Comment les attractions et les télescopes ont donné des ailes à Empire Industries

Comment les attractions et les télescopes ont donné des ailes à Empire Industries

Son anniversaire de 2007, Guy Nelson s’en souvient comme si c’était hier. Ce jour-là, l’entreprise qu’il a fondée et dirige, Empire Industries (EI), a acheté Dynamic Structures, gagnant du même coup une riche expérience en exportation de télescopes et d’attractions.

M. Nelson a appris l’existence de cette entreprise de Port Coquitlam, en Colombie-Britannique, lorsqu’EI, constructeur de structures d’acier, a soumissionné pour deux projets pour les Jeux olympiques et paralympiques d’hiver de Vancouver en 2010. Il se rappelle avoir dû présenter une offre très concurrentielle pour remporter le contrat de l’anneau de patinage de vitesse à Richmond. Dynamic Structures est pour sa part repartie avec celui des structures de saut à ski à Whistler.

Puis, quand l’occasion s’est présentée, M. Nelson a acheté son concurrent de sa société mère, la société d’ingénierie internationale Amec.

Il aimerait bien pouvoir dire que cette acquisition – à l’origine de la réorientation d’EI vers les télescopes et les attractions – était une manœuvre bien orchestrée, mais ce n’était qu’un heureux concours de circonstances.

Ses compétences en ingénierie et en conception, Dynamic Structures les tire principalement du secteur des télescopes, où elle est active depuis 1975.

« Ce sont des compétences transférables : à la base, les télescopes sont des équipements de précision énormes et complexes. C’est aussi le cas des attractions. Il n’y a que le marché qui diffère, alors j’ai décidé d’élargir autant que possible le champ d’application de ces compétences sur un marché en croissance, qui se trouvait à être au-delà des frontières canadiennes », explique M. Nelson.

Il a ainsi pu conquérir les marchés internationaux, quintuplant du même coup son chiffre d’affaires. Dynamic Structures n’exportait pas quand EI l’a acquise; or, en 2017, les exportations devraient représenter 95 % des revenus de l’entreprise, qui relâche la fabrication d’acier pour des tiers au Canada.

M. Nelson explique que les activités de Dynamic Structures liées aux télescopes n’étaient pas assez constantes pour couvrir les frais généraux dans les périodes chargées.

« Les télescopes sont des projets énormes, mais il peut s’écouler dix ans entre chacun, » ajoute-t-il.

L’entreprise travaille présentement sur un projet de 10 millions de dollars pour la Corporation commerciale canadienne : la fabrication de l’enceinte de l’un des plus gros observatoires au monde, le Télescope de Trente Mètres (TTM), qui sera posé sur le mont Mauna Kea, à Hawaii. Dynamic Structures a mis la main à la pâte tout au début du projet, lorsqu’il a été envisagé pour la première fois il y a plus de dix ans, et fait maintenant partie d’un consortium international (Japon, Chine, Inde, États-Unis) chargé de la fabrication.

Dynamic Structures doit réaliser l’enceinte de 55 mètres de haut qui s’ouvrira en pivotant au-dessus du télescope et qui permettra aux astronomes d’étudier le système solaire et les étoiles de la Voie lactée et d’autres galaxies voisines et naissantes.

« Nous avons fabriqué plus de la moitié des plus grands télescopes du monde, d’immenses structures qui ont été installées au sommet de montagnes partout sur la planète et qui y resteront, en état de marche, pendant plus de quarante ans. C’est la preuve d’une capacité unique – celle de surmonter les difficultés techniques. Je crois que notre réputation vient en partie de là. Nous sommes sollicités pour fabriquer des équipements complexes, gigantesques et difficiles à assembler. Ça demande des aptitudes assez uniques », constate M. Nelson.

Fort de cette combinaison de compétences et de la renommée provenant de la collaboration de l’entreprise aux parcs à thème de Disney et de Universal, M. Nelson a pu se concentrer sur le secteur des attractions, qui jouit d’un marché en croissance plus stable et prévisible. Cette initiative a débouché en 2011 sur la fondation de Dynamic Attractions, une filiale qui se consacre au marketing d’attractions aux États-Unis et en Europe, mais surtout en Chine et au Moyen-Orient.

Parmi les réalisations récentes de l’entreprise, notons L’Extraordinaire Voyage, une attraction du parc français Futuroscope inspirée du classique de Jules Verne Le tour du monde en 80 jours, qui repose sur la technologie du théâtre volant, dont le brevet est en instance. Les 84 passagers s’embarquent pour un voyage autour du monde, traversant un festival de cerfs-volants au-dessus du Taj Mahal et survolant le parc national de Yellowstone en montgolfière.

En 2016, elle a aussi réalisé des projets exportés en Corée du Sud, aux Émirats arabes unis, aux États-Unis et en Chine.

Lorsqu’elle s’est tournée vers le marché chinois, Dynamic Attractions s’est associée à une entreprise locale.

« Je ne connaissais absolument rien de la Chine, raconte M. Nelson. À ce moment-là, ç’a m’a été très utile d’avoir un partenaire sur place pour me montrer les rouages des affaires. »

L’entreprise y a depuis établi une filiale en propriété exclusive.

« Nous avons mûri et pouvons maintenant approcher le marché avec beaucoup plus d’aplomb qu’il y a cinq ans », indique-t-il.

Mais pour soutenir ses activités d’exportation, l’entreprise a recours aux services d’Exportation et développement Canada (EDC).

« Si nous avons un contrat d’exportation qui implique de fabriquer quelque chose ici au Canada, nous nous protégeons habituellement au moyen de différents produits d’EDC, comme l’assurance compte client et la protection contre les créances irrécouvrables. Nous utilisons aussi une ligne de cautionnement pour garantir l’exécution auprès des clients étrangers », précise-t-il.

Il ajoute : « Nous pouvons réaliser les rêves des autres, mais nous devons nous assurer qu’ils en ont les moyens. Et de plus en plus, nous constatons que nos clients se trouvent à l’étranger. »

Apprenez-en plus sur le parcours d’exportation de Guy Nelson.

Catégories Exportation

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