FDC Composites : une valeur ajoutée mène à un rayonnement international

FDC Composites : une valeur ajoutée mène à un rayonnement international

Série sur les secteurs : Aéronautique

En 2008, Jacques Cabana a senti un vent de changement dans son industrie. Au lieu de reculer devant celui-ci, il l’a embrassé en transformant sa manière de faire des affaires.

Cabana a dirigé une firme d’ingénierie aéronautique de 2001 à 2008. Bien qu’il aimait son travail, il croyait pouvoir offrir une forte valeur ajoutée à ses clients en fabricant lui-même les pièces qu’il avait conçues.

« En 2009, j’ai créé FDC Composites, une entreprise manufacturière dotée d’un service d’ingénierie et de soutien complet », explique M. Cabana, président-directeur général de l’entreprise de Saint-Jean-sur-Richelieu. « J’ai essentiellement combiné les activités d’ingénierie et de fabrication. Le secteur de l’aéronautique était manifestement en pleine mutation. Pour réussir, je devais pousser plus loin en aval en assemblant les pièces et en réalisant toutes les autres étapes – de la peinture à la livraison d’un sous-ensemble complet entièrement opérationnel. »

Les manuels de théorie des affaires parlent d’intégration verticale; M. Cabana parle plutôt de gros bon sens. Il savait que les clients désiraient plus de services et moins de fournisseurs. Alors pourquoi ne pas leur donner ce qu’ils voulaient?

« C’est ce qu’on appelle l’intégration, et c’est la direction que nous prenons, dit-il. Un fabricant peut aller en amont pour intégrer le design et l’ingénierie à ses activités afin d’avoir une solution dite “clé en main”. C’est ce que nous offrons. J’ai vu cette tendance se dessiner, alors j’ai investi des millions de dollars – sans parler du temps et de l’énergie – dans la recherche et le développement pour mettre en place la base technique nécessaire. »

Sa principale activité vise les matériaux composites, soit des plastiques renforcés de fibres. Ces matériaux profitent d’ailleurs d’une autre tendance : les constructeurs d’aéronefs veulent des pièces plus légères et plus durables pour améliorer le rendement du carburant et réduire les coûts.

« Généralement, un équipementier arrive en disant qu’il utilisait jusqu’à présent une pièce en métal, mais qu’il veut maintenant une pièce en composite vu sa légèreté et sa durabilité accrues, explique M. Cabana. Nous prenons alors une pièce existante ou de notre création, que nous faisons certifier. Nous concevons ensuite l’outillage, fabriquons les pièces, les peinturons, y intégrons les derniers composants comme les éléments métalliques, puis expédions le sous-assemblage complet au client. »

Cabana a également investi massivement dans une autre tendance : l’automatisation, un procédé prisé par ses clients, si l’on se fie aux revenus de l’entreprise. De 2014 à 2015, son chiffre d’affaires a bondi de 24 %, et M. Cabana s’attend à une hausse de 25 % à 30 % pour 2016. À sa création en 2009, l’entreprise comptait six employés. Aujourd’hui, elle en compte 50, dont 30 % sont des ingénieurs et des techniciens. Selon M. Cabana, cette proportion est bien plus élevée que dans la plupart des entreprises manufacturières.

Bien qu’il ne puisse pas divulguer de noms, M. Cabana est fournisseur de niveau 1 pour des équipementiers de taille moyenne et des centres de finition intérieure. Il fait affaire avec environ une douzaine de clients. Ses clients étrangers se trouvent en France, au Brésil et aux États-Unis. Récemment, lors d’un salon commercial à Hamburg, en Allemagne, il a noué des liens avec des clients potentiels au Royaume-Uni, en Allemagne et au Mexique.

« Pour moi, le monde n’a pas de frontières, souligne-t-il. Je cherche seulement des clients. Certaines années, jusqu’à 60 % de mes ventes viennent de l’exportation. Cette année, ce sera 35 %. »

EDC lui a surtout fourni des garanties pour ses lignes de crédit, mais il affirme que les conseils d’experts reçus gratuitement ont une valeur inestimable.

« Les experts d’EDC m’ont toujours donné des conseils pertinents et judicieux, dit M. Cabana. Et ils m’ont mis en contact avec de nombreuses personnes très utiles aux quatre coins de la planète. »

1. Quelle a été votre première vente à l’exportation?

C’était en France, en 2009, avec une section d’un très grand conglomérat français de la filière aéronautique.

 

2. Comment cette première possibilité d’exportation s’est-elle présentée?

Elle s’est présentée à un salon commercial. Nous faisions beaucoup de recherche et développement et avions conçu des matériaux composites très novateurs. Au salon, j’ai rencontré une entreprise qui est devenue ma toute première cliente.

 

3. Que connaissez-vous aujourd’hui de l’exportation que vous auriez aimé savoir à vos débuts?

On ne doit pas créer de frontières ni s’imposer de limites, mais on doit quand même garder en tête que l’exportation est un long processus. Les implications juridiques et fiscales sont nombreuses lorsqu’on fait affaire avec d’autres pays, tout comme les différences culturelles.

 

4. Comment le paysage commercial a-t-il évolué depuis que vous vous êtes lancé en affaires?

En raison de la variation des différentes devises, de la fluctuation des cours pétroliers et de la crise financière de 2008 et de 2009, le marché est beaucoup plus instable et imprévisible. Si un gouvernement décide d’acheter moins de trains, ou peu importe ce que vous fabriquez, vous êtes mal pris.

 

5. Quelle est la chose la plus importante que doivent savoir les nouvelles PME au sujet du commerce et de l’exportation?

Elles doivent envisager l’exportation comme une voie aussi importante ou réalisable que n’importe quelle autre possibilité liée à un client ou au développement des affaires au Canada.

Catégories Fabrication

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