L’entreprise Logiciels Radio IP de Longueuil : « Le plus gros défi est de se faire confiance»

L’entreprise Logiciels Radio IP de Longueuil : « Le plus gros défi est de se faire confiance»

Lorsqu’il est question de chiffrer et transmettre leurs données sensibles, c’est à l’entreprise québécoise Logiciels Radio IP que les services d’urgence tels que le service des incendies de Victoria en Australie, la police de San Francisco et la Police royale malaisienne s’en remettent. « Nous sommes déployés dans une dizaine de pays à travers le monde au sein d’agences de sécurité multiples » explique Roch Tremblay, directeur général de Logiciels Radio IP.

L’entreprise basée à Longueuil a été fondée en 1998 par quatre diplômés de l’Université de Sherbrooke. En travaillant sur un projet qui n’avait alors rien à voir avec la sécurité publique, ils ont développé un produit qui permettait de chiffrer et de transmettre des données sur des fréquences radio. « Les discussions avec la Direction générale des réseaux de télécommunications du Gouvernement du Québec nous ont rapidement démontré que notre produit pouvait s’avérer très utile pour une agence de sécurité comme la Sûreté du Québec. C’est d’ailleurs l’un des clients de Radio IP », raconte Roch Tremblay.

Cet intérêt pour le produit s’est manifesté chez d’autres corps policiers puisqu’en 2001, tout de suite après les attentats du 11 septembre, Radio IP a été approchée par la police de Chicago et Motorola. Le corps policier avait besoin de s’assurer que les données transmises entre son quartier général et les véhicules de police soient priorisées dans un tunnel sécurisé. Il s’agissait d’une première exportation pour l’entreprise québécoise.

Une clientèle composée d’agences gouvernementales

Encore aujourd’hui, la clientèle de Radio IP se compose à grande majorité d’agences de sécurité, comme les corps policiers, les services d’incendie ou les services de transport médicaux d’urgence. « Nos clients ont accès à des informations sensibles sur des personnes. Il est très important de préserver la confidentialité de ces informations, ce que nous faisons avec le chiffrement des données » explique Roch Tremblay.

Au Canada comme ailleurs, traiter avec des agences gouvernementales peut s’avérer un processus long et complexe. De plus, vu la nature des produits de Radio IP, qui offrent un chiffrement au niveau le plus élevé reconnu par le FBI, l’entreprise est soumise à plusieurs restrictions quant aux pays et entités avec qui elle fait affaire. Elle doit notamment aviser le gouvernement fédéral de toute transaction concernant son matériel de cybersécurité.

« La proximité entre les gouvernements canadiens et américains facilite grandement l’exportation vers ce marché », estime Roch Tremblay. C’est aussi l’un des premiers que l’entreprise a visé, compte tenu de sa taille, remportant notamment les comptes des polices d’État de Pennsylvanie et de Virginie, du Port de Los Angeles et du Sheriff de San Diego.

Des partenaires bien implantés

Au chapitre du développement d’affaires, l’établissement de partenariats avec des géants de l’industrie a été un élément clé du succès de Radio IP. « Le fait de pouvoir compter sur des forces de vente qui sont établies dans différents pays et en grand nombre a décuplé le potentiel de vente. Le fait que tous ces gens parlent de notre solution est assurément un avantage », explique Roch Tremblay.

La PME québécoise ne se limite pas pour autant aux efforts de vente de ses partenaires. S’il peut s’avérer complexe de rendre visite à certains clients éloignés, comme les quatre états australiens qu’elle compte à son actif, Radio IP sait tirer profit des expositions et des conférences que sa clientèle fréquente. Selon Roch Tremblay, une visite en personne s’impose tous les deux ans pour les clients de l’Asie-Pacifique. « C’est très bien vu. Ils comprennent que nous investissons temps et argent pour nous déplacer et les rencontrer, et ils le reconnaissent », explique-t-il.

Une première attaque de marché en solo

De plus, Radio IP a récemment participé à une mission commerciale de la délégation générale du Québec et du ministère de l’Économie, des Sciences et de l’Innovation au Mexique, un marché où elle voit un fort potentiel. « C’est la première vraie attaque de marché que nous effectuons seuls », explique Roch Tremblay.

Le Mexique entre dans une phase technologique très intéressante pour l’entreprise puisque son logiciel s’insère bien dans la vétusté des réseaux en place, tout en pouvant assurer une transition simple lorsqu’ils seront mis à jour. « Nous y retournerons en octobre, cette fois-ci avec l’ambassade canadienne, afin de resserrer les liens que nous avons développés dans les missions précédentes », ajoute Roch Tremblay.

Plus d’aperçus au sujet de l’exportation avec Roch Tremblay de Radio IP sont disponible ici.

Catégories Technologies et télécommunications

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