De Montréal à Casablanca : exporter l’enseignement canadien

De Montréal à Casablanca : exporter l’enseignement canadien

 

En entendant « exportation », la première image qui nous vient en tête est souvent celle d’un gros porte‑conteneurs traversant l’Atlantique. Pourtant, le réseau LCI Éducation, dont fait partie le Collège LaSalle, qui rassemble de nombreuses écoles de mode, de design et d’hôtellerie, n’a rien à voir avec les cargos! Ce qu’il exporte est moins commun : un modèle de cours.

Fondé à Montréal en 1959 par Jean-Paul Morin, le Collège LaSalle a mis 30 ans avant d’ouvrir son premier campus international à Casablanca, au Maroc. Forte de son succès sur ce marché à l’avant-garde, l’école s’est agrandie et a ouvert, dans les années 1990, de nouveaux campus en Turquie, en Colombie, en Indonésie et en Tunisie. La demande grandissante pour l’expertise et les programmes du collège a mené à une deuxième vague d’expansion dans les années 2000, où de nouveaux campus satellites ont vu le jour.

« Nous voulions être la plus grande école de mode et de design au monde », affirme Claude Marchand, Président et chef de la direction de LCI Éducation. « Ça aurait été impossible sans un établissement en Europe, d’où notre première acquisition, l’école de mode de Barcelone reconnue pour sa longue tradition: FD Moda » La deuxième et plus récente acquisition, à Melbourne, en Australie, renforce la présence de l’organisation dans la région de l’Asie-Pacifique et sur les cinq continents.

Avec ses milliers d’étudiants répartis entre 22 campus dans 12 pays, et plus de 60 programmes, LCI Éducation approche de son but : le réseau d’établissements est maintenant un des plus vastes au monde.

La qualité avant l’uniformité

Dans un secteur aussi réglementé que l’éducation, exporter un modèle de cours constitue un projet ambitieux. Pour chaque nouveau campus, la culture locale doit être prise en compte et intégrée aux programmes.

« Le plus gros défi, c’est de rendre nos programmes conformes aux critères des ministères de l’éducation pour nous assurer que les étudiants obtiennent un diplôme reconnu dans le pays concerné », indique M. Marchand. Dans ce contexte, garder un système cohérent de Bogota à Jakarta, en passant par Istanbul, n’est pas chose facile.

« Chaque programme est basé sur le modèle de Montréal et est ensuite adapté aux réalités du marché du travail et à la réglementation gouvernementale du pays en question, continue-t-il. Mais ultimement, ce n’est pas l’uniformité du contenu qui compte le plus. En intégrant les pratiques locales, c’est l’assurance de la qualité que nous cherchons à harmoniser, pour que nos programmes atteignent l’excellence, peu importe le pays. »

Se rendant compte que plusieurs pourraient trouver inhabituel un plan d’affaires dans le secteur de l’éducation, le directeur fait un parallèle avec l’industrie aéronautique : « Le plus important, ce n’est pas le cuir ou le tissu qui recouvre les sièges, ce sont les dispositifs de sécurité de l’avion! »

Un monde de possibilités

Le succès d’un établissement d’enseignement dépend de sa réputation et de la confiance du public, ce qui ne s’acquiert qu’avec le temps.

« Le défi dans le fait d’ouvrir tant d’écoles à l’étranger, c’est d’avoir à se bâtir une réputation chaque fois, admet M. Marchand. Même si on est bien connu sur le marché canadien, on est un petit nouveau sur le marché étranger où on tente de s’établir. C’est difficile de toujours repartir de zéro. »

Mais la persévérance rapporte. Avec sa stratégie de décentralisation, LCI Éducation a créé un réseau qui offre des perspectives infinies à ses étudiants.

« Ils peuvent choisir de faire des études professionnelles, préuniversitaires ou universitaires dans différentes régions du monde et les échanges étudiants sont permis à l’intérieur du réseau, explique M. Marchand. Notre campus de Barcelone fait aussi partie du programme Erasmus, ce qui permet des échanges en Europe en dehors du réseau LCI Éducation. Il y a tant de combinaisons possibles; tout le monde peut y trouver son compte. »

C’est le modèle d’affaires décentralisé qui a permis au réseau de croître puisque ses campus comptent maintenant 12 000 étudiants, 1 700 employés et d’innombrables diplômés aux quatre coins du monde. Alors, aussi inhabituel que cela puisse paraître, exporter l’enseignement canadien s’est avéré un pari payant pour le réseau LCI Éducation.

Catégories Exportation

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