Offerte par African Capital Alliance

Nouer des relations et investir au Nigéria

En prenant la citoyenneté canadienne, Afolabi Oladele espérait trouver des débouchés qui établiraient des liens entre les entreprises nigérianes et les fournisseurs canadiens.

Il a fallu du temps avant que les échanges commerciaux prennent leur élan, mais depuis cinq ans la croissance est spectaculaire », dit M. Oladele, membre de l’équipe de direction d’African Capital Alliance (ACA), un fonds de capital-investissement du Nigéria.

Le fonds se concentre sur les secteurs d’importance vitale pour le développement économique du pays : électricité, pétrole et gaz, télécommunications et services financiers, notamment, qui sont les secteurs d’exportation les plus dynamiques au Canada.

Pays le plus peuplé d’Afrique avec ses 170 millions d’habitants, le Nigéria est premier producteur pétrolier du continent. Environ 90 % des recettes d’exportation et 80 % des recettes publiques viennent du secteur pétrolier et gazier.

En 1999, le retour à un gouvernement civil, suivi de décisions budgétaires judicieuses, a amené la stabilité économique et des gains réels pour les revenus ruraux.

Le taux de croissance impressionnant du pays (de 6 à 8 % par an à moyen terme, un des plus rapides au monde), fait dire à de nombreux experts que le Nigéria pourrait devenir l’une des principales économies mondiales.

L’ACA gère le capital de 400 millions de dollars américains de Capital Alliance Private Equity III (CAPE III), du Nigéria, dans lequel EDC a investi sept millions de dollars américains en 2011 pour contribuer aux occasions d’affaires entre entreprises canadiennes et firmes du portefeuille de CAPE III.

« Notre fonds devrait nous permettre à la fois d’embellir le paysage sur le plan économique et de générer des profits pour nos clients.

« Grâce à l’engagement d’EDC, il nous est possible de tirer le meilleur parti de la vaste expertise canadienne. Nous comptons approfondir cette relation afin de contribuer à créer des débouchés pour les compagnies canadiennes qui veulent s’implanter en Afrique de l’Ouest », précise M. Oladele.

Le Nigéria est une démocratie relativement stable mais ses institutions publiques sont fragiles. Des différends sur l’accès aux ressources ont escaladé en conflit local et, après la crise économique, la baisse des cours mondiaux du pétrole brut a entraîné un déficit budgétaire.

Cependant, plusieurs réformes ont vu le jour dernièrement et la plupart des secteurs sont favorables à l’investissement privé.

Exemple : comme aujourd’hui seuls 10 % des besoins en électricité peuvent être satisfaits, le Nigéria a besoin d’investissements massifs dans l’infrastructure actuelle (modernisation).

« Puisque le gouvernement ne peut pas soutenir tous les besoins en investissement, le pays s’est ouvert au secteur privé », ajoute M. Oladele.

Il y a tout juste 12 ans, le Nigéria comptait moins de 300 000 lignes téléphoniques. Depuis la déréglementation du secteur, il en possède 110 millions, et l’industrie des télécommunications représente maintenant presque 3 % du PIB, d’où de nombreux débouchés « à effet multiplicateur », selon M. Oladele.

Aujourd’hui, le Nigéria est le plus important partenaire commercial du Canada en Afrique subsaharienne. Depuis 2006, les échanges bilatéraux entre les deux pays ont plus que doublé, atteignant 2,3 milliards de dollars en 2012; l’investissement direct canadien se chiffre quant à lui à 36 millions.

Plus tôt cette année, le ministre du Commerce international du Canada, Ed Fast, a mené une mission commerciale au Nigéria, principalement pour examiner les débouchés dans les secteurs pétrole-gaz naturel, infrastructure, énergie et production d’électricité, et dans les projets d’infrastructure miniers.

Plan énergétique

Récemment, le gouvernement nigérian a fait de la production d’électricité un pilier de sa stratégie économique, qu’il s’engage à multiplier par six en dix ans. La privatisation de centrales électriques et de compagnies de distribution est entamée.

CPCS Transcom Limited (CPCS) est une firme internationale de consultants spécialisée dans la participation privée aux secteurs de l’électricité et des transports. Située à Ottawa, elle a des bureaux dans le monde entier et son expérience s’étend sur plus de 100 pays, dont 31 en Afrique.

CPCS a chapeauté la réforme dans le secteur des ports au Nigéria.

CPCS a chapeauté la réforme dans le secteur des ports au Nigéria.

Présente dans toute l’Afrique, CPCS améliore l’efficience et la compétitivité des systèmes de transport, restaure et construit des installations, et aide les clients des secteurs public et privé à établir des stratégies et des mécanismes de financement pour des projets de développement de l’infrastructure.
Par exemple, la réforme qu’elle a chapeautée dans le secteur des ports au Nigéria a attiré plus de 700 millions de dollars en investissements au pays, soit plus de la moitié du financement privé total recueilli pour les ports en Afrique subsaharienne.

Tout récemment, le gouvernement nigérian a retenu ses services pour gérer le processus de privatisation de sociétés d’État productrices et distributrices d’énergie – notamment 11 sociétés de distribution et 10 centrales électriques – dont les actifs totalisent 2,7 milliards de dollars.

Par ailleurs, CPCS gère le processus de regroupement des actifs et reçoit les soumissions, qu’elle évalue de manière rigoureuse et transparente. L’objectif est de bien développer la structure industrielle pour attirer des investisseurs sensibles au risque, selon le responsable de CPCS au Nigéria, Arif Mohiuddin.

La compagnie suscite de l’intérêt dans le monde entier, notamment en Turquie, en Chine, au Japon, en Malaisie et aux États-Unis.

Malgré sa petite envergure, CPCS est perçue comme un spécialiste au Nigéria, face à des concurrents comme PwC, KPMG et Deloitte & Touche, et après plusieurs succès dans la région, elle y est respectée : « Le Canada est reconnu et très considéré au Nigéria », fait remarquer M. Mohiuddin.

Il signale par contre que « le gouvernement peut être trop optimiste quant aux délais et est très exigeant. Des problèmes de sécurité et de corruption existent, mais la situation est moins pire que beaucoup ne le croient. Ces enjeux diminuent avec l’expérience et la saine gestion. Nous avons eu des retards de paiement, mais nous avons toujours reçu le paiement. »

L’Assurance comptes clients d’EDC contribue à réduire le risque de défaillance. L’an dernier, la Société a appuyé 17 compagnies canadiennes présentes au Nigéria et a assuré 29 acheteurs internationaux, pour une valeur totale de presque 27 millions de dollars (prêts et exportations assurées).

Le conseil de M. Mohiuddin aux entreprises canadiennes voulant pénétrer le marché nigérian? « Il faut définitivement avoir une présence locale et aussi comprendre que les Nigérians veulent parler avec les décideurs. Ne leur faites pas perdre leur temps. »

L’intérêt des entreprises canadiennes est perceptible, souligne la directrice régionale pour l’Afrique à EDC, Diane Belliveau.

« Nous avons du travail à faire pour les sensibiliser aux nuances régionales et à la diversification économique de l’Afrique. Mais il y a tant de débouchés rentables pour nos entreprises en ce moment, et nous pourrions les aider à profiter de l’expansion naissante dans la région. »

Catégories Afrique, Mines et énergies

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