Prêt à exporter : L’exportation améliore la rentabilité

Prêt à exporter : L’exportation améliore la rentabilité

Les entreprises qui exportent sont plus innovatrices, productives et rentables, et elles craignent moins le risque. Cet article, le troisième article d’une série de quatre sur l’exportation et rentabilité. (Voir également : 1ère partie – l’innovation2ème partie – la productivité4ème partie – gestion du risque)

Après avoir quitté le Pakistan pour s’établir au Canada, Nadeem Ahmed a lancé North American Grain Corporation et, dans les deux ans, a réalisé sa première exportation, destinée au Japon.

« Après 18 durs mois de travail à envoyer des échantillons, nous réussissions enfin », explique M. Ahmed, en parlant des céréales de la Saskatchewan et du Manitoba qu’il exporte.

Aujourd’hui, il expédie ses céréales en Turquie, au Pakistan, en Colombie, au Costa Rica et en Gambie, et a créé de nouveaux débouchés en Afrique du Sud. Il évite toutefois le marché américain, qu’il considère comme saturé. Son entreprise, bâtie de rien, génère maintenant des recettes d’environ 5 millions de dollars, un bon bénéfice net pour quelqu’un qui a émigré au Canada en 2001, après une retraite anticipée de l’armée de l’air du Pakistan.

« J’ai toujours été intéressé par le commerce », confie-t-il lors d’un appel du Sénégal, où il explorait de nouveaux marchés. « À mon départ à la retraite, j’ai voulu réaliser mon rêve de devenir entrepreneur. »

La rentabilité du commerce de M. Ahmed ne surprend pas les experts en exportation.

« Les exportateurs font plus de profits que ceux qui n’exportent pas », indique Bill Currie, vice-président et directeur général pour l’Amérique à Deloitte. « Au Canada, marché relativement petit et étroit, la concurrence n’est pas très forte.

Des études réalisées par Statistique Canada, Industrie Canada et Le Conference Board du Canada arrivent à des conclusions semblables, qui concordent aussi avec les observations de Todd Evans, directeur des Services de recherche d’EDC.

« Si vous désirez croître, mais que votre entreprise a saturé son marché au pays et que les ventes stagnent, l’exportation s’avère une excellente stratégie, indique l’expert. Non seulement l’entreprise exportatrice élargit son marché potentiel, mais elle obtient d’autres avantages qui lui permettront d’investir dans son expansion. Par exemple, elle peut amortir ses investissements, comme la R-D et les dépenses en immobilisations, sur un plus grand volume de ventes et des rentrées plus importantes, ce qui lui donne une marge de manœuvre pour adopter de nouvelles stratégies de croissance et de rentabilité, ici comme à l’étranger. »

Un sondage d’Industrie Canada corrobore l’expérience de M. Ahmed et l’analyse de M. Evans. De 2009 à 2011, 10 % des PME exportatrices canadiennes ont connu une croissance annuelle supérieure à 20 %, contre 8 % du côté des non-exportateurs. Ainsi, le revenu annuel moyen des exportateurs sondés, plus déterminés à augmenter leur part de marché et leurs recettes, était de 3,4 millions de dollars, comparativement à 1,6 million pour les non-exportateurs.

Le Conference Board du Canada a aussi réalisé une étude, auprès de toutes les entreprises canadiennes de 500 employés ou moins.

« Nous avons comparé les entreprises exportatrices à celles qui vendaient uniquement au pays », explique Danielle Goldfarb, directrice du Centre du commerce mondial du Conference Board du Canada. « En contrôlant les autres facteurs, nous nous sommes aperçus qu’exporter entraîne l’augmentation des ventes et des bénéfices des entreprises canadiennes; celles qui n’exportent pas ne connaissent pas ces augmentations. C’est un lien de causalité : peu importe la taille de l’entreprise, l’exportation améliore sa rentabilité. »

Categories Agroalimentaire

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