Prêt à exporter : Misez-vous sur l’innovation?

Prêt à exporter : Misez-vous sur l’innovation?

Les entreprises qui exportent sont plus innovatrices, productives et rentables, sans compter qu’elles sont mieux prémunies contre les risques. Dans ce premier article d’une série de quatre, nous allons voir comment les entreprises qui innovent et investissent dans la R-D peuvent être concurrentielles sur la scène mondiale. (Voir également : 2ème partie – la productivité, 3ème partie – rentabilité), 4ème partie – gestion du risque)

Dans son secteur d’activités, John Simmons doit concurrencer non seulement d’autres sociétés canadiennes, mais aussi des entreprises de partout ailleurs sur la planète.

M. Simmons est chef de la direction de Carmanah, une entreprise spécialisée dans la technologie solaire qui propose des solutions d’éclairage DEL – pour les routes, les parcs de stationnement et les pistes en tous genres – ainsi que des systèmes destinés aux infrastructures, notamment des aides à la navigation pour l’industrie navale ou des éclairages au sol pour les aérodromes.

« Nous nous efforçons d’innover pour offrir le meilleur rapport qualité-prix à nos clients », déclare M. Simmons.

En d’autres termes, les spécialistes en techno de Carmanah travaillent d’arrache-pied afin de concevoir les produits les plus sécuritaires, durables et économiques qui soit.

« Vouloir se positionner sur le marché mondial, c’est entrer en concurrence avec des entreprises d’une foule de pays, explique M. Simmons. Pour éviter d’être à la merci des fluctuations des devises et des coûts, offrir des produits innovants reste l’avantage concurrentiel par excellence, car les autres paramètres échappent à notre contrôle. »

C’est bien connu, les entreprises exportatrices sont plus innovatrices. En outre, elles innovent plus efficacement que celles qui n’exportent pas, selon des études réalisées par Statistique Canada, Deloitte et le Conference Board du Canada.

Souvent, l’innovation est motivée par une nouvelle compréhension des marchés internationaux. D’ailleurs, M. Simmons le sait très bien : la concurrence oblige les entreprises présentes à l’étranger à mieux comprendre l’évolution des marchés mondiaux de même que les moyens de rester concurrentielles dans leur propre secteur en constante mutation.

D’après M. Simmons, si Carmanah évoluait dans l’une des filières des produits de base – par exemple le charbon –, elle pourrait tirer profit de fluctuations possibles du taux de change qui inciteraient ses clients à acheter davantage. Bien entendu, l’inverse pourrait aussi se produire.

« Nous ne pouvons pas faire grand-chose [du côté de la productivité] pour changer cette situation, ajoute-t-il. Cependant, nous pouvons améliorer nos produits sur le plan technologique, et souvent ces améliorations permettent de contrer ou à tout le moins de réduire l’effet des paramètres sur lesquels nous n’avons aucune prise – comme les droits à l’importation, les taxes, les écarts de change et tout ce qui peut compliquer des ventes à l’exportation. »

Pour Jayson Myers, président et chef de la direction de Manufacturiers et Exportateurs du Canada, l’innovation induite par l’exportation ne se limite pas à la recherche et au développement (R-D).

« L’innovation englobe aussi l’amélioration de la production, des services, des compétences du personnel et des systèmes de distribution, toujours en vue de bonifier les solutions offertes aux clients. »

La Chambre de commerce du Canada abonde dans le même sens : « Nous étudions comment les entreprises peuvent profiter de l’économie du savoir en considérant leur propriété intellectuelle de manière moins traditionnelle, c’est-à-dire en l’exploitant différemment d’un produit manufacturé », observe Scott Smith, directeur, Propriété intellectuelle et politique d’innovation.

Un sondage d’Industrie Canada a aussi révélé que l’exportation est liée à un plus fort taux d’innovation, lequel est caractérisé par des investissements plus conséquents en R-D, en technologies de l’information et de la communication, par l’acquisition de nouveaux équipements et par la formation des employés. À titre d’illustration, les entreprises exportatrices investissent trois fois plus en R-D que celles qui n’exportent pas.

Catégories Technologies et télécommunications

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