Blogue : Mission commerciale d’ACTI en Inde – le premier jour

Blogue : Mission commerciale d’ACTI en Inde – le premier jour

Faire des affaires en Inde : le baptême du feu pour la délégation commerciale canadienne

Mumbai – L’Inde a beau être l’une des cultures les plus chaleureuses au monde, quand il s’agit de parler affaires, l’hospitalité débordante peut rapidement céder la place à un interrogatoire serré.

C’est ce qu’a appris l’Association canadienne des technologies de l’information (ACTI) dès son arrivée, lors d’une mission commerciale de cinq jours en Inde. Dans le cadre de cette semaine de prospection, et avec le soutien du ministère des Affaires étrangères, du Commerce et du Développement (MAECD) et d’Export Développement Canada (EDC), neuf petites et moyennes entreprises canadiennes ont pu rencontrer un grand nombre de sociétés, parmi les plus importantes du pays, dans trois villes : Mumbai, Bangalor et Dheli.

Le coup d’envoi a été donné le 19 janvier dans le centre-ville de Mumbai, à l’hôtel Taj Vivanta, où le consul général Richard Bale et les représentants du MAECD, d’EDC et d’ACTI, ainsi que du bureau commercial de l’Ontario, ont partagé leur connaissance de la complexité du monde des affaires en Inde et des nouvelles opportunités commerciales offertes par ce marché.

Raj Narula, qui dirige une entreprise de technologie à Ottawa, est un expert des relations commerciales avec l’Inde; avec l’ITAC, il a élaboré l’itinéraire de la mission. Il nous confie que, lors de sa première incursion en Inde, au début des années 1990, l’apprentissage a été rude. Mais ce qu’il savoir, souligne Raj Narula, c’est que depuis, le climat commercial en Inde a beaucoup changé : avec de la détermination et l’appui de partenaires fiables sur le terrain, l’Inde regorge d’opportunités pour les entreprises canadiennes.

À l’extérieur de l’hôtel, les rues bondées et chaotiques de Mumbai bourdonnent d’activité commerciale, dans bruit incessant des klaxons, tandis que les Indiens aisés et ceux de la classe moyenne vaquent à leurs tâches quotidiennes, aux côtés de la multitude des pauvres, qui sont partout dans ce pays.

Offrir des biens et services abordables à une population indienne de 1,25 milliard de personnes ne constitue qu’une partie du plan de développement commercial national de l’Inde, qui devrait permettre au pays de poursuivre sa trajectoire de 5,5 à 8 % de croissance dans les années à venir. L’envergure de cette ambition revêt tout son sens alors que nous nous rendons chez le géant des télécommunications Reliance Jio, une filiale de Reliance Industries Limited, la plus grande société privée en Inde.

Après un trajet d’une heure à travers le tissu de banlieues, de routes et de bidonvilles de Mumbai, nous arrivons au vaste campus de Reliance Jio, dont l’étendue et la modernité sont stupéfiantes. C’est ici que la société se prépare à déployer ses services sans fil large bande 4G de technologie LTE (technologie d’évolution à long terme). Grâce à ce réseau numérique haute vitesse, une abondance de services sans fil sera bientôt à la portée des secteurs de l’éducation, la sécurité, la finance et du divertissement, entre autres.

En début année, EDC a conclu un accord de financement historique de 500 millions de dollars avec Reliance, pour aider Jio à réaliser ses projets d’expansion. Ce prêt, qui est remboursable sur dix ans, incite Reliance à offrir des occasions à des fournisseurs canadiens qualifiés. Jusqu’à présent, les contrats proposés par Reliance aux entreprises canadiennes remplissant les conditions nécessaires représentent 300 millions de dollars.

Chez Reliance, nos hôtes nous offrent toute leur hospitalité, et notamment un copieux diner végétarien au restaurant de l’entreprise, où tous les employés prennent leurs repas. Puis, le moment vient de parler affaires.

Face à une dizaine de cadres dirigeants de Reliance Jio, parmi lesquels des directeurs de services et des acheteurs, chacun des chefs d’entreprise canadiens a trois minutes pour faire une présentation. Les propositions sont variées : logiciels de gestion de construction, technologie VoIP, exploration et communication de données, parmi d’autres.

Questions et réponses sont rapidement échangées, tandis que l’équipe de Jio sonde et évalue les propositions, une par une.

La présentation d’une entreprise d’Ottawa fournissant des logiciels de facturation en temps réel et de gestion des abonnés à des sociétés comme Telus, T-Mobile et Vodafone, retient l’attention de l’équipe de Jio.

Rapidement, la discussion s’anime et la scène ressemble bientôt à un épisode de « Dans l’œil du dragon ». La présentation est durement mise à l’épreuve par plusieurs décideurs de Jio, mais les chefs d’entreprise canadiens encaissent les coups et tiennent bon, répondant du tac au tac. Puis la tension baisse, et le soulagement dans la pièce est visible.

Peu après, l’entreprise ottavienne reçoit la nouvelle : elle est invitée à une seconde série d’entrevues. Mais le chargé des comptes ne crie pas encore victoire. Il sait que pour établir une relation commerciale avec Jio, la route sera longue.

Catégories Asie-Pacifique, Conseils régionaux

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