États-Unis, avec un autre 15 % en Allemagne et en Scandinavie. Un atout pour InteraXon : elle compte sur d’illustres investisseurs comme la firme de capital-risque Horizon Ventures, propriété de sir Ka-shing Li, Austin Hearst, fils de Randolph Hearst et le gourou des affaires Jeff Walker.

Ces investisseurs sont de l’aventure depuis les débuts, lorsque l’entreprise offrait des expériences de « contrôle par la pensée » d’un robinet à bière ou d’une chaise lévitante.

« Le marché pour ce genre d’expériences était limité, concède M. Luke. Cependant, les revenus de l’événement des Jeux olympiques de Vancouver, où 5 000 personnes ont pu commander les lumières de la tour CN, des édifices du Parlement du Canada et des chutes du Niagara, nous ont permis de nous faire connaître et d’attirer du capital-risque pour lancer le produit actuel. C’est Horizon Ventures, le fonds de Ka-Shing Li établi à Hong Kong, qui a mené le bal, ce qui n’a fait que renforcer l’idée qu’il s’agissait d’un marché mondial. »

Pour passer à l’étape B du financement, en avril 2014, l’entreprise devait prouver qu’elle avait su pénétrer les marchés durant la précédente période des fêtes.

« Nous y sommes parvenus, principalement grâce au marché intérieur, avec Best Buy, mais aussi aux marchés étrangers, avec l’américaine Gaiam, explique M. Luke. Maintenant, nous exportons partout grâce à notre site Web, mais nous commençons à recevoir des commandes importantes de distributeurs européens, japonais et sud-américains. Nous passons du marché de la méditation à celui de la santé, et nous comblons un besoin mondial. »

Grâce à l’exportation, l’entreprise sait qu’il y a une demande réelle pour les services et les produits canadiens.

« Le Canada est un chef de file mondial dans ce secteur qui, si on investit judicieusement, pourrait être aussi important sur le plan économique que celui du pétrole et du gaz naturel, affirme M. Luke. Nos universités concurrencent les meilleures au monde. Nous avons collaboré avec l’Université de Toronto, l’Université McMaster et l’Université de Victoria, entre autres, pour montrer que notre produit avait des applications diversifiées et pouvait être synonyme de brevets, de revenus et d’emplois au Canada. »

Le meilleur conseil de M. Luke aux exportateurs? Bien connaître les ressources d’organismes comme EDC et Affaires mondiales Canada. « C’est absolument essentiel. Il faut aussi voir loin et avoir confiance dans sa capacité à se tailler une place sur le marché mondial. »

Obtenez d’autres conseils de Derek Luke sur l’exportation ici.

Catégories Technologies et télécommunications

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