Les risques pays qui vous auraient échappé…

Les nouvelles en provenance du Royaume-Uni et des États-Unis vous préoccupent? Le monde vous paraît ne plus tourner tout à fait rond? Nous sommes du même avis. En effet, on semble traverser une période d’incertitude marquée par le retour des risques politiques sur les marchés développés – un retour ponctué par un nombre croissant d’aléas –, le tout sur fond de montée du populisme et du protectionnisme. De récents articles ont examiné ces événements faisant les manchettes, alors que d’autres d’une portée déterminante sont passés pratiquement inaperçus. Aujourd’hui, nous nous penchons sur certains développements notables présentés dans notre nouvelle édition de l’hiver 2017 de l’Analyse trimestrielle des risques pays. L’analyse cible non seulement les risques pays, mais aussi la réaction des gouvernements aux événements liés à ces risques.

Il y a de bonnes nouvelles en provenance de l’Asie – La région a connu son lot de victoires et de déconvenues. Le Vietnam suit depuis quelques années une trajectoire stable de croissance ascendante grâce à des politiques relativement stables, des efforts pour réformer les institutions et un panier d’exportations de plus en plus axées sur des produits à plus forte valeur ajoutée. Le Vietnam a enregistré une croissance globale de 6 % depuis deux ans, ce qui le hisse au rang des marchés les plus dynamiques de la région. L’entrée rapide d’investissements directs étrangers (ou IDE) a aussi joué un rôle déterminant dans la réussite du Vietnam. En 2016, l’essor des entrées d’IDE a atteint les deux chiffres – une hausse qui s’explique entre autres par la privatisation de sociétés publiques. L’intérêt que le Vietnam porte aux négociations commerciales, notamment avec l’Union européenne, la Corée du Sud et l’Union économique de l’Eurasie, pourrait bien embellir davantage les perspectives de croissance du pays du Dragon.

À présent, mettons le cap sur la Jamaïque – Grâce d’excellents antécédents en matière de réformes, dans le cadre du mécanisme élargi de crédit du FMI, la Jamaïque a augmenté ses réserves en devises et bonifié sa position extérieure – deux objectifs facilités par la faiblesse des cours pétroliers. Le ratio de la dette souveraine au PIB demeure élevé, mais les perspectives s’améliorent à mesure que le ratio suit une tendance descendante. La Jamaïque s’est engagée à entreprendre des réformes clés pour stimuler l’emploi, la croissance économique et l’investissement dans les infrastructures, tout en assurant la protection sociale. Fait digne de mention, la Jamaïque a annoncé qu’elle considère l’Accord de confirmation récemment approuvé par le FMI uniquement comme une mesure de précaution à utiliser dans l’éventualité de chocs extérieurs – ce qui constitue un vote de confiance d’une immense importance envers ce marché qui est en mesure de mobiliser un soutien extérieur, au besoin, sans qu’il fasse nécessairement appel à ce moyen. La Jamaïque n’est pas encore tirée d’affaire. Toutefois, elle a réalisé des améliorations substantielles, malgré deux restructurations de sa dette au cours de la dernière décennie.

Prenons la direction de l’Europe, et plus précisément de la Serbie – Les perspectives de ce pays européen se sont nettement améliorées. En travaillant de concert avec le FMI, le pays a réalisé des progrès sensibles en jetant les bases nécessaires pour stabiliser la croissance et améliorer les paramètres de la dette. Le gouvernement envisage de réduire sa participation dans l’économie, notamment en réduisant sa participation dans les sociétés d’État. La Serbie devrait donc inscrire une croissance de 2,5 % en 2016 et poursuivre sur sa lancée pour dégager une croissance moyenne se campant entre 3,5 et 4 % au-delà de 2018. La discipline budgétaire est le principal facteur sous-tendant l’amélioration des paramètres de la dette, ce qui permettra au gouvernement serbe de faire passer la dette publique générale du pic atteint en 2015 (soit de 77 % du PIB) à 65 % d’ici 2021. L’Union européenne a salué les avancées économiques de la Serbie, à mesure que le pays progresse dans le processus d’adhésion à l’Union européenne. Malgré une évolution positive sur d’autres marchés, les exportateurs canadiens doivent sérieusement prendre en compte des risques pays moins connus.

Arrêtons-nous sur le continent africain pour faire le point sur la République démocratique du Congo (ou RDC) – Les risques pays se sont accentués dans la RDC. Cette augmentation est attribuable à des troubles incessants, ainsi qu’à la plus grande probabilité d’un conflit grave et violent dans la capitale Kinshasa et d’autres zones urbaines – un conflit d’ailleurs déclenché par la crise électorale. Cette crise a éclaté en raison de la décision du gouvernement du président Joseph Kabila (son mandat devait prendre fin en 2016) de reporter les élections prévues en novembre dernier. Dans l’ensemble, le risque à court terme lié à la propagation d’un conflit civil dans la capitale de la RDC pourrait avoir des répercussions négatives sur les recettes, l’aide étrangère et le fonctionnement des institutions, et ce, pendant un intervalle prolongé. Résultat : les entreprises faisant affaire en RDC – un marché incontournable pour les sociétés évoluant dans les industries extractives – devraient alors composer avec des risques accrus.

Conclusion?

Les grands titres captent facilement notre attention, en particulier ceux qui annoncent « que le ciel nous tombe sur la tête ». Pourtant, une fois passé l’étonnement suscité par ces déclarations fracassantes, on se rend compte que les principaux événements marquant la conjoncture des divers pays du globe présentent à la fois des risques et des occasions. Or, l’incertitude généralisée pousse les entreprises à se priver d’une foule d’occasions. Voilà pourquoi il est capital que les exportateurs canadiens surveillent d’un œil averti des marchés méconnus afin qu’ils soient prêts à profiter de débouchés qui se dessinent ou encore à se protéger ou à protéger leurs investissements, leurs actifs ou leurs contrats. Les exportateurs trouvent justement ce genre de renseignements dans l’Analyse trimestrielle et d’autres ressources d’EDC.

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