L’ambassadeur du Canada : « La France restera favorable au commerce »

L’ambassadeur du Canada : « La France restera favorable au commerce »

En raison de l’élection d’Emmanuel Macron, « la France conservera une politique extérieure favorable au commerce international et participera à une politique monétaire visant la stabilité », affirme Lawrence Cannon, ambassadeur du Canada en France depuis 2012.

M. Cannon, qui s’est récemment entretenu avec les membres de la section de la capitale nationale du Conseil international du Canada, confirme que l’Accord économique et commercial global Canada-Union européenne (AECG) est – comme pour le Canada et la France – sa priorité.

« Cet accord, qui entrera en vigueur dans quelques semaines, abolira les droits de douane de la plupart des biens importés de France. En tant que sixième puissance mondiale et septième partenaire commercial du Canada, la France semble bien partie pour tenir un rôle encore plus important dans nos activités commerciales. »

M. Cannon souligne que M. Macron est le seul candidat à la présidentielle à avoir soutenu l’accord.

« Son soutien à l’AECG s’inscrit dans sa vision politique pro-européenne et progressiste. Son élection signifie que les relations économiques entre le Canada et la France ne seront pas remises en question, et d’ailleurs sans doute renforcées. La France conservera sa place dans l’Europe et son marché unique. »

Enfin, l’Hexagone continuera d’honorer ses accords internationaux pour mieux répartir les richesses tirées de la mondialisation.

Concernant la politique en France, M. Cannon constate que, malgré ses records d’impopularité, François Hollande, le président sortant, laisse derrière lui un pays en meilleure santé.

« Quoique l’immigration reste un sujet sensible, 80 % des Français sont en faveur de la libre circulation des citoyens européens qui vivent et travaillent dans l’Union européenne. » Faisant allusion au relatif succès que connaît Marine Le Pen et son programme anti-immigration, l’ambassadeur image : « La France est comme une épouse malheureuse qui n’oserait pas divorcer. »

M. Cannon rappelle aussi que 11 millions de Français ont voté pour « le programme protectionniste » de Mme Le Pen, ce qui signifie que M. Macron doit commencer par réconcilier deux France qui s’opposent : une France inquiète à la recherche de protection, et une France plus optimiste, sûre de sa place en Europe et dans le monde.

Selon l’ambassadeur, les élections législatives des 11 et 18 juin prochains sont la prochaine étape pour le nouveau gouvernement, car leurs résultats détermineront la couleur de la majorité à l’Assemblée nationale.

M. Cannon croit que le Canada a toutes les raisons d’être optimiste, car bon nombre des ministres d’Emmanuel Macron connaissent bien notre pays et en ont une bonne image.

Il précise qu’une « équipe entière de délégués commerciaux » de l’ambassade travaille à attirer les investisseurs français au Canada.

« Ce travail est d’autant plus important que nous connaissons quelques difficultés concernant le commerce du bois d’œuvre canadien avec notre voisin du sud. Grâce à l’AECG, les relations commerciales entre la France et le Canada prennent encore plus de valeur à nos yeux. »

Refusant de commenter les futures élections britanniques, M. Cannon admet cependant qu’au Royaume-Uni, en France et en Allemagne, le lien avec le système traditionnel est désormais rompu.

« Lorsque [l’ancien premier ministre français] Manuel Valls est venu à Ottawa, il a évoqué la possibilité que la France devienne la porte d’entrée vers l’Europe, un concept que je trouve intéressant. Je crois que la France fera son possible pour encourager les entreprises à s’installer en Europe lorsque l’accord de libre-échange sera adopté. »

L’ambassadeur ajoute que le Canada doit aussi continuer à collaborer avec le Royaume-Uni.

« Soixante-cinq pour cent de notre économie repose sur le commerce et l’exportation. Quelle que soit la ligne politique suivie, nous devons chercher et saisir toutes les occasions. Je ne crois pas que notre pays soit en mauvaise posture, bien au contraire. Ce qui se passe aujourd’hui en politique est l’occasion de renforcer nos activités commerciales. Je ne me berce pas d’illusions, mais je crois que l’intention est là et que nous pouvons la concrétiser. »

À propos du Brexit, M. Cannon cite Jean-Claude Juncker, président de la Commission européenne, qui a déclaré qu’il avait fallu huit ans pour ratifier l’AECG, et que le Brexit ne risquait donc pas de se faire en trois mois.

« [Les membres de l’Union européenne] disent tous clairement que la Grande-Bretagne n’obtiendra pas un meilleur contrat que celui qu’on lui propose actuellement; si certains pensent le contraire, ils risquent d’être cruellement déçus. »

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