Thermostat intelligent Ecobee : face à Google et à d’autres rivaux de taille, une entreprise novatrice canadienne arrive à bien tirer son épingle du jeu.

Thermostat intelligent Ecobee : face à Google et à d’autres rivaux de taille, une entreprise novatrice canadienne arrive à bien tirer son épingle du jeu.

Stuart Lombard n’avait pas forcément de grandes visées avec son produit; il voulait simplement réduire son empreinte environnementale. Pourtant, l’entrepreneur torontois en est venu à créer un thermostat « intelligent » utilisé par des milliers de ménages en Amérique du Nord et à lancer un nouveau segment de produits.

Ce créateur de logiciels voulait programmer son thermostat pour réduire la consommation d’énergie de sa famille. Après tout, le chauffage et la climatisation représentent de 50 à 70 % de la facture énergétique d’un foyer.

L’exercice s’est avéré compliqué et frustrant, même pour un ingénieur. Un jour d’hiver, après être entré avec sa famille dans une maison glaciale, M. Lombard a décidé de construire son propre appareil.

Il a alors créé ecobee, sa troisième entreprise, et s’est mis à travailler à la recherche et au développement d’une nouvelle technologie.

« En 2009, nous avons lancé le premier thermostat Wi-Fi de l’industrie », raconte-t-il.

Les ventes ont décollé. Les propriétaires de maison ont été charmés par la conception élégante et conviviale du produit torontois et par la possibilité de régler la température avec leur téléphone cellulaire, et ce, même à l’extérieur, sans parler des économies sur leur facture énergétique.

« Nos clients économisent en moyenne 23 % en chauffage et en climatisation », explique M. Lombard, président et chef de la direction de l’entreprise.

Les ventes ont plus que doublé chaque année depuis la création d’ecobee, qui compte aujourd’hui 130 employés, dont près de la moitié sont des ingénieurs travaillant à la conception et au développement. Un fabricant chinois sous contrat fait l’assemblage à Shenzhen, tandis qu’une entreprise de logistique indépendante effectue la distribution à partir de ses entrepôts de Toronto et de Chicago.

Depuis sa fondation, ecobee adopte une stratégie nord-américaine; environ 90 % de ses ventes ont lieu au Canada et aux États-Unis.

« Le marché américain est plutôt facile à pénétrer pour une entreprise canadienne », souligne M. Lombard.

Les États-Unis ont peu d’obstacles réglementaires ou commerciaux, grâce à des accords comme l’ALENA. De plus, nos deux pays sont voisins, ont une culture similaire et partagent la même langue.

« Il nous semblait difficile d’envisager de courtiser d’autres marchés si nous ne pouvions même pas conquérir les États-Unis », poursuit M. Lombard.

Au début, les Américains s’arrachaient les stocks que l’entreprise écoulait par l’entremise de distributeurs de chauffage et de climatisation.

Mais la lune de miel s’est terminée quand Google a lancé Nest, un thermostat connecté à Internet conçu par un ancien dirigeant d’Apple. D’autres grosses pointures de l’industrie, comme Honeywell, ont également pris le virage intelligent.

L’arrivée de ces géants a déstabilisé l’entreprise canadienne.

« Au début, nous avions le seul produit du genre et les consommateurs nous adoraient, se souvient M. Lombard. Nous pensions jouer dans les ligues majeures, mais l’arrivée de Nest nous a fait comprendre que nous étions encore bien loin du compte. »

Au lieu de se replier au Canada, ecobee a mis les bouchées doubles sur le développement.

« Pour réussir, nous nous sommes dit que nous devions offrir la meilleure expérience utilisateur qui soit », poursuit-il.

L’entreprise a révisé son appareil et ajouté de nouvelles fonctionnalités pour finalement lancer le modèle ecobee 3 vers la fin de 2014.

« C’est ce qui nous a menés à un autre niveau », renchérit M. Lombard.

L’entreprise s’est aussi mise à vendre directement aux consommateurs chez des détaillants comme Best Buy, Home Depot, Lowe’s et Walmart, ainsi qu’en ligne sur Amazon.

Les magasins Apple Store sont allés encore plus loin en décidant d’offrir uniquement des thermostats de marque ecobee, ce qui a permis à l’entreprise d’occuper la deuxième position aux États-Unis avec 24 % des parts de marché.

« Je crois que nous avons bien rivalisé avec Google, explique M. Lombard. La concurrence nous rend plus forts et les clients y gagnent. »

D’ailleurs, l’enthousiasme des consommateurs continue de croître. Les services publics distribuent aussi de tels produits dans le cadre de programmes de réponse à la demande et d’efficacité énergétique.

Selon une étude de Berg Insight, le nombre de foyers nord-américains possédant un thermostat intelligent a augmenté de 78 % en 2015 pour atteindre 4,5 millions.

Navigant Research estime quant à elle que le marché mondial devrait quadrupler en 10 ans pour atteindre 4,4 milliards de dollars américains.

En plus d’aider les ménages à économiser, ecobee a d’excellentes retombées pour l’environnement, se réjouit M. Lombard :

« Nos clients ont économisé plus d’un térawattheure en énergie, soit assez pour alimenter une ville de la taille de Kingston pendant un an. »

Plus d’aperçus au sujet de l’exportation avec Stuart Lombard de ecobee sont disponible ici.

Catégories Ecotechnologies

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