L’exportation dans le Nord-Ouest, ça vous intéresse? Quelques tuyaux du consul général du Canada à Seattle.

L’exportation dans le Nord-Ouest, ça vous intéresse? Quelques tuyaux du consul général du Canada à Seattle.

Nommé consul général à Seattle en novembre 2014, James Hill représente le Canada et ses intérêts dans les quatre États du Nord-Ouest des États-Unis : Washington, Oregon, Idaho et Alaska. Auparavant, il a été chargé d’affaires à l’ambassade du Canada au Koweït; chef de mission adjoint à l’ambassade du Canada à Kaboul (Afghanistan); haut-commissaire du Canada à Maputo (Mozambique); consul général du Canada à Rio de Janeiro (Brésil); chef de la mission d’observation diplomatique canadienne à Pristina, au Kosovo (Yougoslavie); consul et délégué commercial au consulat du Canada à Rio de Janeiro (Brésil); et enfin, deuxième secrétaire et vice-consul à l’ambassade du Canada à Téhéran (Iran).

À Affaires mondiales Canada (anciennement ministère des Affaires étrangères, du Commerce et du Développement) à Ottawa, M. Hill a occupé les postes de directeur, Relations commerciales/économiques avec le Moyen-Orient et l’Afrique; directeur, Affaires/relations commerciales avec l’Europe et l’Asie centrale; directeur adjoint de la Division d’Amérique latine; directeur adjoint du Bureau des sommets de l’hémisphère occidental; et agent de bureau principal de la Division de la planification stratégique du Service des délégués commerciaux.

Exportateurs avertis s’est entretenu avec M. Hill et Michael Wooff, délégué commercial principal à Seattle, au sujet des débouchés sur la côte nord-ouest du Pacifique et dans le reste des États-Unis.

Exportateurs avertis : Le commerce est-il la sphère dominante de votre travail au consulat de Seattle?

James Hill : Cela occupe probablement la moitié de notre temps, soit directement pour les dossiers d’investissement, soit indirectement par la promotion des intérêts commerciaux liés à ces investissements.

Exportateurs avertis : Y a-t-il un profil type d’exportateur qui demande l’aide du consulat?

Michael Wooff : On peut probablement dire qu’il y a deux grandes catégories : les nouveaux arrivés sur le marché et dans l’univers de l’exportation; et les plus chevronnés qui butent sur une question ou un problème en particulier.

James Hill : Je répondrais en termes de secteurs. Des exportateurs, nous en voyons des grands, des petits, des novices et des vétérans, mais nous remarquons que certains secteurs trouvent plus fréquemment écho dans la région – l’aérospatiale, la défense, les technologies de l’information et des communications (TIC), les technologies propres et la construction écologique.

Exportateurs avertis : Est-il avantageux d’être canadien pour un exportateur?

James Hill : Notre atout, c’est la familiarité. Les gens sont à l’aise de traiter avec nous; cela ne leur demande pas grand ajustement. Parfois, ils ne nous voient même pas comme un marché étranger! Nous sommes leurs voisins, la porte d’à côté.

Michael Wooff : Cette partie du marché américain connaît très bien le Canada et y possède nombre de contacts et de relations d’affaires. Ces gens aiment traiter avec les exportateurs canadiens, car ils savent qu’ils auront de la qualité et des partenaires fiables. Ils ont eu de bonnes expériences et veulent remettre ça. Ils savent qu’il leur faut des alliés canadiens pour améliorer leur technologie et leur efficacité s’ils veulent rivaliser avec leurs concurrents d’Asie, d’Amérique latine ou d’ailleurs. Les chefs de file dans le Nord-Ouest sont de plus en plus conscients que le Canada est un excellent partenaire à cet égard.

Exportateurs avertis : Les exportateurs canadiens ont-ils des idées préconçues qu’il faudrait dissiper?

James Hill : Quand ils nous arrivent, ils ont habituellement déjà bien étudié le dossier, ou reçu de l’aide au Canada, comme celle d’un centre de commerce régional. Ils ont généralement trouvé leurs marques avant de se tourner vers nous. Autrement, s’ils ne sont pas encore prêts et que nous nous en rendons compte en discutant avec eux, nous les aiguillons plutôt vers des ressources canadiennes en leur disant « Commencez par ceci et ceci, puis partez de là pour la suite. »

Michael Wooff : Comme les États-Unis sont tout près, nous ressemblent beaucoup et partagent une langue d’affaires avec nous, le choc culturel sera moindre qu’à bien d’autres endroits .Toutefois, la façon d’y brasser des affaires demeure différente. Certains exportateurs s’attendent à la même chose qu’au Canada, et sont surpris quand ce n’est pas le cas.

Exportateurs avertis : Quels types de services offrez-vous?

James Hill : Les exportateurs cherchent habituellement un réseau, à savoir à qui s’adresser, que ce soit des associations ou des entreprises. S’ils essaient de vendre à une grande société, par exemple Boeing, quels sont les points d’accès? C’est là que nous jouons le mieux notre rôle.

Michael Wooff : C’est vraiment utile lorsqu’une organisation partenaire au Canada assume la responsabilité d’un groupe d’entreprises qui viennent ici sous forme de mission ou de délégation. Nous avons obtenu de très bons résultats ainsi, et les délégations que nous introduisons dans un éventail de secteurs sont bien acceptées. Nous recevons sans cesse des commentaires de nos interlocuteurs locaux quant à la qualité, à la compétence et au professionnalisme des gens que nous leur présentons.

Exportateurs avertis : Combien de temps et d’efforts consacrez-vous aux investissements étrangers?

Michael Wooff : Pour cette partie du marché américain, c’est une activité absolument cruciale, car l’endroit regorge de capitaux. Les réactions sont très bonnes lorsque nous arrivons avec de jeunes entreprises technologiques et leurs partenaires financiers et les mettons devant un bassin d’investisseurs providentiels, de sociétés de capital-risque et de grandes entreprises qui pensent à investir au Canada et à s’y implanter ou à y accroître leurs activités. Nous voyons les investissements grimper dans plusieurs secteurs – de la part de grosses pointures comme d’entreprises technologiques en démarrage. Il y a un immense bassin de capitaux d’investissement inexploité et qui cherchent preneur ici, dans une gamme de secteurs, et qui sont favorablement disposés à l’égard de projets canadiens.

James Hill : Le cycle de production est plus long, mais dans cet environnement particulier, il se brasse beaucoup d’argent, et beaucoup de réseaux cherchent à prendre de l’expansion.

Exportateurs avertis : Remarquez-vous plus de gens qui se présentent au consulat pour vendre aux États-Unis depuis que le taux de change est à notre avantage?

James Hill : Il y a toujours eu une demande forte ou du moins constante puisque les États-Unis constituent un marché attirant, à la fois très proche et très grand. Un petit exportateur sera parfois satisfait de vendre à un jet de pierre de la frontière, mais sous peu, il voudra étendre ses activités aux 48 autres États. Par exemple, nous avons des gens de Montréal qui font des affaires ici, et nous en avons aussi déjà eu qui étaient des Maritimes.

Michael Wooff : S’ils passent la frontière uniquement à cause du taux de change, eh bien, celui-ci finira par fluctuer alors ce n’est pas une stratégie viable à long terme. Nous tentons de les faire réfléchir à leur situation sur le marché, peu importe le taux de change. La plongée du huard a avantagé les Américains, ce qui se traduit par la montée en flèche du tourisme. Nos voisins, inquiets pour leur sécurité, ne partent plus pour des destinations exotiques en Europe ou en Asie… alors ils viennent au Canada. Le tourisme est florissant, en partie grâce au pouvoir d’achat du dollar américain. C’est de bon augure pour les célébrations du 150e du Canada l’an prochain.

Exportateurs avertis : Si vous aviez un seul conseil pour les exportateurs, quel serait-il?

James Hill : Étudiez bien le dossier! Le temps que vous investirez au départ vous rapportera beaucoup une fois sur le terrain.

Michael Wooff : Ce que nous répétons constamment, surtout à ceux qui connaissent peu notre marché ou l’exportation en général, c’est qu’il faut penser au marché mondial et se demander lesquels de ses produits ou services sont les plus concurrentiels et les plus recherchés : tiendraient-ils le coup sur le marché international? Voyez le marché américain comme le lieu où apprendre rapidement les rouages de l’exportation, et assurez-vous que votre personnel sache convertir des devises et remplir des formulaires douaniers et des documents d’expédition. Faites vos premiers pas aux États-Unis, car c’est plus facile ici qu’à peu près partout ailleurs, et servez-vous de vos réussites dans une région américaine comme d’un tremplin vers d’autres régions du pays, puis vers l’Amérique latine ou tout autre endroit au monde.

Exportateurs avertis : Avez-vous fait quelque chose dont vous êtes particulièrement fiers pour des exportateurs à Seattle?

James Hill : Nous avons piloté une espèce de première par ici : marier expansion du commerce et entreprise sociale : il s’agissait d’une société qui s’était donné le mandat d’avoir une incidence sociale positive, localement ou internationalement, tout en poursuivant un but lucratif. C’est un nouveau secteur, les entreprises à conscience sociale, et celles-ci souhaitent nouer des partenariats avec des sociétés canadiennes qui possèdent des intérêts communs ou des produits qui cadrent avec leurs projets.

Michael Wooff : Dans le Nord-Ouest américain, il doit y avoir près d’une centaine de milliards de dollars en capitaux d’investissement qui cherchent preneur, et pour probablement près de la moitié, on veut qu’ils servent au développement ou aient des fins philanthropiques. Une bonne part de ces fonds est investie dans de nouvelles technologies ou des travaux de recherche au Canada. Seattle est un marché idéal pour tout ça – je ne connais aucun autre endroit au monde où autant de capitaux d’investissement se destinent à des projets de développement ou de philanthropie.

Catégories Exportation

Comments are closed.

Affichages connexes