Maître de la logistique et de la production à l’échelle internationale, la petite entreprise Vanhawks « connecte » le vélo

Maître de la logistique et de la production à l’échelle internationale, la petite entreprise Vanhawks « connecte » le vélo

C’est le décompte des 10 meilleures histoires d’ExportWise en 2016. Cette histoire, publiée le 19 avril, a mérité la place numéro 2 sur notre liste.

En 2013, Sohaib Zahid, cofondateur de Vanhawks, abandonne ses études en médecine pour fonder une entreprise de vélos. « Tu ne changeras pas le monde avec une bicyclette », lui disent alors ses parents, tous deux chirurgiens, qui ne comprennent pas sa décision. Pis encore, selon eux, il convainc son frère Ali de suspendre ses études en informatique à l’Université Queen’s pour l’aider à concevoir la première bicyclette totalement connectée.

Les capteurs intégrés, le navigateur GPS et la connexion Wi-Fi du Vanhawks Valour ne sauvent pas de vies, à tout le moins pas directement, mais font gagner du temps aux navetteurs et les aident à rester en bonne santé.

Lancée par un placement en capital-risque de 50 000 $, l’entreprise de Toronto passe en vitesse grand V en 2014 grâce aux 820 000 $ amassés lors d’une campagne de financement participatif menée sur Kickstarter, et elle exporte maintenant vers 42 pays.

Environ 85 % des ventes sont présentement réalisées sur des marchés étrangers, notamment les États-Unis, l’Europe et bientôt le Japon.

Vanhawks, dont le chiffre d’affaires totalise 1,5 million de dollars, n’est encore qu’un « tout petit point » sur le marché mondial des bicyclettes, évalué à 60 milliards de dollars, concède M. Zahid. Mais l’entreprise voit grand : non seulement compte-t-elle réinventer le transport au quotidien, mais elle veut aussi influencer la planification des routes à l’aide des données transmises par ses bicyclettes connectées.

« Il nous a fallu deux ans et plus de mille clients pour finalement bien comprendre la production et la chaîne d’approvisionnement, explique M. Zahid, mais je crois que nous y sommes parvenus haut la main. Maintenant, notre objectif est d’offrir aux villes congestionnées une solution en mobilité urbaine. »

La route a été longue pour M. Zahid et ses associés, qui ont gravi une abrupte pente d’apprentissage pour convertir leur concept en produit commercial et finalement lancer le Vanhawks Valour. Leur principal défi : naviguer dans les méandres de la chaîne d’approvisionnement mondiale.

Le vélo ultra léger en fibre de carbone, qui peut être connecté à un téléphone intelligent et alerter le propriétaire en cas de vol, est conçu au Canada. M. Zahid explique que les composantes électroniques ont pendant un temps été fabriquées en Chine, mais que l’entreprise a rapatrié ce processus pour pouvoir tirer profit d’un plus grand savoir-faire. « Nous voulions aussi qu’une partie des opérations soit réalisée au Canada pour soutenir le secteur de la fabrication », ajoute-t-il.

Certaines pièces proviennent de l’étranger : les selles, les poignées et les pédales, de l’Allemagne, et le groupe dérailleur et les vitesses, des États-Unis. L’assemblage est effectué à Taïwan, puis les bicyclettes sont expédiées à trois entrepôts mondiaux à Oakland, Scarborough et Munich. De là, les vélos sont envoyés aux distributeurs locaux, des boutiques spécialisées qui aident les clients pour l’assemblage final.

M. Zahid considère que la logistique de la chaîne d’approvisionnement – de la construction et de la fabrication à l’expédition et à la livraison – a été, sur son parcours entrepreneurial, un défi bien plus grand qu’il l’avait imaginé.

« J’ai convaincu le premier investisseur grâce à un argumentaire qui ressemblait à : “Nous bâtissons une entreprise, qui est un véritable cauchemar logistique et manufacturier. Nous n’avons pas encore conçu l’architecture logicielle, les algorithmes, ni les capteurs. Soit dit en passant, je ne suis pas ingénieur, mais si vous me donnez 50 000 $, j’y arriverai.” Ça vous donne une idée », lance-t-il.

Heureusement, ses investisseurs avaient confiance en lui.

Chaque marché est unique et a ses propres exigences. Pour certains pays européens, par exemple, la bicyclette de Vanhawks est un produit technologique, et pour d’autres, un simple vélo. C’est une des importantes leçons que M. Zahid et ses associés ont apprises en cours de route. « On ne peut pas apprendre à nager sans se jeter à l’eau », illustre-t-il.

Fiers des réalisations de leurs fils, les parents de M. Zahid espèrent tout de même qu’il retournera sur les bancs d’école pour devenir médecin.

« Je ne sais pas s’ils vont finir par s’y faire », avoue-t-il.

CINQ QUESTIONS

1) Quelle a été votre première vente à l’exportation?

C’était aux États-Unis, dans le cadre de notre campagne Kickstarter. L’Europe a suivi peu après.

 

2) Comment cette première possibilité d’exportation s’est-elle présentée?

C’est grâce à notre campagne Kickstarter. La plate-forme ne servait pas qu’à amasser de l’argent, mais aussi à confirmer l’existence d’un marché pour notre produit, d’une clientèle potentielle.

 

3) Que connaissez-vous aujourd’hui de l’exportation que vous auriez aimé savoir à vos débuts?

Tout, que ce soit les procédures et les tarifs douaniers, la certification ou la logistique. J’aurais voulu tout savoir au début, mais il n’existe pas de manuel pour ça. Nous ne sommes pas les premiers, mais c’est différent pour chaque entreprise.

 

4) Comment le commerce a-t-il évolué depuis que vous vous êtes lancé en affaires?

La technologie n’arrêtera jamais d’évoluer. En ce qui nous concerne, la façon de vendre des bicyclettes a beaucoup changé ces dernières années. Les transactions en ligne sont de plus en plus courantes, ce qui est avantageux pour nous puisque nous avons opté pour cette méthode.

 

5) Quelle est la chose la plus importante que doivent savoir les nouvelles PME au sujet du commerce d’exportation?

Avant de lancer leur produit, elles devraient connaître le marché qu’elles convoitent, ce qui inclut les procédures administratives, les douanes, les logiciels, etc. Ce n’est pas toujours facile, mais la méconnaissance du marché peut mener à un suicide commercial. Les risques d’échecs sont supérieurs aux chances de réussite, mais jusqu’à maintenant, nous roulons à vive allure.

Catégories Technologies et télécommunications

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