5 premiers appels : Indonésie

L’Indonésie étant un membre du G20 et un puissant acteur de l’Association des nations de l’Asie du Sud-Est (ANASE), son rôle multilatéral continue de prendre de l’importance. Le gouvernement nouvellement élu a annoncé son intention de rééquilibrer l’économie en faveur des produits manufacturés et au détriment des produits de base. Combinée à son bassin croissant de consommateurs, cette nouvelle orientation devrait engendrer plus de débouchés et d’investissements. Explorez les occasions de croissance en Indonésie.

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La valeur des exportations annuelles canadiennes en Indonésie s’élève à plus de 2 milliards de dollars.

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Parmi les pays membres de l’Association des Nations de l’Asie du Sud-Est (ANASE), l’Indonésie est le principal partenaire commercial du Canada.

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L’investissement direct canadien en Indonésie a atteint 4,3 milliards de dollars à la fin de 2014.

Suivez l’avis de ces cinq experts!

APERÇU
Chia Wan Liew
Chia Wan Liew
Représentant en chef, Asie du Sud-Est, Exportation et développement Canada
cliew@edc.ca
65 6854 5949

« Les courriels et les conférences en ligne ne sont pas les meilleurs moyens pour bâtir une relation d’affaires : les Indonésiens préfèrent les rencontres en personne. »

Quels secteurs présentent des débouchés pour les entreprises canadiennes?

La Banque asiatique de développement estime que l’Indonésie doit injecter plus de 300 milliards de dollars américains pour remédier à son manque d’infrastructures. Elle doit investir dans la construction de nouvelles routes, le prolongement de routes existantes, les aéroports civils, les réseaux ferroviaires, les ports maritimes, les centrales électriques et les réseaux de distribution. La logistique et les infrastructures de transport offrent également des débouchés aux entreprises canadiennes, surtout en aéronautique, tandis que l’industrie agroalimentaire est également à surveiller.

Quels obstacles les entreprises canadiennes rencontrent-elles en Indonésie?

La bureaucratie et l’inefficacité du gouvernement posent problème. Le processus décisionnel est parfois très long, les différents organismes n’ont pas tous les mêmes exigences et la réglementation gouvernementale est incohérente et imprévisible. Le gouvernement actuel mène un combat contre la corruption, mais celle-ci demeure endémique malgré les améliorations. De plus, la langue peut être une barrière supplémentaire.

Quelles sont les pratiques et les réalités culturelles à prendre en compte?

Les courriels et les conférences en ligne ne sont pas les meilleurs moyens de bâtir une relation d’affaires : les Indonésiens préfèrent les rencontres en personne. De manière générale, ils sont très polis et n’aiment pas verbaliser leur désaccord. Évitez de les confronter et de corriger leurs erreurs directement.

PÉNÉTRATION DU MARCHÉ
Nadia Bourély
Nadia Bourély
Délégué commercial principal et conseillère, ambassade du Canada, Jakarta
Nadia.Bourely@international.gc.ca
62-21-2550-7850

« Les besoins d’infrastructure se chiffrent à 92 milliards de dollars annuellement pour les cinq prochaines années. [...] Le défi est de trouver des créneaux que les services d’ingénierie canadiens pourraient exploiter. »

Quels sont les meilleurs débouchés pour les entreprises canadiennes?

L’infrastructure est l’une des grandes priorités du gouvernement indonésien, tant pour combler le déficit important que pour stimuler l’économie. Les besoins d’infrastructure se chiffrent à 92 milliards de dollars annuellement pour les cinq prochaines années. Des partenariats public-privé, modèle dont le Canada est un chef de file, amèneront des investissements massifs dans les ports, les aéroports, le réseau ferroviaire, les transports en commun urbains, l’eau, l’écotechnologie et l’énergie hydroélectrique. Le défi est de trouver des créneaux que les compagnies Canadiennes avec capacité dans ces secteurs, comme les services d’ingénierie, pourraient exploiter.

Quel type de partenaires les entreprises canadiennes devraient-elles rechercher?

Puisque l’environnement de commerce tend à être difficile, un bon partenaire local qui a les connaissances du marché peut être d’une grande aide. Un exportateur, par exemple, aurait avantage à choisir un partenaire qui connaît les problèmes d’accès au marché liés aux tarifs douaniers et aux permis d’importation. Il importe également que votre partenaire ait en commun avec vous les mêmes considérations éthiques et valeurs canadiennes de transparence et de lutte contre la corruption.

Comment les relations commerciales en Indonésie peuvent-elles faciliter l’entrée sur le marché de l’ANASE?

Pays le plus peuplé parmi les membres de l’ANASE, avec 250 millions de consommateurs, l’Indonésie offre des coûts avantageux par rapport aux autres pour ce qui est de la transformation et des services. La communauté économique de l’ANASE, formée le 31 décembre 2015, réduira les obstacles au commerce entre les pays de l’ANASE. Les entreprises établies en Indonésie bénéficieront donc de nouveaux débouchés dans la région. Elle est donc un choix logique pour les entreprises qui désirent pénétrer le marché de la région et bénéficier des accords de libre-échange conclus entre l’ANASE et d’autres pays. Les débouchés pour le Canada sont prometteurs; ses concurrents commerciaux, comme les États-Unis, l’Australie et le Japon, y sont d’ailleurs très présents.

CADRE RÉGLEMENTAIRE
Franca Ciambella
Franca Ciambella
Directrice générale, Consilium Law Corporation
fciambella@consiliumlaw.com.sg
65-6235-2700

« Les entreprises canadiennes peuvent augmenter leurs chances de réussite en entretenant des relations et en bâtissant un réseau en Indonésie. »

Qu’est-ce que les entreprises canadiennes doivent savoir avant de se lancer sur le marché indonésien?

Les entreprises canadiennes qui songent à étendre leurs activités à l’étranger doivent savoir que l’accès à certains secteurs de l’économie indonésienne est restreint pour les investisseurs étrangers. Certains secteurs sont complètement fermés, d’autres sont ouverts à certaines conditions. Par exemple, aucun investissement étranger n’est permis du côté des services de forage, mais dans l’industrie pharmaceutique, la participation étrangère est limitée à 85 %.

Y a-t-il des problèmes notables liés à la réglementation?

Il y a de nombreuses entreprises canadiennes que l’incohérence des lois et règlements rebute. Les réglementations des autorités centrale et régionales sont souvent contradictoires, situation aggravée par le fait que l’Indonésie n’a pas de référentiel central où elles sont répertoriées. Comme les juges indonésiens tiennent rarement compte de la jurisprudence, leur application des lois et règlements est incohérente. Enfin, il faut savoir que les procédures judiciaires sont très longues, pouvant s’étirer sur plusieurs mois, voire des années.

Comment les entreprises canadiennes peuvent-elles améliorer leurs chances de réussite en Indonésie?

Malgré les défis que posent l’incohérence des lois et la corruption, les entreprises canadiennes peuvent augmenter leurs chances de réussite en entretenant des relations et en bâtissant un réseau en Indonésie. Puisque les relations d’affaires sont habituellement fondées sur la confiance et la connaissance de l’autre, ces contacts sont indispensables à leur réussite.

QUESTIONS JURIDIQUES
Richard D. Emmerson
Richard D. Emmerson
Conseiller juridique étranger et v.-p., Chambre de commerce Indonésie-Canada, Soewito Suhardiman Eddymurthy Kardono (cabinet d’avocats, Jakarta)
richardemmerson@ssek.com
62-21-521-2038

« Les entreprises qui prennent soin de préparer le terrain et de solliciter des ressources locales expérimentées sont plus à même de réussir sur ce marché difficile mais prometteur. »

Pouvez-vous nommer des programmes qui servent à attirer des investisseurs et des exportateurs canadiens?

Le programme One-door Integrated Services (PTSP) a facilité le processus d’investissement étranger en Indonésie. Les investisseurs peuvent maintenant soumettre une seule demande au PTSP pour obtenir tous les permis dont ils ont besoin, alors qu’ils devaient auparavant s’adresser à plusieurs ministères et institutions. De plus, les investisseurs peuvent bénéficier d’une exonération fiscale dans certains secteurs d’activité ou certaines régions du pays.

Quels obstacles juridiques ou réglementaires les entreprises canadiennes pourraient-elles rencontrer?

Malgré une amélioration considérable, des difficultés demeurent à cause de l’instabilité des politiques, de la bureaucratie, du manque de coordination entre les gouvernements central et régionaux et de l’ambiguïté de la législation. Même si le système de justice civile s’améliore, les investisseurs étrangers seraient bien avisés de résoudre leurs conflits par arbitrage dans un pays neutre comme Singapour.

Quel est le meilleur conseil à donner aux entreprises canadiennes avant qu’elles entrent sur le marché indonésien?

Surveiller directement son investissement en nommant un membre de la haute direction à la tête de l’équipe locale et en engageant des conseillers juridiques, des comptables et d’autres spécialistes qualifiés qui ont une connaissance approfondie de la région. Dans certains secteurs industriels, d’excellentes relations avec le gouvernement peuvent s’avérer essentielles. Les entreprises qui prennent soin de préparer le terrain et de solliciter des ressources locales expérimentées sont plus à même de réussir sur ce marché difficile mais prometteur.

PROSPECTION DE CLIENTÈLE
Peter Dawes
Peter Dawes
Président, Canada-Indonesia Business Council, Toronto
pdawes@warringtoninternational.com
416-366-8490

« Quatrième nation sur le plan de la population, engagée dans une réforme, l’Indonésie a une économie jeune qui a besoin de presque tout pour se développer. »

Pourquoi les entreprises canadiennes sont-elles étonnées des débouchés économiques en Indonésie?

Beaucoup d’entreprises sous-estiment l’ouverture de l’Indonésie face à l’investissement canadien et son désir d’établir des partenariats avec le pays. Cela s’explique par des raisons en partie historiques. En effet, le général canadien Andrew McNaughton, président du Conseil de sécurité de l’ONU à la fin des années 1940, a agi comme intermédiaire lors des négociations qui ont mené l’Indonésie à obtenir son indépendance des Pays-Bas. Les Indonésiens connaissent bien le Canada et lui portent beaucoup d’affection, mais les entreprises canadiennes n’ont pas encore tiré pleinement avantage de cette ouverture.

Quelles approches pourraient aider les entreprises canadiennes à réussir?

Réussir sur le marché indonésien demande de la patience et une volonté de s’engager à long terme. Le prix de location d’installations doit être acquitté au complet en une fois, ce qui est susceptible de décourager les petites entreprises. J’encourage les petites et moyennes entreprises à user de stratégies novatrices, comme de trouver un partenaire sur place, au Canada ou dans un autre pays qui a une offre de services ou de produits similaire ou complémentaire. Les entreprises canadiennes hésitent souvent à établir des partenariats avec des entreprises étrangères, mais elles devraient être ouvertes à des alliances de ce type.

Dans quels secteurs les entreprises canadiennes ont-elles un avantage concurrentiel?

Quatrième nation sur le plan de la population, engagée dans une réforme, l’Indonésie a une économie jeune qui a besoin de presque tout pour se développer. Le Canada a un avantage concurrentiel dans plusieurs secteurs, notamment le transport, l’infrastructure, l’équipement médical, l’assainissement de l’environnement, les télécommunications, l’exploitation et les technologies minières, la transformation alimentaire, les services financiers et la consultation en éducation.