Le rôle central des institutions financières canadiennes dans le succès mondial à l’exportation

Le rôle central des institutions financières canadiennes dans le succès mondial à l’exportation

Voici le deuxième article d’une série sur le secteur en plein essor des services financiers canadiens, qui contribue à la croissance des exportations du pays et renforce sa concurrence mondiale. Le premier article faisait un survol du secteur et un troisième décrira les défis et débouchés pour les entreprises canadiennes.

Le système bancaire canadien a fait des envieux durant la crise financière mondiale. S’il est vrai que les banques canadiennes ont souffert, elles s’en sont cependant sorties relativement indemnes et aucune n’est tombée, contrairement à d’autres aux États-Unis et en Europe, notamment. Ainsi, le système bancaire canadien se classe parmi les plus solides au monde selon le Forum économique mondial.

« Si le Canada a tiré son épingle du jeu, c’est grâce à une excellente gestion, à un bon système de réglementation et aux politiques rigoureuses de la Banque du Canada », note James Darroch, professeur agrégé en gestion stratégique et politiques et directeur du programme des services financiers à la Schulich School of Business de l’Université York.

« On peut exporter cette expertise en passant par des cabinets d’experts-conseils ou des acquisitions, ajoute M. Darroch. C’est grâce à elle que nous avons des institutions très solides et sécuritaires. Ça vaut de l’or. »

Selon l’Association des banquiers canadiens, les six grandes banques canadiennes génèrent environ 29 % de leurs recettes nettes à l’étranger. La valeur de leurs actifs internationaux est évaluée à plus de 1,6 billion de dollars, et elles comptent plus de 3 700 succursales hors du Canada réparties dans au moins 65 pays.

Certaines banques ont cheminé plus vite et plus loin que d’autres vers les marchés étrangers. La Banque Scotia, présente en Amérique centrale et du Sud, dans les Antilles, aux États-Unis, en Europe et en Asie, a la réputation d’être la plus internationale des six grandes banques canadiennes.

RBC, la 20e banque au monde pour la capitalisation boursière, exerce ses activités dans 38 pays, y compris presque tous les États des États-Unis et les Antilles, et a une présence importante à Londres et dans les îles Anglo-Normandes, entre autres. BMO est active aux États-Unis, en Europe, en Asie (notamment en Chine) et au Moyen-Orient, tandis que TD jouit d’une bonne présence aux États-Unis et au Royaume-Uni. La CIBC exerce ses activités aux États-Unis, dans les Antilles, en Asie et en Europe.

De son côté, Exportation et développement Canada, l’organisme de crédit à l’exportation du pays, continue d’étendre son empreinte et son influence. Aujourd’hui, elle compte de nombreuses représentations à l’étranger, dont les bureaux de Jakarta et de Londres ouverts en 2016.

En mars 2016, EDC a remporté le prix du meilleur organisme de crédit à l’exportation mondial de Trade Finance, chef de file de l’analyse et des nouvelles financières basé au Royaume-Uni. Trade Finance a notamment souligné la participation d’EDC au mécanisme général de 1,8 G$ US pour l’aluminerie Emirates Global Aluminium de Dubaï et la contribution de la Société à la marge de crédit de 105 M$ US (en collaboration avec la Banque africaine d’import-export) pour l’Egyptian Electricity Holding Company d’Égypte. EDC travaille avec des institutions financières des secteurs privé et public dans le but de renforcer la capacité des entreprises canadiennes en matière de commerce et d’investissement. Dans ces deux exemples, elle octroie des prêts à des sociétés étrangères pour les encourager à choisir des fournisseurs canadiens qualifiés. Trade Finance a reconnu la qualité, l’innovation et l’influence sur le marché des transactions, ainsi que la diversité de l’offre d’EDC.

Les banques forcées de chercher des débouchés hors du Canada

Après le rejet par le gouvernement fédéral des tentatives de fusion entre les grandes banques canadiennes dans les années 1990, elles ont commencé à chercher des débouchés hors du pays.

Elles ont plus tard mis au point leurs propres stratégies de croissance, qui ont aussi évolué avec le temps, rappelle Ron Stokes, chef des services de soutien à la transaction au secteur des services financiers à EY.

« Les catégories d’actif ou les pays ne pèsent plus aussi lourd qu’avant », souligne-t-il.

Un secteur en essor pour les banques aujourd’hui? La gestion du patrimoine privée. On s’attend en effet à ce que plusieurs billions de dollars soient transférés à la prochaine génération, dont au moins 16 billions de dollars américains d’ici 30 ans pour les clients à valeur nette très élevée, selon le rapport de Wealth-X et de NFP sur les transferts de patrimoine familial, qui parle du « plus important transfert de l’histoire ».

M. Stokes ajoute que les banques ont à cœur de trouver de nouveaux clients, mais surtout de répondre aux besoins de leurs clients actuels, particuliers aussi bien que les entreprises, qui s’internationalisent. Il donne l’exemple d’une entreprise pétrolière et gazière qui exercerait ses activités aux États-Unis et en Europe.

« Le secteur bancaire canadien est très concurrentiel, précise M. Stokes. Sur le plan international, les banques peuvent puiser dans leur expérience au Canada pour se démarquer sur différents marchés. C’est ce qui fait que la compétence canadienne peut s’exporter aux États-Unis et ailleurs. »

Débouchés dans la technologie financière

La croissance de la technologie financière est un nouveau terrain de concurrence pour les banques canadiennes. Menace pour certaines, occasion d’innover et d’étendre ses activités pour d’autres, la technologie financière est là pour rester.

La plupart des banques investissent des milliards dans leur stratégie numérique et s’associent à des entreprises de technologie financière pour parfaire leurs connaissances, attirer de nouveaux clients et fidéliser leurs clients actuels. La CIBC collabore par exemple avec MaRS Discovery District pour créer un carrefour numérique et favoriser les partenariats avec de jeunes entreprises de technologie financière. BMO s’est associée à DMZ à l’Université Ryerson, un autre incubateur d’entreprises, pour trouver des talents et technologies dans le monde des jeunes entreprises de technologie financière. BMO est la première banque canadienne à lancer un service de robot-conseiller. La Banque Scotia a un incubateur interne, l’Usine numérique, et TD, un laboratoire d’innovation, à Waterloo. La CIBC a conclu des partenariats avec des entreprises de technologie financière déjà établies, comme Payfirma.

Ces partenariats sont bénéfiques tant pour les banques que pour les entreprises de technologie, qui ne demandent qu’à étendre leurs activités hors du Canada.

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