« L’idéal, c’est toujours d’être un pionnier » : le parcours d’exportation d’Arcana Studios raconté par Sean O’Reilly

« L’idéal, c’est toujours d’être un pionnier » : le parcours d’exportation d’Arcana Studios raconté par Sean O’Reilly

Sean O’Reilly est le fondateur et chef de la direction d’Arcana Studios, entreprise de divertissement de la Colombie-Britannique qui crée du contenu sur plusieurs plateformes.

Découvrez le parcours d’exportation d’Arcana Studios ici.

Quels conseils donneriez-vous à une PME qui perce un nouveau marché?

Faites vos recherches. La popularité des publications imprimées diminue d’année en année, au profit du numérique – nous observons un changement de paradigme. Les entreprises innovantes qui produisaient du contenu pour tablettes il y a cinq ans avaient vu juste. L’idéal, c’est toujours d’être un pionnier : inspirez-vous des réussites des autres, mais sortez des sentiers battus.

Si vous pouviez résumer votre parcours d’exportation en un mot, quel serait-il?

Ambitieux.

Qu’est-ce qui vous inquiète à l’idée d’exporter aujourd’hui?

Surtout les changements à l’ALENA, mais la propriété intellectuelle aussi. C’est une tâche herculéenne, presque impossible, de protéger nos contenus partout dans le monde. Nous voyons des sacs à dos Howard Lovecraft en ligne, et nous n’en tirons pas un sou. C’est une atteinte au droit d’auteur.

C’est vrai, Amazon va retirer ces produits, mais d’autres prendront leur place. Il faudrait aussi que YouTube utilise un algorithme pour détecter quand un fichier est versé à répétition. C’est possible pour la musique. Pourquoi pas pour les vidéos?

Qu’est-ce qui vous emballe à l’idée d’exporter, et qu’est-ce qui vous semble le plus prometteur?

Nous nous débrouillons plutôt bien en Asie, mais j’aimerais en faire plus là-bas. Nous ciblons également l’Europe. L’arrivée de la réalité virtuelle est aussi un nouveau débouché que nous devons saisir.

Comment le commerce a-t-il évolué depuis l’élection du gouvernement à tendance protectionniste aux États-Unis?

Avec l’ALENA, rien n’a changé pour l’instant. J’ai reçu un courriel l’autre jour qui disait que Trump voulait amputer presque entièrement le financement fédéral des systèmes des bibliothèques américaines. S’il passe à l’action, nous serons touchés, car elles achètent notre contenu.

Quelle a été votre première vente à l’exportation?

En 2003, j’ai publié notre première B.D., Kade. L’impression a coûté 3 500 $, et, à force de pousser, nous avons vendu les 5 000 exemplaires 3 $ chacun.

Plus tard, nous avons publié un roman graphique et l’avons vendu 20 $ – une meilleure marge. C’est là que j’ai compris qu’il y avait de l’argent à faire avec ça. Aujourd’hui, notre service d’édition est autosuffisant, et publie du contenu original chaque mois.

Quand et pourquoi avez-vous commencé à envisager l’exportation?

Dès le premier jour. Les États-Unis sont dix fois plus gros que le Canada. C’est pourquoi nous avons mis l’accent sur ce marché.

Comment cette première possibilité s’est-elle présentée?

Nous avons fait affaire avec un distributeur pour livrer notre première BD et avons vendu tous les exemplaires aux États-Unis, une bonne partie durant le Comic-Con de San Diego, et le reste en passant par Diamond Comics.

Y a-t-il un moment particulier que vous considérez comme décisif sur votre parcours d’exportation?

Il y en a deux. D’abord, la signature du contrat avec Diamond, notre distributeur américain, en 2003. C’était notre première vente par distribution pour nos publications – pour nous, c’était vraiment quelque chose.

Ensuite, la vente par distribution de Pixies (le film) aux États-Unis en 2013. Le film est sorti en 2015.

Donc, deux moments : le premier pour la publication, le second pour l’animation.

En tant qu’exportateur, par où êtes-vous passé pour en arriver là où vous êtes?

Vous savez ce qu’on dit : lentement, mais sûrement. Chaque année, nous prenons beaucoup d’expansion, engageons plus de personnel et augmentons notre chiffre d’affaires.

Quelle est la plus grande différence entre faire affaire au Canada et à l’étranger?

En animation, les consommateurs et les systèmes sont assez semblables, qu’on soit au Canada, aux États-Unis, en Europe, en Australie ou même en Asie. Ce qui diffère surtout, c’est la mise en récit et les connaissances générales du public.

Comment votre entreprise s’est-elle adaptée?

Nous avons dû apprendre une chose à la fois et mettre l’accent sur la mise en récit universelle.

Quelle est la meilleure leçon que vous avez tirée d’une mauvaise expérience d’exportation?

Nous avons eu des hauts et des bas, mais je ne parlerais pas de mauvaise expérience.

Si je devais en choisir une, ce serait les « investisseurs » de l’Inde, des États-Unis ou de la Chine et leurs grandes promesses, qui m’ont finalement fait perdre mon temps.

Que connaissez-vous aujourd’hui de l’exportation que vous auriez aimé savoir à vos débuts?

J’aurais aimé oser l’inconnu un peu plus, mais c’est difficile de prédire l’avenir tout en gérant nos activités courantes. Le train-train quotidien, c’est notre gagne-pain.

Si un entrepreneur essaie constamment de trouver la prochaine nouveauté qui fera sensation, il pourrait taper dans le mille, comme Instagram l’a fait, ou n’être qu’un des milliers de rêveurs qui, eux aussi, ont essayé et échoué. Dans l’ensemble, j’ai choisi une approche assez prudente.

Quelles caractéristiques doit avoir un exportateur?

Ardeur au travail et patience.

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