Que nous réservent les exportations en 2016?

Que nous réservent les exportations en 2016?

Au crépuscule d’une année de fluctuations considérables et de revirements inattendus, il est temps de songer à 2016 et à ce qui attend les entreprises et les exportateurs canadiens.

D’abord, la dépréciation des monnaies autres que le dollar américain continuera à la suite de la hausse des taux de la Réserve fédérale américaine en décembre.

« Dans un environnement où la croissance reprend du poil de la bête, les niveaux actuels ne cadrent pas avec l’offre et la demande », indique Peter Hall, économiste en chef à Exportation et développement Canada.

Cette croissance empêchera, selon lui, le cours des produits de base de chuter davantage et le dollar canadien de remonter.

D’après Jayson Myers, chef de la direction de Manufacturiers et Exportateurs du Canada, le huard restera faible, dans la fourchette de 70 à 75 cents américaines.

Hall est d’accord : « Les dépréciations observées (surtout sur les marchés dépendants des produits de base, comme le Canada) continueront d’induire des turbulences monétaires. Même si c’est un peu paradoxal, nous croyons que les marchés ont forcé la note en prévision de cette hausse et subiront une correction. »

Le rebond des produits de base se fera toutefois attendre et pourrait même tarder jusqu’en 2017, affirme Todd Winterhalt, vice-président, Développement des affaires – Marchés internationaux à EDC.

« Nous constatons une croissance continue aux États-Unis et, même si les élections pourraient entraîner une légère fluctuation, les indicateurs précurseurs sont excellents », explique M. Winterhalt.

Les élections américaines joueront un rôle déterminant en 2016, ne serait-ce que pour recentrer l’attention sur les enjeux au pays même. L’Accord sur le bois d’œuvre résineux avec le Canada arrive à échéance, et il sera difficile d’en faire une priorité.

« L’industrie forestière appréhende un peu la situation », constate M. Hall.

Même si les exportateurs canadiens continueront probablement de voir les États‑Unis comme le marché le plus attrayant, M. Winterhalt espère qu’ils se tourneront aussi vers les marchés non traditionnels en 2016.

« Nous espérons que l’AECG [Accord économique et commercial global] avec l’Europe sera ratifié en 2017. Les entreprises fin prêtes mettront au point leur stratégie d’affaires. Il y aura un avantage concurrentiel immédiat pour l’Europe et, à plus long terme, pour le PTP (Partenariat transpacifique). L’année 2016 constitue le moment idéal pour préparer votre analyse de rentabilisation. »

M. Winterhalt prévoit aussi que les exportateurs canadiens découvriront de nouveaux marchés régionaux en 2016.

« Beaucoup d’entreprises canadiennes utilisent des marchés comme Singapour, l’Afrique du Sud et certaines régions d’Europe comme source initiale d’investissement, souligne M. Winterhalt. Mais c’est en établissant une présence internationale dans un seul pays qu’elles ont accès aux autres débouchés de la région. »

Il suggère aux exportateurs canadiens d’envisager les marchés de l’Afrique subsaharienne. Il voit aussi l’Indonésie comme un nouveau joueur important pour 2016 : « Tout repose sur la taille et l’étendue de cette économie – près de 300 millions de personnes, ce qui se rapproche de la taille des États-Unis. L’Australie et l’Asie développée sont d’autres marchés à surveiller, tout comme la Chine, l’Inde et le Mexique. »

Il faudra surveiller la Chine à mesure que le Canada se rapproche d’un accord de libre-échange avec ce géant économique.

M. Winterhalt voit le plus grand potentiel dans les secteurs suivants : électricité, eaux, eaux usées, technologies propres, pétrole et gaz naturel et industries extractives.

Sur le marché intérieur, il faudra surveiller l’Accord sur le commerce intérieur, que les provinces promettent de renégocier d’ici mars 2016.

« Peu importe l’issue de cette rencontre, les progrès auront une importance capitale pour les exportateurs canadiens », estime Brian Kingston, associé principal du Conseil canadien des chefs d’entreprise. « Nous avons longtemps insisté sur le fait qu’on ne peut exporter dans le monde entier si on exerce ses activités sur un marché intérieur fragmenté. Tout effort visant à abattre les barrières internes aidera les entreprises à croître au Canada, puis à s’aventurer à l’étranger. »

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