Stinson Studios : changer de cap pour soutenir la croissance des exportations aux États-Unis

Stinson Studios : changer de cap pour soutenir la croissance des exportations aux États-Unis

À la recherche d’un cadeau pour son directeur, Steven Spielberg, une équipe de tournage a craqué pour un objet d’art unique fabriqué dans un petit atelier d’ébénisterie de l’Ontario rural.

La célébrité oscarisée n’est qu’une des nombreuses personnalités en possession d’une œuvre des Stinson Studios. Citons l’empereur du Japon, l’ancienne secrétaire d’État américaine Madeleine Albright et la famille Marciano, connue pour ses jeans haut de gamme, de même que l’étoile de la LNH Mike Fisher et la chanteuse country Carrie Underwood, qui ont reçu un « Stinson » en cadeau de noces.

La petite entreprise familiale, sise près du village de Tamworth, à 35 minutes de route au nord-ouest de Kingston, produit des objets de bois raffinés – saladiers, planches à découper, abat-jour et sous-verre –, sans oublier des œuvres d’art personnalisées, pour la plupart en érable ou en chêne, qu’elle vend à plus de 300 détaillants en Amérique du Nord, dont plus de 220 aux États-Unis.

L’entreprise a parcouru bien du chemin depuis que Don Stinson, maintenant âgé de 62 ans, a troqué la fabrication de meubles pour celle de bols et de pièces en loupe au début des années 1980. Ses fils, Jesse et Spike, se sont joints à lui il y a une dizaine d’années, et l’atelier compte maintenant une dizaine d’employés.

Le monde de l’exportation s’est ouvert à Don Stinson il y a 37 ans, lorsqu’il a vendu un saladier en érable rouge à un client américain. Il a cru encore davantage en ses chances de réussite quand le gouvernement fédéral a offert une de ses pièces à l’empereur du Japon.

Depuis, l’exportation est le pilier de la croissance de l’entreprise. Toutefois, la crise financière l’a durement malmenée : si, en 2008, 40 % de son chiffre d’affaires provenait des États-Unis, l’année suivante, cette proportion avait chuté sous les 10 %.

La famille Stinson s’est vue obligée de revoir sa stratégie d’exportation. « Depuis 2008, une nouvelle clientèle s’intéresse à nos produits : les gens plus aisés. »

Les produits des Stinson Studios se retrouvent aujourd’hui dans les grands magasins de luxe Barneys, à New York et à Beverly Hills, de même que chez TableArt, détaillant d’articles ménagers haut de gamme de Los Angeles. Les bols de service se vendent entre 80 et 900 dollars, mais les plus populaires oscillent entre 150 et 225 dollars. Les loupes uniques de la collection vedette de l’entreprise se détaillent quant à elles entre 180 et 8 000 dollars.

L’an dernier, l’entreprise exportait 60 % de sa production aux États-Unis et, dans le premier semestre de 2016, ses ventes y ont doublé par rapport à la même période l’année précédente. Les Stinson Studios gardent toutefois le silence sur leurs recettes et leurs bénéfices.

L’exportation n’est pas pour autant une mince affaire, admet Jesse Stinson, pensant particulièrement au resserrement des exigences à la frontière canado-américaine depuis les attentats du 11 septembre. « Les agents des douanes ont une latitude incroyable, observe-t-il. Il est très difficile de prévoir exactement quelles seront les formalités administratives, de savoir ce qui est permis et ce qui ne l’est pas. »

Les Stinson Studios ont voulu rehausser leur avantage concurrentiel en alliant les outils et la machinerie modernes aux méthodes artisanales.

« Au cours des dix dernières années, nous avons travaillé avec des écoles et des sociétés d’ingénierie de la région pour développer une technologie d’ébénisterie – l’équivalent de passer de l’aiguille à la machine à coudre, explique M. Stinson. Nous ne délaissons pas l’artisanat traditionnel; nous le rendons plus simple, rapide et sécuritaire. » L’entreprise a aussi bénéficié de programmes de subventions des gouvernements fédéral et provincial.

Le parcours des Stinson, qui ont transformé un atelier traditionnel d’un seul artisan en entreprise exportatrice à succès, en inspire plus d’un. « Nous sommes devenus une référence pour les novices du domaine, constate M. Stinson. Quand on fait des erreurs à répétition et qu’on en tire des leçons, il est logique d’en faire profiter les gens qu’on respecte. »

M. Stinson, diplômé en histoire et en anthropologie, s’occupe de l’aspect analytique de l’entreprise, tandis que son père et son frère, qui ont la fibre artistique, s’adonnent à la conception et à la production. « Nous vivons à la campagne, sur une vieille ferme, indique M. Stinson, la forêt est juste à côté et je passe du temps avec ma famille tous les jours. Notre motivation, c’est de travailler ensemble. C’est la vie que j’ai choisie. »

Pour d’autres conseils sur l’exportation offerts par Jesse Stinson, cliquez ici.

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