Situation mondiale actuelle : les réflexions du chef de la direction d’EDC sur le Forum économique mondial de Davos

Situation mondiale actuelle : les réflexions du chef de la direction d’EDC sur le Forum économique mondial de Davos

Tout juste de retour du Forum économique mondial de Davos, le président et chef de la direction d’Exportation et développement Canada, Benoit Daignault, indique que le Canada a une occasion unique de tirer parti de la situation mondiale actuelle, même s’il doit lutter contre l’attitude protectionniste largement répandue dans certains pays, notamment aux États-Unis et en Grande-Bretagne.

« Les Canadiens sont futés et innovateurs, et bénéficient d’une fort belle image à l’étranger », souligne M. Daignault, dans la foulée de ses rencontres avec plusieurs clients étrangers et chefs de la direction de multiples entreprises canadiennes. « Les gens aiment faire affaire avec nous, et je crois que nous pouvons habilement faire le pont entre diverses régions du monde. Je suis convaincu que notre proposition de valeur est unique et toujours très solide, ce qui est d’autant plus vrai à l’heure actuelle. »

Même si on ne se rend habituellement pas au Forum économique mondial pour générer des affaires précises, M. Daignault explique qu’il est important que le Canada y soit représenté pour demeurer dans la ligne de mire du reste du monde.

« C’est un bon endroit pour découvrir de nouvelles perspectives et savoir ce que pensent les autres participants des divers enjeux. C’est l’occasion de s’entretenir avec les clients et de faire le point sur ce qui se dessine à l’horizon pour eux. »

Par ailleurs, l’événement est assurément l’endroit tout indiqué pour prendre le pouls des négociants internationaux. M. Daignault explique que certains chefs de la direction lui ont fait part de leur grande inquiétude à l’égard des politiques protectionnistes du gouvernement de Donald Trump, alors que d’autres y voient plutôt la possibilité d’en faire plus et d’étendre davantage leurs activités.

M. Daignault mentionne par ailleurs qu’on a beaucoup parlé du vide qui se formera si le nouveau président américain met son plan protectionniste à exécution. À ce sujet, il cite le discours de Xi Jinping, qui a présenté la Chine comme la championne du libre-échange et de l’ouverture. Certains participants ont d’ailleurs comparé M. Xi à Barack Obama.

« M. Xi a véritablement vanté les mérites du commerce mondial et du libre-échange. C’est comme si la Chine tentait de combler le vide laissé par les États-Unis. C’était intéressant de voir la dynamique entre les deux pays. »

En outre, M. Daignault a participé à un groupe de discussion sur le Brexit, auquel prenaient part certains spécialistes et le chancelier de l’Université d’Oxford. Il en retient les vives tensions que provoque la question au Royaume-Uni.

« Il y a eu beaucoup de débats politiques internes et de tensions quant à la manière de s’y prendre pour orchestrer une sortie réussie et harmonieuse de l’Union européenne. Selon moi, il y a encore beaucoup de travail à faire. »

Au chapitre du protectionnisme, il note que les participants au Forum économique mondial comprennent bien les enjeux expliquant l’attitude de repli de dirigeants comme Donald Trump. Et au bout du compte, ce n’est pas le commerce mondial qui est en cause.

« Les gens présument qu’il y a une relation inversement proportionnelle entre l’intensité du commerce et la situation de l’emploi. Notons que le commerce crée de la richesse qui n’est pas nécessairement distribuée uniformément, souligne M. Daignault. On pointe le commerce du doigt, mais ce n’est pas lui le coupable; c’est la technologie. Le problème, ce n’est pas que les entreprises optimisent la production et s’accaparent une part de marché en s’installant aux quatre coins du globe. C’est plutôt que la technologie a fait en sorte que l’effectif d’une entreprise passe de 200 à 50 travailleurs. Si ceux-ci n’ont pas la capacité d’acquérir de nouvelles compétences, on voit naître des tensions sociales. »

M. Daignault souligne que tous les participants au Forum semblaient conscients du fait que le protectionnisme ne changerait rien à la situation. « L’idée que le protectionnisme réglera la question fait néanmoins son chemin. La cause première de la situation a été bien comprise à Davos, mais ce n’est pas nécessairement le cas dans le reste du monde. »

Catégories Aperçus économiques

Comments are closed.

Affichages connexes