Studios Arcana : Exporter sa créativité

Studios Arcana : Exporter sa créativité

Enfant, Sean O’Reilly n’aurait jamais imaginé que sa passion – créer – le propulserait sur la scène internationale, ni qu’il dirigerait l’interprète de Luke Skywalker de l’incontournable série Star Wars. Mais à force d’imagination, de vision et de discipline, il a réalisé ces rêves, et d’autres encore.

Mark Hamill, qui prête sa voix au Dr Henry Armitage dans le deuxième volet de la série animée Howard Lovecraft, attendu cette année, n’est d’ailleurs que le dernier des acteurs renommés engagés par Arcana, les studios de M. O’Reilly. Le générique du premier film, distribué partout dans le monde en 2016, affichait pour sa part le célèbre acteur canadien Christopher Plummer, qui reviendra pour les deuxième et troisième films.

Le fondateur et dirigeant des studios Arcana, en Colombie-Britannique, a découvert que le succès international dans la sphère de la création n’a rien de sorcier : viser haut, rêver en couleur et s’imposer une discipline suffisante.

Cette formule des affaires, M. O’Reilly l’a adoptée en 2003, alors qu’il travaillait sur Kade, sa première bande dessinée. Quatorze ans plus tard, son entreprise publie plus de bandes dessinées que toute autre au Canada (elle compte plus de 300 titres), et son volet d’animation a produit trois longs métrages, notamment ceux de la série Howard Lovecraft, dont les droits ont été acquis par Super Channel, Lionsgate, Rialto ainsi que Shout! Factory.

Arcana exporte 90 % de sa production partout dans le monde, mais surtout aux États‑Unis – qui comptent pour 40 % des ventes à l’étranger. Ses autres principaux marchés sont l’Australie et la Chine.

« L’entreprise exporte depuis ses débuts », indique M. O’Reilly, qui se promène entre trois bureaux, à Maple Ridge, à Burnaby et à Coquitlam, chez lui. « Le marché américain est dix fois plus grand que le marché canadien et, au départ, c’est là que nous voulions vendre nos bandes dessinées. »

À cause des aspects culturels, notamment l’utilisation des médias, les créations ne s’exportent pas comme les produits de base ou les gadgets.

Ce qui n’a pas empêché le Canada de se tailler une excellente réputation partout dans le monde.

Selon la Canadian Media Producers Association (CMPA), la valeur des exportations médiatiques a atteint 3,2 milliards de dollars en 2015-2016.

« Les producteurs canadiens sont réputés à l’étranger pour leur expertise et leurs services hors pair », note la CMPA dans sa stratégie internationale pour 2016-2017. « Ils sont aussi reconnus pour leurs aptitudes uniques en animation et effets visuels par ordinateur. Les exigences vis-à-vis de ce type de services techniques augmentent pour tous les genres de productions, ou presque, et nos entreprises sont bien placées pour y répondre. »

Pour Arcana, le chemin vers la réussite s’est parcouru pas à pas, une étape à la fois.

« Le réalisateur James Gunn dit que pour réussir, il est essentiel de terminer ce qu’on entreprend, explique M. O’Reilly. Vous vous êtes lancé à la poursuite d’un rêve? Réalisez-le, après quoi vous en trouverez un nouveau. Nous sommes dans le monde de la création, mais il faut tout de même assez de discipline pour assurer une production. C’est un long processus d’apprentissage. »

Les marchés hors de l’Amérique du Nord, notamment la Chine, donnent lieu à des apprentissages particuliers.

« Le marché chinois est différent, souligne M. O’Reilly. Les procédures sont inhabituelles, que ce soit l’authentification de documents, la culture ou la façon de raconter une histoire. »

Le manque de protection de la propriété intellectuelle à l’étranger est un autre défi de taille.

« Les atteintes au droit d’auteur sont incroyables, ajoute-t-il. Mon premier film, Pixies, s’est retrouvé sur YouTube. Nous envoyons des avis de violation quotidiennement. »

Heureusement pour Arcana, ses activités internationales lui sont nettement plus avantageuses que préjudiciables. Même les quelques embûches et ecchymoses dont parle M. O’Reilly ont mené à de précieuses leçons.

« J’ai vu beaucoup de grands parleurs me faire de belles promesses, et nous avons lancé la machine, évoque-t-il. En fin de compte, ils m’ont fait perdre mon temps. Mais avec notre modèle d’affaires, nous sommes payés avant la livraison, donc nous n’avons pas de problèmes avec les paiements. »

Pour maximiser le succès, M. O’Reilly suit sa propre approche en trois temps, « VIP », pour vision, intégrité et passion. « La vision, c’est regarder devant; l’intégrité, c’est offrir des produits de la meilleure qualité possible. Mais la passion est l’élément le plus important, et j’adore mon travail. Quand les trois sont synchronisés, c’est formidable. »

Et l’avenir? M. O’Reilly sait que l’expansion sur les marchés étrangers ne pourra se poursuivre sans investissements, car Arcana doit rester à la hauteur des dernières avancées technologiques de l’industrie médiatique.

« Quand j’ai commencé, le paysage était assez simple : Netflix n’existait pas, ni le visionnement en rafale, se rappelle-t-il. Maintenant, la compétition est féroce, mais nous avons de l’ambition. Je veux intensifier nos activités en Asie et, du côté du contenu, la réalité virtuelle est notre prochain grand défi. Restez branchés pour connaître la suite. »

Apprenez-en plus sur le parcours d’exportation de Sean O’Reilly.

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