l’Indonésie, la Malaisie et Singapour

Passerelles formidables vers l’Asie… et le monde

L’IDCE total en Asie du Sud-Est dépasse maintenant l’IDCE combiné en Chine et en Inde.

Les entreprises canadiennes présentes aux États-Unis mais constamment poussées à trouver des débouchés dans les économies asiatiques à forte croissance n’ont en fait qu’à se tourner vers l’Indonésie, la Malaisie et Singapour.

Les trois États membres de l’Association des Nations de l’Asie du Sud-Est (ANASE) servent de passerelle vers cette zone de libre-échange qui regroupe dix pays et forme un marché de consommation rivalisant avec le marché indien ou chinois, en plus de faciliter l’accès à ces géants et à d’autres pays d’Asie-Pacifique.

Le bloc commercial de l’ANASE a su négocier des accords de libre-échange fort stratégiques avec la Chine, l’Inde, la Corée, le Japon, l’Australie et la Nouvelle-Zélande, explique Chia Wan Liew, directeur régional d’EDC pour l’Asie. « Choisir un pays membre de l’ANASE comme base ouvre la porte à tous ces marchés. »

Même sans accès privilégié, le fait de s’établir en Asie du Sud-Est, qui englobe aussi le Cambodge, le Laos, les Philippines, la Thaïlande, le Vietnam, le Myanmar et le Brunéi, donne plein accès à un marché diversifié de plus de 600 millions de consommateurs.

Beaucoup d’entreprises canadiennes s’y trouvent déjà, indique M. Liew, ajoutant que l’investissement direct canadien (IDCE) total en Asie du Sud-Est, évalué à plus de 6,5 milliards de dollars en 2011, dépasse l’IDCE combiné (5 milliards de dollars) en Chine et en Inde.

« Les gens commencent à voir qu’on peut vendre en Chine sans devoir s’y installer; il suffit de passer par l’ANASE », précise-t-il, signalant que 95 % des produits exportés en Chine à partir d’un pays membre sont exempts de droits de douane ou frappés de tarifs d’au plus 5 %.

L’Indonésie, la Malaisie et Singapour sont particulièrement attrayantes parce qu’elles offrent un éventail complet de débouchés à l’exportation et de possibilités d’investissement dans tous les secteurs et que leur proximité facilite la mobilité entre elles.

« Il y a aussi l’accès à une vaste main-d’œuvre, affirme M. Liew. L’Indonésie se classe au quatrième rang mondial pour sa main-d’œuvre abondante, très jeune et apte à la formation.

« Par contre, poursuit-il, le secteur manufacturier malais est bien développé, de même que les secteurs de la haute technologie et des finances de Singapour, qui abrite aussi le quatrième port du monde, un incontournable pivot logistique dans la région. »

Traits de supériorité d’une chaîne logistique

« Ensemble, ces trois pays offrent une chaîne logistique exceptionnelle, une capacité de mobiliser leur main-d’œuvre pour combler les lacunes et le passage aisé des marchandises par Singapour. »

« De plus, ils sont fort intégrés dans les chaînes mondiales, surtout dans le secteur manufacturier », déclare Yuen Pau Woo, président et chef de la direction de la Fondation Asie Pacifique du Canada (FAPC). Ces maillons regorgent d’occasions d’y exploiter l’expertise canadienne dans d’importants secteurs comme l’aéronautique, les TIC et la biotechnologie.

Toutefois, les trois sont à des stades de déve­loppement économique très différents, ce qui pose des défis singuliers selon l’expérience d’entreprises actives dans la région (pages 2, 3, et 4).

« Les sources d’aide sont nombreuses », explique M. Woo, citant EDC, le Service des délégués commerciaux du Canada, les chambres de commerce du Canada dans les trois pays, le Southeast Asia Canada Business Council et d’autres firmes canadiennes présentes dans la région ou y exportant.

Indonésie : une mine de ressources pour Hatfield Consultants

l’Indonésie : une mine de ressources pour Hatfield Consultants

Chris Hatfield, biologiste halieutique et fondateur de Hatfield Consultants, entreprise mondiale primée de services environnementaux, a reconnu il y a vingt-cinq ans les débouchés liés à la très forte population et aux vastes ressources naturelles de l’Indonésie.

Principales importations de l’Indonésie :

machinerie, équipement, produits chimiques, combustibles, produits alimentaires

Exportations canadiennes :

engrais, pâtes et papiers, céréales, produits mécaniques et aéronautiques

Principaux partenaires à l’importation :

Chine 15 %, Singapour 15 %, Japon 13 %, États-Unis 7 % (2010)

L’entreprise vancouvéroise a percé le marché indonésien à la fin des années 1980, y voyant un besoin croissant de fournir des services-conseils en normes environnementales internationales aux sociétés minières, pétrolières et gazières, agricoles et des pêches dans la région, affirme Andy Dean, un associé chez Hatfield depuis huit ans.
« Comme il y avait des ressources à extraire en Indonésie, nous voulions aider l’industrie extractive à agir de façon responsable », explique M. Dean, qui a géré les activités indonésiennes de Hatfield ces quatre dernières années.

Face à la demande croissante pour ses services dans la région, la société a créé en 1990 une coentreprise, PT Hatfield Indonesia, avec un partenaire local.

« Notre coentreprise a trois partenaires indonésiens à son service depuis quelque temps déjà », dit-il, indiquant que ceux-ci ont rencontré le partenaire initial à un événement organisé par le Service des délégués commerciaux du Canada.

« Alors, profitez de l’appui et des conseils de ce Service et, si possible, trouvez un bon partenaire », conseille-t-il à quiconque songe à faire des affaires dans la région.

Parmi ses activités à l’étranger, Hatfield a affiché le plus fort taux de croissance annuel en Indonésie selon M. Dean, soit 25 % contre 15 % au Canada. Cette hausse résulte de l’accroissement de la demande pour ses services dans la région.

Pour mieux gérer cette vigoureuse croissance, Hatfield a fait appel à EDC.

« L’appui d’EDC nous aidera en partie à soutenir cette croissance et à bien gérer les risques. Nous avons souscrit au Programme de garanties d’exportations afin de maintenir un flux de trésorerie pour financer notre croissance. »

M. Dean souligne que l’Indonésie peut présenter quatre grands défis aux entreprises étrangères : la corruption demeure un sérieux problème malgré les récentes réformes et les progrès réalisés pour la combattre; les incertitudes bureaucratiques peuvent nuire à l’efficacité des activités; l’infrastructure des transports et des communications doit être modernisée; et les entreprises se disputent âprement les travailleurs qualifiés et chevronnés.

« Mais si, à l’instar de Hatfield, votre objectif est de vous implanter en Indonésie à long terme, les débouchés sont fabuleux.

« Hatfield y a tenu le coup durant des périodes de difficultés économiques, alors que nombre d’entreprises du secteur fermaient leurs portes et quittaient l’Indonésie », dit M. Dean, citant en exemple la crise financière qui a frappé la région dans les années 1990.

« Nous avons gagné l’estime de nos clients pour avoir maintenu notre présence, bon an, mal an. »

Malaisie : un boom touristique qui retentit pour Hunter Amenities

Malaisie : un boom touristique qui retentit pour Hunter Amenities

Il est essentiel de bien connaître son marché et la culture commerciale pour pénétrer l’Asie et y exercer des activités, affirme Berny Amiel, chef de la direction de Hunter Amenities International. Ce fabricant et distributeur canadien primé de produits de soins personnels pour l’industrie hôtelière exploite des usines en Malaisie.

« La croissance est fulgurante », dit-il, ajoutant qu’elle va de pair avec la croissance rapide de l’industrie hôtelière en Asie et au Moyen-Orient, deux marchés approvisionnés par les usines malaisiennes de Hunter.

Principales importations de la Malaisie :

produits électroniques, machinerie, produits pétroliers, plastiques, véhicules, produits chimiques, fer, acier

Exportations canadiennes :

engrais, produits aéronautiques, appareils mécaniques, matériel électrique

Principaux partenaires à l’importation :

Chine 13 %, Japon 13 %, Singapour 11 %, États-Unis 11 % (2010)

Son chiffre d’affaires dans ces régions augmente annuellement de 25 à 35 %. Cette croissance est beaucoup plus forte que sur des marchés développés comme les États-Unis, où l’essor tient surtout à l’augmentation des parts de marché plutôt qu’à l’expansion phénoménale des chaînes d’hôtel de clients existants – comme c’est le cas en Asie et au Moyen-Orient.

Établie à Burlington (Ontario), l’entreprise fabrique sa gamme de savons, de crèmes et d’autres produits qu’elle distribue à des hôtels et des stations thermales dans plus de 100 pays. Elle s’est lancée à l’étranger en formant des alliances stratégiques avec des entreprises similaires déjà habituées aux pratiques commerciales locales, ce qui lui a permis de continuellement offrir ses produits de marque de grande qualité à des hôtels du monde entier.

Grâce aux solutions de financement d’EDC, Hunter s’est récemment portée acquéreur d’un ancien partenaire, Woleco Hotel Supplies Pte Ltd., se dotant ainsi d’un réseau de distribution bien établi en Asie et au Moyen-Orient. Cette société affiliée a son siège à Singapour et des usines en Malaisie et en Chine.

« Bref, cette acquisition a été notre porte d’accès au marché asiatique, explique M. Amiel. Et EDC a contribué à ouvrir cette porte en fournissant les garanties d’exportation nécessaires pour que les banques consentent à financer l’opération. »

Les taux salariaux sont raisonnables en Malaisie, et c’est là un des avantages attrayants du marché. Toutefois, une pénurie de main-d’œuvre qualifiée frappe l’industrie malaisienne et il peut être difficile de faire venir au besoin ce type de travailleurs, le processus d’entrée pouvant exiger un préavis à l’État.

Malgré son rayonnement international grandissant comme fournisseur de produits d’accueil pour des chaînes hôtelières comme Fairmont, Westin, Hyatt, Sheraton et le Club Med, Hunter n’a pas oublié ses racines canadiennes. Elle a récemment gagné le prix du Meilleur fabricant de Burlington, où elle a lancé un vaste projet d’agrandissement, et a été sélectionnée parmi les 50 sociétés les mieux gérées au Canada.

Singapour : un port polyvalent

Singapour : un port polyvalent

La proximité de la Malaisie au port quasi franc et très actif de Singapour, où Hunter Amenities International a un bureau et des entrepôts, procure à l’entreprise un avantage concurrentiel mondial, selon M. Amiel.

Principales importations de Singapour :

combustibles, produits chimiques, produits alimentaires et biens de consommation

Exportations canadiennes :

appareils mécaniques, plastiques, équipement électrique, dispositifs optiques ou médicaux et nickel

Principaux partenaires à l’importation :

Malaisie 12 %, États-Unis 12 %, Chine 11 %, Japon 8 % (2010)

« Historiquement, le port a été la raison d’être de l’économie de Singapour », déclare M. Woo, de la FAPC. « Mais cet ancien port de transit de fret s’est transformé en un centre financier mondial et un carrefour de l’éducation, des TIC, de la R-D, de la biotechnologie, des sciences de la vie, et plus encore.
« Véritable métropole mondiale, Singapour est un acteur du commerce international partout sur la planète, une caractéristique que les entreprises canadiennes devraient considérer. » Bien que les exportateurs et les investisseurs n’aient pas l’habitude de cibler ultimement ce petit marché intérieur de moins de cinq millions d’habitants, il note que la cité-État « est un excellent tremplin vers les marchés de la région et du monde ».

Singapour est aussi le pays où il est le plus facile de faire des affaires selon l’indice de classement de la Banque mondiale en fonction d’une moyenne de dix indicateurs, dont le commerce transfrontalier, les permis de construction et la protection des investisseurs.

Quant aux défis à relever, M. Liew d’EDC indique que le plus pressant est l’escalade des frais d’exploitation sur place causée par les coûts élevés des terrains et un marché du travail restreint.

« Le contexte commercial est également très concurrentiel, car Singapour attire de nombreux chefs de file d’industries, dont beaucoup de multinationales. »

Catégories Asie-Pacifique, Infrastructure et construction

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