D’ici 2015, le Ghana compte devenir un exportateur net d’électricité dans la sous-région de l’Afrique occidentale.

Alimenter la croissance du Ghana

Des 1,5 milliard de personnes qui vivent sans électricité sur la planète, 80 % sont en Afrique subsaharienne, où seule une personne sur quatre a accès à des sources d’énergie modernes. Si les tendances actuelles se maintiennent, moins de la moitié de la population africaine subsaharienne aura accès à l’électricité en 2050.

Évidemment, des obstacles entravent le progrès : les structures réglementaires sont complexes et rébarbatives, le besoin en capitaux, criant, et le financement à long terme, parfois difficile à obtenir. Toutefois, les possibilités sont énormes. Selon la Banque africaine de développement, l’hydroélectricité représente 45 % de la production d’électricité subsaharienne, mais seuls 4 % de son potentiel commercial sont exploités.

« De nos jours, la majorité des services publics africains ont des ratios de couverture très bas. Renforcer l’infrastructure énergétique est donc une priorité pour la plupart des gouvernements africains », affirme Patricia Bentolila, représentante en chef d’EDC pour l’Afrique. « Du coup, d’importants débouchés s’offrent aux fournisseurs canadiens du secteur de l’électricité, particulièrement au Nigéria, au Ghana, en Angola, en Afrique du Sud, au Mozambique, en Tanzanie et au Kenya.

« Les sources potentielles d’alimentation sont très variées en Afrique : hydroélectricité, gaz naturel, charbon et énergie géothermique. Par ailleurs, le cours du pétrole étant ce qu’il est, les énergies renouvelables commencent à percer le marché, ce qui est encourageant étant donné l’expertise canadienne dans le domaine. »

Au Nigéria, par exemple, l’électricité est une priorité gouvernementale. En raison du peu d’investissements et du mauvais état des infrastructures, la production répond à moins de 30 % de la demande actuelle. Le gouvernement procède toutefois à la privatisation de six entreprises de production et de onze entreprises de distribution, ce qui pourrait offrir de nombreux débouchés aux compagnies canadiennes. CPCS et Manitoba Hydro sont déjà présentes au pays.

Comme c’est le cas au Nigéria, « de nombreux gouvernements africains recherchent des partenariats avec des investisseurs privés dans le secteur de l’énergie. Bien que dans certains pays, le cadre de réglementation demeure un point d’interrogation, n’ayant toujours pas été mis à l’épreuve, le contexte commercial, lui, s’améliore », ajoute Mme Bentolila.

Le Ghana ouvre la voie

Le Ghana, une forte démocratie de l’Afrique subsaharienne, est aussi l’une des économies les plus dynamiques de la région. En 2011, sa croissance était supérieure à 10 %, à la faveur des recettes pétrolières et de solides exportations dans les secteurs traditionnels comme le cacao et l’or. Son réseau de communications est l’un des meilleurs et des plus abordables de l’Afrique, et son réseau routier et son système de transport, quoique encore inachevés, se sont considérablement étendus ces derniers temps.

L’hydroélectricité

représente 45 % de la production d’électricité en Afrique subsaharienne, mais seuls 4 % de son potentiel commercial sont exploités.

La croissance économique du Ghana dépend du secteur de l’électricité, qui représente pour tout pays un véritable catalyseur de la croissance vu l’industrialisation rapide qu’il amène. Le pays jouit déjà de l’un des ratios d’électrification les plus élevés de l’Afrique subsaharienne, mais la forte hausse de la demande des secteurs résidentiel, commercial et industriel requiert une amélioration du rendement de la production d’électricité et de sa fiabilité. La puissance installée y étant d’environ 2 000 mégawatts, quelque 66 % de la population ont accès à l’électricité, bien que cette proportion tombe à près de 30 % dans le Nord du pays.

Un avenir électrifié

Cependant, le Ghana nourrit des projets ambitieux : il compte accroître sa production d’électricité pour fournir raisonnablement la population et devenir un exportateur net d’électricité dans la sous-région de l’Afrique occidentale d’ici 2015; il espère disposer d’une puissance installée de 4 000 mégawatts d’ici 2017; enfin, il vise l’électrification complète d’ici 2020.

C’est la société d’État Volta River Authority (VRA) qui gère la production d’électricité et entretient les installations nationales. La VRA exploite les centrales hydroélectriques d’Akosombo et de Kpong et la centrale thermique de Takoradi, à Aboadze. La Bui Power Authority, une autre société d’État, est responsable de la réalisation du projet hydroélectrique Bui.

L’an dernier, EDC a aidé 32 entreprises canadiennes présentes au Ghana. EDC cultive depuis quelques années une bonne relation avec la VRA et s’efforce de proposer l’expertise canadienne pertinente aux projets de la société.

Magellan Aerospace alimente le Ghana

La société de Mississauga figure parmi les géants canadiens de l’aéronautique. Au début des années 1960, Magellan concevait et construisait surtout des turbomoteurs d’avion. Depuis, Orenda Aerospace, une de ses divisions, a adapté ses turbines à gaz à la production d’électricité et à d’autres applications mécaniques, et en a produit plus de 4 400. Nombre d’entre elles ont été converties à des fins industrielles, dont le pompage du pétrole et du gaz naturel des conduites, et comme source d’énergie d’urgence dans les centrales nucléaires.

Magellan Aerospace vient de réaliser son premier projet au Ghana, une centrale visant à aider le pays à absorber l’explosion prévue de la demande.

Magellan Aerospace vient de réaliser son premier projet au Ghana, une centrale visant à aider le pays à absorber l’explosion prévue de la demande.

Il y a environ trois ans, le besoin d’électricité s’est fait urgent au Ghana, et Magellan a accepté de fournir 260 mégawatts par une centrale électrique près du port de Takoradi. L’installation devrait aider à absorber l’explosion prévue de la demande et servir de renfort pour combler les lacunes saisonnières du réseau hydroélectrique. Aux termes du contrat, Orenda a fourni quatre turbines à gaz hybrides fonctionnant aussi bien au pétrole brut léger qu’au gaz naturel.

« Le projet au Ghana a été notre premier succès en Afrique », commente Frank Button, vice-président et directeur général de Magellan. « Le milieu des affaires est évidemment très différent là-bas; les négociations peuvent se poursuivre longtemps après la signature du contrat, et on peut se retrouver avec des fournisseurs aux pratiques de tarification douteuses ou une pénurie locale de main-d’œuvre qualifiée. Voilà pourquoi il faut comprendre la culture et les besoins particuliers de chaque pays de la région. Par ailleurs, comme les projets de cette envergure prennent souvent longtemps à réaliser, il faut absolument souscrire une assurance risques.

Le Ghana en bref

  • L’un des pays les plus stables de l’Afrique subsaharienne
  • L’une des économies les plus dynamiques et le plus récent producteur pétrolier de l’Afrique
  • Croissance des exportations du Canada de près de 60 % depuis 5 ans
  • Objectif : électrification complète d’ici 2020

« Le financement a été difficile à trouver au Ghana. Notre banque travaillait dans le pays depuis plusieurs années et a accepté de prêter au gouvernement les sommes nécessaires, mais elle n’était pas prête à supporter entièrement le risque. C’est grâce à l’assurance d’EDC couvrant une dette souveraine qu’elle a accepté de s’engager et que nous avons pu conclure les négociations et réaliser le projet.

« Les débouchés abondent, surtout dans les pays en développement, où l’offre d’électricité est insuffisante, ajoute M. Button. Sans électricité, c’est la stagnation de l’économie et du niveau de vie. »

La centrale de Takoradi devrait être opérationnelle d’ici la fin de l’année, et Orenda est chargée d’en construire une deuxième. La réussite de ce projet lui aura permis de se faire connaître, et divers débouchés s’offrent maintenant à elle au Kenya, en Tanzanie, au Mozambique, au Rwanda et en Ouganda.

Au mois de juin, EDC a présenté, en partenariat avec Commerce international Canada et la Corporation commerciale canadienne, le Canada Africa Energy Forum qui a attiré une soixantaine de dirigeants gouvernementaux et chefs d’entreprise de l’Afrique et du Canada.

Catégories Afrique, Mines et énergies

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