Qu’est-ce qui vous préoccupe?

Le jeu de bascule mondial sur les politiques commerciales a donné lieu à beaucoup de discussions avec les exportateurs ce printemps : en gros, nos prévisions à l’exportation portaient sur le débat entourant le commerce, les résultats attendus, les effets sur l’économie mondiale et les conséquences pour le Canada. Le point de vue des Services économiques d’EDC à ce sujet a suscité beaucoup d’excellentes questions. En effet, durant ma tournée Parlons exportations dans 13 villes du Canada, les participants m’ont posé plus de 50 questions. Donc, qu’est-ce qui préoccupe les exportateurs canadiens?

Au haut de la liste se trouvait la situation politique aux États-Unis. Au total, 18 % des questions posées portaient sur ce sujet, ce qui est assez remarquable si on considère que le tiers de la présentation y était consacré. Nous nous attendions à ce que la présentation réponde à la grande partie des interrogations des participants, mais il semble au contraire qu’elle les a poussés à réfléchir davantage et qu’elle a accru leur désir d’en savoir plus. Les questions touchaient de nombreux aspects, mais bon nombre d’entre elles portaient sur les diverses stratégies permettant de composer avec le changement de paradigme – de la diversification des destinations aux stratégies de déplacement et de négociation. Ils m’ont mis sur la sellette!

On retrouvait aussi en tête de liste les politiques canadiennes sur un ensemble de sujets. Rappelons les élections britanno-colombiennes qui se sont tenues aux mois de mai et juin et qui ont jeté les projets d’oléoducs Trans Mountain dans l’incertitude. On a aussi soulevé le salaire minimum en Ontario, spéculé sur les effets des politiques fédérales et provinciales sur la situation entourant les politiques commerciales à l’égard des États-Unis, abordé l’éternelle question du niveau de la dette publique, discuté des réductions de l’impôt des entreprises aux États-Unis et traité des questions récurrentes relatives aux infrastructures. Beaucoup de ces questions sont sans réponse et le sont demeurées; en effet, il y avait peu à ajouter, à part décrire le contexte économique et avancer des hypothèses sur la suite des choses.

Les interrogations propres aux secteurs, qui comptaient pour 16 % des questions posées, suivaient de près. Elles touchaient à tout, mais surtout d’un point de vue régional et à l’égard d’événements récents. Par exemple, au Québec, il était question du secteur de l’aéronautique, principalement des menaces de poursuite de Boeing contre Bombardier. Les questions sur les perspectives des secteurs du pétrole et du gaz naturel et de l’exploitation minière sont celles qui revenaient le plus souvent. Comme toujours, la question du logement était sur toutes les lèvres et on s’est interrogé sur l’issue du différend sur le bois d’œuvre.

Le resserrement de la conjoncture économique et les activités des banques centrales ont attiré l’intérêt des participants sur les perspectives à court terme pour les taux d’intérêt. La présentation comportant notamment une analyse de la politique monétaire à court terme au Canada et aux États-Unis, on nous a demandé notre avis sur les effets éventuels d’une réduction de la liquidité. Nous avons répondu que, de façon générale, les politiques, qui étaient très souples, reviennent à la normale, mais que nous ne sommes pas encore sûrs de ce que ça veut dire en réalité. Les auditoires voulaient surtout s’assurer qu’une hausse des taux n’allait pas paralyser l’activité économique, assurance que nous pouvions leur donner : nous croyons que la hausse des taux soutiendra une croissance naissante sans la laisser s’emballer.

Ensuite venaient les questions relatives aux monnaies. On se demandait si les turbulences au niveau des politiques n’allaient pas amener les monnaies, le dollar canadien surtout, à se comporter étrangement. Étant donné que nos principales prévisions ne font état d’aucun changement majeur dans les politiques commerciales, prévisions qui s’appuient sur un raisonnement solide, il nous fallait simplement expliquer notre modèle d’analyse des monnaies, qui tient compte des fluctuations du cours des produits de base, du différentiel de taux d’intérêt canado-américain, des événements mondiaux qui plombent la valeur du billet vert et de l’évolution de la conjoncture au Canada. En conséquence, nous prévoyons que le dollar canadien demeurera stable – autant par rapport au dollar américain qu’à l’euro – malgré les turbulences sur le plan des politiques.

Il ne restait que la question des pays (« vers quels marchés se tourner ensuite? » revenait souvent), des questions sur des aspects locaux et des questions aux sujets si divers qu’elles sont inclassables, notamment deux très intéressantes sur les répercussions de l’automatisation sur les perspectives à long terme.

Conclusion?

Les auditoires ont tous été très intéressés et il nous a même fallu, dans certains cas, mettre fin à la période de questions pour ne pas empiéter sur l’horaire des participants. On peut donc penser que les turbulences sur le plan des politiques donneront lieu à des séances animées pendant encore un bon moment. Si vous avez des questions qui vous démangent, n’hésitez pas à nous les faire parvenir.

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