L’entreprise vancouvéroise BioCube mise sur l’appétit grandissant de l’Inde pour les technologies propres

L’entreprise vancouvéroise BioCube mise sur l’appétit grandissant de l’Inde pour les technologies propres

Conçue en Colombie-Britannique, sa technologie produit du combustible liquide, solution de rechange à faible émission de carbone. On l’exporte déjà sur les marchés du monde entier, notamment en Inde, un pays avide de solutions pour pallier un problème de pollution grandissant.

De Vancouver, BioCube Corporation fabrique des unités compactes de traitement du biodiesel enchâssées dans un conteneur maritime modifié. Fonctionnelles seulement quelques heures après livraison, les unités peuvent être raccordées au réseau électrique ou non. Ainsi, BioCube rend le traitement du biodiesel viable pour les collectivités et les entreprises en quête de solutions énergétiques durables. L’objectif : créer des combustibles plus efficaces et propres, adaptés à n’importe quel véhicule.

« Nous croyons que l’efficacité de notre technologie reflète beaucoup mieux la nature du secteur », souligne David Tait, chef de la direction de BioCube, lors de GLOBE 2016 à Vancouver.

« Plutôt que de penser long terme, grande échelle et centralisation, nous avons misé sur des technologies décentralisées de moindre taille, ajoute-t-il. Ces solutions permettent aux collectivités, celles qui ont besoin du combustible et l’utilisent à la source, de gérer leurs propres ressources énergétiques. »

Soucieuse de réduire son empreinte carbone, l’Inde adopte un nombre croissant de technologies propres, dont celle de BioCube. Avec 1,2 milliard d’habitants, elle occupe le deuxième rang des pays les plus peuplés. Sa croissance démographique, jumelée à son économie en plein essor qui carbure aux combustibles fossiles, a sérieusement augmenté la pollution atmosphérique et des eaux.

L’Inde investit des milliards pour s’assainir

Aujourd’hui, la pollution menace la croissance économique de l’Inde. Selon la Banque mondiale, la dégradation de l’environnement lui coûte cher : environ 80 milliards de dollars annuellement, soit 5,7 % du PIB.

« Si la trajectoire de croissance de l’Inde évolue selon les prévisions, la durabilité de l’environnement pourrait devenir son prochain défi de taille », affirme la Banque mondiale.

Le gouvernement indien passe à l’action, dépensant des milliards pour réduire ses émissions. En 2015, les investissements dans l’énergie propre devaient dépasser 10 milliards de dollars, selon Bloomberg.

« En Inde, la situation augure bien », soulignait M. Tait lors d’une table ronde intitulée « Unlocking India’s Green Potential » à GLOBE 2016. « C’est encourageant de constater que l’Inde assume ses torts, fait ce qu’elle peut et habilite les entreprises à se lancer dans des projets verts. »

Amrik Virk, ministre de la Technologie, de l’innovation et des services aux citoyens de la Colombie-Britannique, rapporte que l’Inde cherche activement à s’associer à des entreprises canadiennes du domaine des énergies renouvelables et de remplacement.

« Ce créneau représente une occasion à saisir pour notre secteur des technologies propres, qui doit l’exploiter non comme un marché ou un consommateur, mais bien comme un partenaire… pour contribuer à assainir l’air et l’eau et à améliorer les infrastructures », déclare M. Virk.

Faire des affaires en Inde – Importantes leçons

Rajesh Sharma, directeur général et chef de la direction à Tata Steel Minerals Canada, filiale du Groupe Tata, affirme que les entreprises canadiennes inspirent « beaucoup de respect » là-bas. Cela dit, M. Sharma croit que certaines devraient travailler plus fort pour y forger des partenariats.

« Nous devons promouvoir davantage nos forces pour en tirer parti », dit M. Sharma, concédant également qu’il peut être complexe et chronophage de faire des affaires en Inde.

Il ajoute qu’une fois les partenariats établis, les possibilités sont énormes.

« Peu importe quelles technologies sont à notre portée ici, nous devons apprendre à les ajuster aux besoins », souligne-t-il, précisant que des prix concurrentiels sont de mise.

David Tait, de BioCube, indique qu’il peut être frustrant de faire des affaires en Inde au début, et qu’expérience et patience sont essentielles vu les différences de culture et de mentalité.

« Il faut apprendre à poser les bonnes questions, selon M. Tait. Il ne s’agit pas de demander si un projet est possible, mais bien quand. C’est la seule façon d’aboutir quelque part. Au Canada, nous fonctionnons d’une façon diamétralement opposée. »

Pour lui, exercer des activités en Inde demande de bâtir des relations personnelles et professionnelles à long terme.

« Ils ont besoin de voir que vous n’êtes pas seulement de passage, qu’ils pourront compter sur vous l’an prochain et l’année suivante. Vous devez gagner leur confiance », affirme-t-il.

Quant à lui, M. Sharma pense que la clé du développement des affaires en Inde consiste à trouver le bon collaborateur et à ne plus le lâcher.

« Avec le bon partenaire, tout devient beaucoup plus facile, remarque M. Sharma. Les sociétés solides, fiables et aux qualités remarquables sont nombreuses en Inde; une collaboration avec elles profite à tous. »

Catégories Ecotechnologies

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