L’Australie, un marché porteur

L’Australie, un marché porteur

L’Australie peut se targuer d’afficher une croissance positive depuis 21 années consécutives.

Bien que géographiquement aux antipodes du Canada, l’Australie ressemble beaucoup à son cousin nordique. Il y a de nombreuses raisons pour lesquelles les exportateurs canadiens devraient se tourner vers ce marché pour élargir leurs débouchés.

D’abord, les deux pays partagent une langue et des institutions communes, héritage d’un même patrimoine britannique. Ils possèdent de grands espaces, une faible densité de population et des températures extrêmes. Chacun profite d’un niveau de vie élevé et d’une population très instruite, offrant ainsi un large éventail de talents et d’idées novatrices.

De la guerre des Boers à la récente campagne d’Afghanistan, ils ont toujours été des alliés militaires et diplomatiques. Cet esprit de coopération se manifeste aujourd’hui dans des échanges culturels et universitaires et des accords consulaires. Côté commerce, le Canada et l’Australie ont tous deux des secteurs d’exportation de produits de base riches et diversifiés.

L’utilisation d’une langue commune et de pratiques commerciales semblables est un avantage indéniable pour les entreprises canadiennes qui veulent faire des affaires dans cette région. De plus, les échanges bilatéraux entre les deux pays ne présentent presque aucun défi juridique (sauf en ce qui concerne les produits agricoles, qui ne comptent que pour 1,4 % de ces échanges).

Ensuite, l’Australie possède une économie solide qui résiste très bien aux fluctuations économiques mondiales.

C’est le seul pays de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) qui peut se targuer d’afficher une croissance positive depuis 21 années consécutives. Cet exploit découle de ses politiques économiques saines, du prix élevé des produits de base et de la proximité de l’Asie, continent en plein essor.

Résultat des exportations (indice 2000 = 100)

Résultat des exportations

En 2003, le rythme des exportations de l’Australie a dépassé celui du Canada grâce aux liens commerciaux que ce pays entretient avec l’Asie.

Asie, ouvre-toi!

Voilà une autre bonne raison de se tourner vers l’Australie, porte d’accès grande ouverte aux marchés asiatiques. L’économie australienne est étroitement liée à celle de l’Asie, région qui connaît la croissance économique la plus rapide au monde. Le succès de l’Australie s’explique en grande partie par cette proximité.

Mais il n’en a pas toujours été ainsi. Depuis la fondation du pays vers la fin du 18e siècle, le commerce extérieur de l’Australie reposait principalement sur des échanges bilatéraux avec le Royaume-Uni. Ce n’est qu’au milieu des années 1970, quand le Royaume-Uni poursuivait son intégration à la Communauté économique européenne (CEE), que l’Australie a commencé à se tourner vers le Japon et l’Asie.

Aujourd’hui, la Chine est le principal partenaire commercial de l’Australie, et l’Asie, son principal marché. Les entreprises australiennes ont acquis, dans la région de l’Asie-Pacifique, une vaste expérience et une solide réputation dont les sociétés canadiennes pourraient tirer parti en s’associant ou en s’intégrant aux chaînes d’approvisionnement.

Le Canada et l’Australie sont tous deux membres fondateurs du Forum de coopération économique Asie-Pacifique (APEC) et participent, avec neuf autres pays, aux négociations en vue d’un accord de libre-échange avec les membres du Partenariat transpacifique (PTP).

Ces initiatives régionales visent à favoriser le commerce et les investissements et à éliminer les obstacles aux échanges entre les participants. Le PTP permettra notamment au Canada d’accéder plus facilement au marché de l’Asie-Pacifique; c’est pourquoi un partenariat avec une entreprise australienne de confiance serait une stratégie gagnante.

Enfin, la raison la plus évidente de choisir l’Australie est probablement la structure de son économie : le secteur des produits de base, en raison de l’abondance de ressources naturelles, en domine la composition.

Selon les plus récents chiffres du ministère des Affaires étrangères australien, les trois plus importantes catégories d’exportation en 2012 étaient les métaux et minerais (près du tiers des exportations totales), l’énergie (principalement le charbon, mais aussi le gaz naturel et le pétrole brut à plus de 25 %), et l’or (6 %).

Ces secteurs sont une mine d’or pour les exportateurs de services ou d’équipement liés aux industries extractives, un domaine d’expertise du Canada.

« Afin de créer de nouveaux débouchés pour les entreprises canadiennes dans le secteur des hydrocarbures, EDC a établi des relations de financement avec des parrains de projets australiens dans le secteur du gaz naturel liquéfié (GNL), notamment Santos, Origin Energy (projet APLNG) et British Gas (projet QGC) », explique Rob Simmons, représentant en chef d’EDC pour l’Asie.

« EDC soutient aussi activement les investissements canadiens consacrés à la création et au développement d’infrastructures portuaires, ferroviaires et sociales en Australie. »

Les perspectives sont également prometteuses du côté de la machinerie agricole. En effet, l’Asie compte notamment sur l’Australie pour répondre à ses besoins croissants d’approvisionnement en aliments de qualité.

D’autres entreprises canadiennes exploitant des secteurs non traditionnels pourraient profiter d’excellentes perspectives de croissance en Australie. Par exemple, les éco-entreprises spécialisées dans l’extraction, le traitement de l’eau et les énergies de remplacement pourraient y exporter leur expertise.

De même, les sociétés-conseils versées dans la responsabilité sociale des entreprises exploitant des ressources mondiales pourraient trouver des débouchés auprès de sociétés d’extraction australiennes.

Claudia Verno est économiste principale à EDC, spécialisée en analyses et prévisions nationales, sectorielles et macro-économiques.

L’influence de la géographie sur le commerce

Tout comme en Australie, la structure des échanges du Canada est fortement influencée par la géographie. Si l’on compare la Colombie-Britannique et l’Ontario en matière de performance à l’exportation ces dix dernières années, l’on constate que l’orientation vers les marchés a été un facteur déterminant – malgré les différences entre spécialisations industrielles. Par exemple, l’Ontario exporte plus intensément des biens d’équipement et de véhicules automobiles, tandis que la Colombie-Britannique se spécialise dans les secteurs de la foresterie, de l’énergie et des métaux.

De 2003 à 2012, les exportations ontariennes ont reculé de près de 3 %, alors que celles de la Colombie-Britannique ont augmenté de quelque 12 %.

L’essor des cours des produits de base a sans doute favorisé la Colombie-Britannique, fortement axée sur les ressources, tandis que la baisse de la croissance économique américaine a eu un effet défavorable sur l’Ontario, fortement centré sur les biens d’équipement. Toutefois, le marché de l’habitation aux États-Unis, qui génère une forte demande des produits forestiers de la Colombie-Britannique, s’est effondré à l’éclatement de la bulle du logement dans ce pays.

En supposant que ces deux incidences ont posé des problèmes similaires aux échanges de ces provinces, la différence marquée entre leurs performances provinciales à l’exportation tient au fait que la Colombie-Britannique se tourne de plus en plus vers l’Asie.

En effet, environ 40 % des exportations de la Colombie-Britannique en 2012 étaient destinées en Asie, contre 21 % en 2003. Par comparaison, la part ontarienne des exportations vers l’Asie n’a guère augmenté pendant la même période. De même, la part provinciale des exportations aux États-Unis et en Europe est passée de 70 % à moins de 50 % pour la Colombie-Britannique, mais est demeurée relativement stable à 88 % pour l’Ontario.

Conclusion? L’exposition aux économies de l’Asie a procuré un net avantage.

Taux de change effectif réel* : Australie et Canada

Taux de change effectif réel : Australie et Canada

La valeur du dollar australien est effectivement plus élevée que celle du huard, surtout parce que l’Australie exporte plus intensément des produits de base que le Canada et que ses partenaires commerciaux en Asie ont des taux de change fixes ou quasi fixes.

* Les taux de change effectifs réels d’un pays sont calculés en fonction des devises de ses principaux partenaires commerciaux.

Catégories Asie-Pacifique, Mines et énergies

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