La Colombie‑Britannique : l’économie la plus diversifiée du Canada

La Colombie‑Britannique : l’économie la plus diversifiée du Canada

Saviez-vous que, dans toute l’Amérique du Nord, c’est de Vancouver que s’envole le plus grand nombre d’avions à destination de l’Asie?

En effet, dans le contexte de l’économie canadienne, la Colombie‑Britannique fait figure d’exception. À l’heure actuelle, 44 % de ses exportations partent vers l’Asie; c’est, de loin, le chiffre le plus élevé de toutes les provinces. (Dans ce domaine, la seconde place revient à la Saskatchewan, qui exporte seulement 20 % de sa production vers le continent asiatique.)

Greg D’Avignon, Président et chef de la direction, BCBC

Greg D’Avignon, Président et chef de la direction, BCBC

Comment cela se fait-il? C’est une question de perspective et de chance, affirme Greg d’Avignon, président-‑directeur général du Business Council of British Columbia (le Conseil des entreprises de la Colombie-Britannique, ou BCBC), un organisme menant des recherches sur les politiques publiques et offrant des conseils pour accroître la compétitivité de la province.

L’existence de liens naturels et historiques entre la C.‑B. et l’Asie ne fait aucun doute. Une importante diaspora asiatique vit dans la province, et avec plus de 40 % d’habitants d’ascendance chinoise, Vancouver peut revendiquer le titre de ville la plus diversifiée d’Amérique du Nord.

Cependant, nombre d’autres raisons, comme la baisse du dollar canadien, la reprise économique aux États‑Unis et la confiance renouvelée des consommateurs, expliquent pourquoi, à l’heure actuelle, la croissance de la C.‑B. est nettement supérieure à celle de l’économie canadienne.

Certes, durant ces trois dernières années, le secteur de l’énergie a fait des progrès, notamment en ce qui concerne le gaz naturel liquéfié (GNL). Avec la perspective de projets représentant plus de 300 milliards de dollars, le GNL n’est que le commencement, ajoute-t-il. « Ce n’est peut-être pas l’avenir de la C.‑B., mais c’est sans aucun doute une ressource qui va dorénavant jouer un grand rôle, » explique Craig D’Avignon.

Le fait est que, d’ici vingt ans, on estime que plus de la moitié de la demande énergétique mondiale proviendra d’Asie. « Le gaz naturel est un combustible de transition, offrant d’innombrables possibilités de regroupement pour les chaînes d’approvisionnement mondiales, » souligne-t-il. « Mais le facteur “temps” est important et nous ne voulons pas laisser passer l’occasion. »

Au-delà des ressources naturelles

« Si l’on regarde au-delà de l’industrie forestière et du secteur de l’énergie, la C.-B. recèle d’autres précieuses ressources qui commencent à attirer l’attention sur le plan international, » remarque Craig D’Avignon. « À commencer par nos compétences locales. »

« Il y a vingt ans, on a assisté à un énorme effort d’automatisation dans l’industrie forestière britanno-colombienne, principalement pour réduire les coûts. Mais par la suite, ces services à valeur ajoutée ont commencé à s’exporter dans le monde, et “l’expertise” canadienne est alors devenue partie prenante dans le jeu de l’exportation. »

« Cependant, nous pourrions mieux faire, notamment en apportant des idées innovantes pour résoudre les problèmes dans différents secteurs d’activité et en partageant notre savoir‑faire pour gagner en efficacité, surtout dans le domaine de l’énergie, » explique Craig D’Avignon. « L’exploitation de l’énergie électrique représente à elle seule une vaste fusion de technologies. Tout cela fait qu’il y a une multitude d’opportunités en aval de la chaîne d’approvisionnement, et c’est dorénavant là-dessus que nous devons miser. »

Par ailleurs, des réseaux d’expertise sont en train de se créer dans la province, dans des domaines tels que les technologies propres, les biotechnologies et les sciences de la vie. À Vancouver par exemple, le Genome Sciences Center mène des recherches de pointe et attire de nombreux talents mondiaux, créant ainsi un réseau de connaissances au plein cœur de la ville.

De plus, le secteur aéronautique de la C.-B. est reconnu dans le monde entier pour ses produits et services hautement spécialisés. Proche de Seattle et de ses ateliers de montage final et lignes de production, la C.‑B. est devenue un pôle d’attraction majeur pour l’industrie aérospatiale canadienne, à laquelle elle offre un accès privilégié à la région Asie-Pacifique, qui devrait connaître une importante augmentation de la demande d’avions et de la circulation aérienne dans les années à venir.

« Par conséquent, le secret », souligne Craig D’Avignon, « réside dans le commerce des services. Bien que les matières premières et les produits manufacturés aient traditionnellement constitué le socle commercial de la province, les services gagnent du terrain. »

« Les services ne sont pas pris en compte dans les statistiques commerciales, ou du moins pas suffisamment, » remarque Craig d’Avignon. « Mais l’économie canadienne est en train de s’orienter rapidement vers la prestation de services ; tout simplement, les données confirmant cette orientation n’ont pas encore été recueillies. »

De fait, depuis ces dix dernières années, les services concernent trois des domaines d’exportation canadiens les plus dynamiques : la finance et les assurances, la gestion et les technologies de l’information. De plus en plus, c’est de là que viendra la croissance économique de la C.‑B , et c’est là que seront les métiers d’avenir.

Prenons en considération la rapide croissance de la classe moyenne en Asie aujourd’hui ; d’ici 2030, on estime que la classe moyenne représentera, au niveau mondial, près de cinq milliards d’individus, et le gros de la croissance économique viendra d’Asie. Cette nouvelle classe de consommateurs, qui disposera de revenus plus élevés, exigera des biens de meilleure qualité, tels que des produits agro-alimentaires et des services éducatifs, pour ne nommer que ceux-là. « Compte-tenu de la réputation du Canada quant à la qualité et la sécurité, il y a de nombreuses opportunités pour la C.‑B. », estime Craig D’Avignon.

« En fin de compte, c’est une province qui a beaucoup à offrir, » conclut Craig D’Avignon. « Nous vivons en C.-B., mais nous faisons des affaires dans le monde entier. »

Le but de BCBC, qui a 250 ans d’existence, est de mener des recherches sur les politiques publiques et fournir des conseils permettant d’accroître la compétitivité de la C.‑B. pour, à terme, aider à créer des emplois. Le BCBC rassemble les principaux employeurs de la province de tous les grands secteurs d’activité économique. Ensemble, ses membres génèrent environ un quart de tous les emplois en C.‑B.

Le 9 avril 2015, Benoît Daignault, président‑directeur général d’Export Développement Canada (EDC) s’exprimera sur l’importance de la diversification du commerce.

Catégories Aperçus économiques

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