Permettre au secteur canadien des biotechnologies d’étendre son empreinte mondiale

Permettre au secteur canadien des biotechnologies d’étendre son empreinte mondiale

L’industrie pharmaceutique mondiale est en pleine transformation. Les médicaments vedettes d’hier, leurs brevets échus, ont été détrônés par des produits génériques moins chers. La multiplication des acquisitions, des alliances et des rachats s’est traduite par une concurrence plus vive.

En outre, sur des marchés comme l’Amérique du Nord et l’Europe, la croissance ralentit, tandis qu’elle atteint des sommets inégalés dans les économies émergentes comme certains pays d’Asie, dont l’Inde. Les entreprises canadiennes peuvent donc profiter d’activités à l’exportation, mais elles doivent s’adapter aux nouvelles réalités de l’industrie.

Le modèle d’affaires de l’industrie pharmaceutique, notamment, a changé. En général, les laboratoires ne contrôlent plus les produits du début à la fin (recherche, tests, production), comme ils le faisaient auparavant. L’espace biotechnologique s’est plutôt transformé en marché d’idées où la propriété intellectuelle (PI) se vend et s’achète comme des pièces d’automobile - que le produit ait été déjà mis sur le marché ou soit en phase de recherche et développement.

« Nous avons discuté avec les compagnies canadiennes de biotechnologie de ce dont elles avaient besoin pour réussir en ce moment, et elles nous ont souvent répondu la même chose : pour croître à l’international, elles ont besoin de financement de la propriété intellectuelle », explique Antonio Lopes, chef de comptes, Sciences de la vie et Soins de santé, à EDC. « En achetant la PI, les entreprises se protègent contre les risques d’échec des produits et de rendements médiocres sur leurs investissements. Pour elles, c’est logique de se diversifier et d’éviter ainsi de mettre tous leurs œufs dans le même panier. »

Actuellement, le moteur de l’industrie pharmaceutique semble être l’achat et l’octroi de licences de PI. Un exemple? Valeant Pharmaceuticals International, de Montréal, a été l’une des premières entreprises canadiennes à se prévaloir de ce modèle d’acquisition, remportant un succès vif. En 2011, Exportation et développement Canada (EDC) l’a aidée en injectant 175 millions de dollars américains dans un mécanisme général de 1,7 milliard de dollars américains destiné à appuyer sa stratégie d’acquisition. C’était la première incursion d’EDC dans le financement des PI. Aujourd’hui, Valeant est le plus important laboratoire pharmaceutique au Canada, détenant les droits à l’égard de plus de 500 produits dans le monde entier.

Cependant, grand nombre d’acteurs biotechnologiques, surtout les plus petits, estiment qu’acheter des PI est irréaliste parce qu’ils ne disposent pas d’actifs suffisants pour garantir un prêt. La solution est de financer les flux de trésorerie. Un prêteur, par exemple EDC, évalue la capacité d’une entreprise à rembourser un prêt, non pas en se basant sur ses actifs existants, mais en projetant les flux de trésorerie auxquels elle peut s’attendre à l’avenir (comme, par exemple, les recettes attendues après l’achat de PI).

De cette façon, EDC peut aider les compagnies de toutes tailles qui veulent étendre leur rayonnement international dans le secteur des biotechnologies et des sciences de la vie. Or, ce secteur laisse entrevoir de belles perspectives de croissance grâce à l’augmentation de la demande mondiale, résultat de la population vieillissante, la plus grande fréquence de maladies chroniques, la classe moyenne en expansion et l’évolution rapide des technologies médicales, entre autres.

Concordia Healthcare et Merus Labs

Concordia Healthcare, à Oakville, en Ontario, est une autre entreprise qui, comme Valeant, connaît une croissance à travers l’acquisition de PI. Dernièrement, au mois d’octobre, la société a acheté deux nouveaux médicaments : Donnatal® pour la prise en charge du côlon irritable, et Zonegran® (zonisamide), aux États-Unis, indiqué dans le traitement de crises d’épilepsie partielles chez l’adulte.

Au total, EDC a accordé 22,5 millions de dollars américains en participant aux montages financiers de ces deux produits, arrangés par des succursales de General Electric. Grâce aux bénéfices tirés de ces médicaments dits « matures » parce qu’ils sont plus anciens et produisent des recettes prévisibles, la société envisage de développer de nouveaux médicaments.

Au même moment, Merus Labs de Toronto a acheté les droits européens au Sintrom, un anticoagulant indiqué dans le traitement et la prévention de complications thrombo-emboliques. Pour cette acquisition, EDC a injecté 12 millions de dollars américains dans un mécanisme de financement de 80 millions de dollars américains.

« Cette l’industrie est très lucrative en ce moment, particulièrement si on achète des PI sur des produits pharmaceutiques, affirme M. Lopes. Les multinationales du secteur, notamment aux États-Unis, ont cependant pris une longueur d’avance et achètent beaucoup de jeunes entreprises canadiennes. Nous espérons qu’en offrant ce type de financement, nous contribuerons à la croissance de nos compagnies afin qu’elles deviennent elles aussi des actrices mondiales, au même titre que Valeant. »

En 2013, plus de 145 entreprises des secteurs canadiens des sciences de la vie et des soins de santé ont eu recours aux produits et services d’EDC afin de financer et d’assurer leurs contrats et autres activités à l’étranger, pour un montant total d’environ un milliard de dollars.

Catégories Technologies et télécommunications

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