Nouvelle dynamique : Un regard neuf sur l’entreprise indienne

Nouvelle dynamique : Un regard neuf sur l’entreprise indienne

Pour les entreprises canadiennes tournées vers la croissance internationale, l’Inde s’avère de plus en plus intéressante.

Selon Exportation et développement Canada (EDC), elles sont plus de 600 à avoir percé ce marché florissant, qui occupe le 10e rang de l’économie mondiale au chapitre du PIB et le 3e en matière de parité des pouvoirs d’achat.

Les plus grands débouchés en Inde sont issus de la libéralisation, en 2005, des règles sur l’investissement direct étranger (IDE). Depuis, l’IDE dans une entreprise peut atteindre 100 % et les formalités visant l’octroi de licences et d’autres exigences ont été allégées.

De plus, les investisseurs étrangers ne transigent plus avec les mêmes personnes. Autrefois, pour pénétrer l’Inde, ils devaient principalement traiter avec des fonctionnaires. Aujourd’hui, ils traitent de plus en plus avec leurs homologues du secteur privé, selon Todd Winterhalt, vice-président, Groupe du développement des affaires – Marchés internationaux, EDC.

Voilà qui ouvre beaucoup de portes aux entreprises canadiennes qui cherchent des partenaires aux intérêts similaires, ajoute-t-il.

« Pour les entreprises qui avaient déjà établi leur présence en Inde, que ce soit par l’investissement, l’exportation ou le commerce local, ces changements auraient été les bienvenus », précise M. Winterhalt.

Il explique que selon EDC, l’Inde est un « marché prioritaire » pour les exportateurs canadiens. La Société aide donc les entreprises à percer à la fois les secteurs public et privé.

Elle leur permet notamment de se familiariser avec la culture et le climat des affaires en Inde.

Bien que l’Inde et le Canada aient beaucoup de points en commun, il faut parfois repenser sa stratégie en fonction de certaines différences, selon M. Winterhalt.

Par exemple, il faut parfois plus de temps pour obtenir les mêmes résultats en Inde qu’en Amérique du Nord.

« En Inde, il faut prévoir une stratégie à long terme », dit-il. Il recommande aux entreprises d’évaluer sur trois ans leur position sur le marché.

Un investisseur doit aussi s’entourer d’experts, notamment en droit et en comptabilité, pour naviguer dans le système indien et bâtir des relations.

« Il est vraiment bénéfique de surinvestir au départ pour ensuite adopter une vision à long terme, selon M. Winterhalt. Cette stratégie a permis à certaines entreprises de connaître un énorme succès. »

Akil Hirani, associé directeur de Majmudar & Partners, cabinet d’avocats international à Mumbai, juge qu’un contrôle préalable est indispensable pour venir en Inde.

Ce contrôle doit porter notamment sur les aspects juridiques, financiers et comptables, ainsi que sur la réputation.

Ce dernier aspect est particulièrement important aujourd’hui, précise-t-il : « Il faut vérifier si son partenaire en Inde a eu des démêlés avec les autorités ou le fisc. »

Pour plusieurs investisseurs étrangers, ce qui demande le plus d’adaptation, c’est le rythme lent des affaires, ajoute-t-il.

« L’Amérique du Nord est probablement le continent où les choses se font le plus rapidement au monde », constate-t-il. « L’Inde n’est pas aussi efficace. »

Cet aspect ne devrait toutefois pas dissuader les entreprises canadiennes qui cherchent de nouveaux marchés internationaux.

M. Winterhalt croit que l’Inde présente beaucoup d’avantages par rapport aux autres marchés internationaux : économie diversifiée, forte présence du secteur privé, marché intérieur important, et demande grandissante d’une vaste population. Après tout, l’Inde occupe le deuxième rang des pays les plus peuplés, avec 1,2 milliard d’habitants.

De plus, l’économie indienne s’améliore, et le pays compte une forte main-d’œuvre qualifiée et éduquée qui parle anglais.

« Les Canadiens peuvent se sentir à l’aise sur ce marché, selon M. Winterhalt. Nos pays sont très compatibles. »

Catégories Asie-Pacifique

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