De sous-division à société indépendante : la Québécoise Exo‑s, une entreprise bien montée

De sous-division à société indépendante : la Québécoise Exo‑s, une entreprise bien montée

Exo‑s, c’est une affaire de pièces. À commencer par son nom.

EXpertise, Objectifs partenariat, Solutions novatrices : quatre pièces qui, une fois mises ensemble, définissent cette entreprise de Sherbrooke, au Québec.

Les pièces sont le pivot de cette entreprise : en effet, 75 % des recettes d’Exo‑s proviennent de la conception et de la fabrication de pièces en plastique pour de nombreux chefs de file mondiaux de l’automobile. Capots moteurs, systèmes de ventilation et réservoirs d’expansion ne sont que quelques-uns des produits qu’Exo‑s crée sur mesure afin qu’ils s’intègrent parfaitement au design complexe des véhicules de ses clients.

Les 25 % restants viennent de la production de divers produits industriels et biens de consommation; des skis de motoneiges aux bacs Rubbermaid, en passant par les pneus de voitures jouets.

De pièce en pièce, Exo‑s doit veiller à répondre aux besoins particuliers de ses clients. Ses produits sont comme les pièces d’un casse-tête : il faut de la précision pour qu’elles s’insèrent parfaitement ensemble et forment un tout fonctionnel. C’est particulièrement vrai avec les clients automobiles, et c’est pourquoi Exo-s envoie des ingénieurs chez ces clients afin de faciliter la coordination et d’être toujours au fait de leurs besoins. C’est cette qualité de service qui permet à une plus petite entreprise comme elle de tenir tête à la concurrence, dans un secteur de géants.

Exo‑s n’est toutefois pas née tout d’une pièce.

L’entreprise voit le jour en 1968 comme division du plastique de la famille Bombardier. Puis, en 1982, la Québécoise Camoplast Solideal acquiert cette division, en plus de celles du caoutchouc et de la mode, marquant ainsi le début de la deuxième phase d’Exo‑s.

Trente ans plus tard, la division du caoutchouc de Camoplast a tellement grandi qu’elle ne se concentre plus autant sur le plastique, ce qui freine alors sa croissance. C’est ainsi qu’en 2012, Exo‑s est créée sous sa forme actuelle, à la suite d’un rachat par les cadres. La croissance met peu de temps à suivre.

« Nous prévoyons atteindre des recettes avoisinant les 100 millions cette année, ce qui représente une croissance annuelle composée de 15 %par rapport à notre première année comme entreprise indépendante », affirme Daniel Denault, chef de la direction financière d’Exo‑s.

« Ce n’est pas tout : nous sommes aussi en train d’étendre notre présence. En février, nous avons acquis les actifs d’une société mexicaine du secteur du plastique, Hudson Garden. C’est notre premier pas en dehors du Canada et des États-Unis. Nous prévoyons que, d’ici quelques années, le Mexique pourrait produire plus de véhicules que notre voisin du Sud. En tant que fournisseur de pièces, nous devons être là où nos clients se trouvent. »

Exportation et développement Canada (EDC) a appuyé cette acquisition au moyen d’un prêt de quatre millions de dollars. Une partie du financement a servi à acquérir les actifs de la société, y compris une grande usine de production, et l’autre servira à acheter de l’équipement pour l’usine cette année.

En plus du financement, EDC a aidé Exo‑s à trouver des débouchés au Mexique en lui présentant des entreprises et en faisant la promotion de ses produits.

« Un nombre incroyable d’entreprises canadiennes nous disent à quel point c’est difficile de se tailler une place dans les chaînes d’approvisionnement des grands acteurs mondiaux, qui sont les plus intéressants », explique Carl Burlock, premier vice-président, Financement et Investissements, EDC. « Le financement d’EDC permet à Exo-s de se rapprocher de ses clients et de saisir plus d’occasions. Nos représentants au Mexique l’aident aussi en servant de personnes-ressources sur place, ce qui est indispensable pour pénétrer un nouveau marché. Si nous pouvons aider nos entreprises à décrocher des contrats au Mexique, cette croissance se reflétera sur les sociétés mères au Canada, et c’est là notre raison d’être. »

Lorsqu’elle a été acquise par Exo‑s, l’usine de Hudson Gardens générait environ six millions de dollars de recettes, surtout avec les ventes de bacs Rubbermaid. Grâce au nouvel équipement de fabrication de pièces automobiles et aux contrats prévus dans la région, M. Denault s’attend à ce que ce chiffre quadruple d’ici quatre ans.

« Le Mexique est une pièce maîtresse de notre croissance, indique M. Denault. Nous voulons profiter des occasions qui se présenteront partout dans le monde et répéter notre réussite mexicaine. L’Europe, l’Amérique du Sud et l’Asie sont dans notre ligne de mire. »

Categories Transport

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